LIVRE XI
se rassemblent sous les murs du Louvre, et l'accablent d'imprécations; bientôt sa vie est menacée ; la garde de Philippe , chargée de dissiper les émeutes, a souvent tremblé ppur la reine. *
« — O Philippe ! » a dit un matin la princesse , en déposant son diadème aux pieds de son époux, « ne lutte point contre le » ciel!.... Abandonne-moi, je suis maudite.
» Que les devoirs de la royauté passent avant » ceux de l'amour, et qu'Isamberge reprenne » la couronne ! Laisse-moi me sacrifier vo- » lontairement au bonheur de la France..*..
» Partout on me hait, on m'abhorre..., J'irai » dans un lointain exil expier mes gran- » deurs passées. Pour recouvrer quelque re- » pos, j'ai besoin du pardon des hommes..,.
» On m'a enviée , qu'on me plaigne !
» Oui, je sollicite l'infortune; elle m'est » nécessaire.... J'ai fait des fautes.... et c'est
» parla route des douleurs que Dieu me tap- » pelle à lui* Philippe , il faut nous séparer ; » vois les désolations du royaume !.... Qu'est » la destinée d'une femme , comparée à celle '» d'un peuple!.... Chasse-moi.... il le faut.... )> Nos nœuds sont coupables. Par pitié , mon- » trer-toi barbare !
» — Jamais, répond le prince guerrier.
» L'univers est déchaîné contre moi ; je saum rai braver l'univers. »
Les frontières françaises sont déjà envahies; hélas! les rois du Nord, coalisés, ont triomphé de toutes parts (i). Philippe appelle à soi! aide les principaux chefs dli royaume, ses ordres ne sont plus écoutés.
Persuadés que le dieu des armées ne défen-
(1) Tous les faits historiques de ce récit sont de la plus exacte yentè\ (Voyez la plupart des historiens. )