‹ L'étrangèreChapitre 122 sur 161 · LIVRE XI · texte numérisé non relu

LIVRE XI

raine ont vaincu sa résistance ; et , pour sa malheureuse amie, elle bravera tous les dangers.

Aussitôt arrivée au fort, la fille de Berthold eh a renvoyé tous les gardiens et serviteurs sous divers prétextes $ et Floé , pprtant le noip d'Agnès , a recompose sa maison* La princesse a supplié Philippe de n'envoyer à Karency , pour son service d'honneur T que les étrangers qu'elle lui désigne et qui ne l'ont point connue reine ; il lui serait trop affreux * a-t-elle écrit, de se montrer déchue et dégradée aux mêmes yeux qui Tauraient vue heureuse et puissàhte> Le roi souscrit sans peine atix vœux d'Agnès 5 et , sans former le piomdre* doute , la petite cour de Karency a pris pour la princesse de

Méranie la belle comtesse de Réthel.

Philippe , en rappelant Isamberge^ a juré au pied des autels de ne plus revoir sa fi-

a8o l'étrangère.

vale; Philippe tiendra son seraient; "et Agnès n'a nulle inquiétude pour son amie.

Elle lui a promis de lui faire connaître sa retraite , qu'elle doit choisir à peu de distance de la forteresse. Puis elle quitte la prison royale ; et munie d'assez d'or pour n'avoir point à craindre l'indigence, elle cherche un séjour paisible ; et , prenant le nom délais, s'établit dans la solitude aux bords du lac de Mdntolin.

Mais la fatalité est attachée à ses pas ; vainement elle répand des bienfaits autour de sa demeure, elle est fuie et redoutée de tout le pays. Sa jeunesse et son infortune , sa douleur et sa beauté, son isolement et ses mystères, l'égarement peint sur ses traits et le désordre de ses pensées , l'ont rendue suspecte au village. On ne la désigne que sous le nom de V Étrangère; son approche

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