LIVRE XI. 28 i
est déclaré funeste ; etTaversion du peuple pour elle se manifeste hautement.
Tout est conjuré contre Agnès ; elle attribue la haine qu'elle inspire et le mépris déversé sur elle à l'anathême qui Ta frappée ; elle se croit repoussée de la nature entière ; et cette pensée , qui constamment la poursuit, explique ces étranges mots qu'elle
adressait à Ravenstel dans le délire de sa douleur. « — Ici , quand je parais sous le » bocage , les oiseaux cessent de chanter ; » les fleurs que je touche se flétrissent ; les » pâtres que j« rencontre s'enfuient j le » soleil , quand je le regarde , se couvre ; » la terre seule me supporte parce qu'elle » m'apprête une tombe.»
Seule, en sa maison isolée , Agnès , la repentante Agnès, passe ses journées en prières. Elle ne tient plus à la terre que par
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son enveloppe mortelle ; par ses senthnens angëliques elle est déjà daus le ciel. Oubliée du monde entier, elle se complaît dans ses maux qui doivent expier ses fautes,
Quelquefois y se rappelant le bien qu'elle a fait pendant . les premiers tethps de sdn règne > elle pense 'avec quelque joie qtie l'avenir la Vengera , qu'un jour on plaindra ses souffrances, qu'on la regrettera peutêtre , et que l'excès de son malheur fei*a respecter sa mémoire* Puis repoussant cette espérance : « — Non , se répétait la pros- » crite , je n'aurai pas un souvenir. L'home » me élevé , L'homme puissant peut être im- » mort alise par de grandes adversités comme » par d'éclatans triomphes 5 ia terre entière » s'en occupe , et la poésie les consacre :
» mais les larmes d'une femme , à quel- » que rang qu'elle ait monté, les larmes soli- * taires d'une infortunée, qui, abandonnée de