LIVRE XII
peu d'exceptions près? un souffle , un peu d'amour , bien des fautes , quelques plaisirs , beaucoup de peines, des Jarmes... et dely poussière.
Quelle est cette maison isolée que dore le soleil couchant, et dont une foule inquiète
entoure les murs désolés?.... c'est la cabane de l'Étrangère. Pourquoi ce peuple consterné se presse-t-il devant La porte ?.... le malheureux Arthur est là.
Le prieur de Saint-Irénée avait voulu faire transporter l'époux dlzolette mourant chez, le sire de Montolin ; mais Ravenstel , en reprenant ses sens y avait fait arrêter le brancard qui le ramenait au castel , et avait demandé à être conduit à la chaumière d'Alaïs ; c'est là qu'il veut rendre le dernier soupir, il a le manoir en horreur. D'abord il a été opposé une vive résistance à son dé-
sir ; mais par ses prières , ses menaces et ses fureurs, il est parvenu à se faire obéir. Il a fallu céder à ses vœux de crainte d'irriter ses maux, et de hâter peut-être sa mort.
Quel contraste, sur la route de l'abbaye , des pompes de la matinée avec le cortège du soir!,.... une sorte de char funèbre traverse silencieusement les chemins encore jonchés de fleurs où quelques heures auparavant retentissaient les cris de Pallégresse. Sous les mêmes arcs de triomphe où venait de retenlir la voix des ménestrels , chantres de l'hymen et de l'amour , on n'entend plus que des plaintes et des gémissemens , tristes harmonies de la mort. La même multitude accompagne Arthur; mais ce n'est plus la brillante suite d'un favori de la fortune , c'est l'escorte funéraire d'une victime du destin. Le somptueux appareil de la puissance et des grandeurs s'est vu brusquè-