‹ L'étrangèreChapitre 131 sur 161 · LIVRE XII · texte numérisé non relu

LIVRE XII

ment remplace par les solennités lugubres de la douleur et du tombeau.

* Au fond de la cabane isolée , le prieur est seul près d'Arthur. Le mourant Ta fait appeler près de lui ; il touche à ses derniers momens. Oh ! que de reproches il a à se faire! né bon , généreux, juste, loyal et sincère , qu'a-t-il fait de tous ces dons de la Providence? il les a tous pervertis. N'obéissant qu'à sa fougueuse imagination, il n 7 a pas dé-

pendu de lui qu'il n'ait commis les plus grands crimes , le meurtre , l'adultère , le sacrilège et le suicide. Quel repentir doit l'accabler!....

Son dernier accès de démence a détruit le reste de ses forces ; la fièvre de ses passions est calmée. Ses yeux se sont ouverts , il se juge.

Ravenstel , pieux par nature , déplore ses

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égarement. Revenu à la raison , il appelle à son secours, avant de quitter la vie, cette religion sainte que les froids systèmes d'Olburge Savaient pu bannir entièrement de son esprit enthousiaste et de son ame aimante.

Détournant sa pensée de tout objet terrestre, il implore de ses regards prêts à s'éteindre et de sa voix déjà éteinte , les sublimes consolations que donne seule la piété. Ah! sans doute son entretien avec le ministre du ciel et ses actes religieux ont eu quelque chose de divin et à la fois de déchirant , car le prieur de Saint-Irénée si grave, si froid, si stoique, avait les yeux mouillés de pleurs en quittant le fatal bocage , et ne parlait qu'avec enthousiasme du noble comte de Ravenstel.

Les villageois , à la prière de l'abbé , sont retournés à leurs hameaux. Hélas ! la maison d'AIaïs, toujours destinée au malheur, rentre dans la paix du désert ; elle sera peut-

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