LIVRE VI
proche, ils pressentent confusément un Tiouvel et dernier prodige.
« — Comte Arthur! dit le président, » puisque vous aimez cette femme , elle » vous est connue sans doute. Qui est-elle?
» et quel est son nom ?
» — Qui est-elle ! que nous importe. Et » demande-t-on d'où ils viennent, aux » rayons des astres divins ! leur éclat dit » lfeur origine. Asa brillante transparence » le diamant se fait connaître , est-il besoin » de le nommer! Cette créature angélique » est injustement accusée , que fait sa nais- » sance à l'affaire! Est-ce un nom que vous » avez à juger? Non : c'est un coupable ; et » ce coupable , c'est moi.
» — Etrangère ! a repris l'abbé , le comte '» de Ravenstel s'accuse du meurtre de Val- » debotirg. Déclare-t-il là vérité? ses mains » ont-elles versé le sang? »
Hélas ! l'accusée , si calme Pinstant d'auparavant , paraît maintenant au supplice. Elle baisse entièrement son voile et répond d'une voix basse et tremblante :
« — Seigneurs! je vous l'ai déjà dit > j'at- » tends sans crainte votre arrêt, et je n'ai » plus rien à répondre.
» — Arthur, continue le prieur, votre » déclaration ne la justifie point entière- )> ment. Son obstination à se taire prouve » qu'elle a participé au crime ; elle en a été » le témoin. Vous vous dites le meurtrier j » je vois en elle le complice.
» — Non, vous vous abusez, s'écrie Àr-
» thur. Elle venait arrêter mon bras .'.
» Hélas! il était trop tard. Juges! apprenez » que le baron était son ami, son conseil et » son protecteur ; qu'ils se chérissaient dès » l'enfance.; et que, dévouée entièrement à » lui , elle eût péri pour le sauver. »