‹ L'étrangèreChapitre 35 sur 161 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

Encore an secret dévoilé. Alaïs et le baron étaient liés l'un à l'autre par une amitié d'enfance. Ils étaient donc du même rang. Arthur défendant l'Etrangère intéresse toute l'assemblée; et pourtant il a commis le crime , rien ne le justifie , les lois condamnent à mort le meurtrier. Que va décider le tribunal ? ^

Les juges délibèrent entre eux. Un silence profond règne dans l'enceinte. Le comte de Ravenstel , le descendant des rois de l'Armorique, trouvera-t-il une sauvegarde dans son rang illustre et dans le souvenir des services de ses aïeux ? Les religieux de l'abbaye, quelque puissant que soit leur chef, oseront-ils condamner Arthur, et seront-ils assez forts pour faire exécuter leur sentence? Le comte s'adresse à ses juges.

« — Ministres saints ! que, vu mes titres et

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» mon rang dans ma patrie , vous ayez ou >i non le droit de prononcer sur mon sort, » et le pouvoir de faire tomber ma tête , je » déclare me soumettre à votre juridiction; » je vous accepte pour mes juges, et je » souscris d'avance à votre arrêt. Qu'au— » cune crainte ne vienne donc vous arrêter;.

» traitez-moi comme le plus obscur de vos, » vassaux; je suis tombé par mon forfait » au dernier rang de la société, J'ai désho- » noré mon nom, ne voyez plus en moi )> Thomme illustré par ses pères , m&isL'hoipH )> me dégradé par son crime. Vous êtes mai- » très de ma vie. »

Puis, Rapprochant ,de l'Etrangère, il a saisi sa main tremblante, et proaonce ces mots touchans:

« — Ecoute mes derniers adieux ; je dois )> et je veux mourir: Ne maudis pas ma nié* )> moire!.*... Songe que l'excès de. l'amour a

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