LIVRE IX. l
lustre chef, elle cherche en son souvenir comment elle était gaie autrefois. Chargée • du soin des fêtes , elle y appelle les plaisirs; elle a le désir qu'ils s'y trouvent , mais ils n'y sont jamais pour elle.
' Bien que son sourire soit triste , que sa voix soit plaintive , que son enjouement soit distrait et que son regard soit mélancolique , elle n'en paraît que plus belle. Ses occupations actives et variées forment un contraste étrange avec ses rêveries calmes et uniformes. En a-t-elle moins de charmes?
Non. Sa langueur en donnant des fêtes, son abattement en créant des jeux , son inattention en présidant à des réjouissances, ne la rendent que plus attrayante. Parfois, son ancienne humeur vive et légère se découvre et reparaît à travers la sombre enveloppe jetée sur elle par l'amour; et ce gracieux aperçu dé sa nature primitive la
présente encore plus piquante; c'est une . corbeille de roses sous les rameaux pleureurs d'un saule.
Le sénéchal de France n'a pu rester indifférent à tant d'attraits. Guillaume , le sévère Guillaume est épris de la jeune vierge.
11 se le reproche, il se blâme, mais jl ne peut se vaincre, Chaque jour il combat sa flamme, et chaque jour sa flamme augmente*
Les préparatifs de l'hymen d'Arthur n'ont point été interrompus par la présence de Guillaume et de ses frères d'armes ; ils sont enfin presque achevés ; et c'est la veille du jour où le sénéchal de France doit voir Agnès de Méranie qu'Arthur sera l'époux d'Izolettc
Trop fermement attaché aux lois de l'honneur et du devoir pour jamais s'en écarter, Guillaume a caché son amour à celle qui l'a