LIVRE IX
» raisons aurais-je de vous haïr! La haine » est un sentiment vif } je n'en ai plus de » cette espèce. L'homjpe importun n'est » point l'homme odieux ; accompagnez-moi » à Pautel, ma famille en sera honorée} et » pour vous, qui semblez aimer à me sui- » vre , autant vaut aller là qu'ailleurs.
» — Hélas ! dit le grand sénéchal , en tf poussant un profond soupir, vous ne sa- » vez pas tout ce qu'il m'en coûtera de <ïou- » leurs pour assister à votfe hymen. »
Ses paroles étaient prononcées sans feinte; et, de même que son soupir, elles étaient sorties de son cœur.
« — De douleurs!... que voulez-vous dire?
» a repris Arthur étonné.
» — Ravenstel, Izolettevous aime
» -—Que vous importe sa tendresse?
» - Assister à votre hy menée sera un sup- » plice affreux pour moi.
1 8o ^ÉTRANGÈRE.
» — Expliquez-vous.
» — Vous l'exigez. Eh bien ! je m'ouvre à » vous avec confiance. Votre union pro- » chaîne m'enlève pour jamais la plus douce » félicité dont l'homme puisse jouir ici-bas > )> celle de posséder pour compagne l'objet )> de sa première flamme. Mon cœur malgré » moi s'est donné ; oui j'aime , j'adore Izo- » lette ;.... et je suis destiné à l'horrible tour- » ment de la voir passer dans vos bras. »
Le son de voix du sénéchal était plaintif.
La corde qu'il avait voulu toucher pour émouvoir l'amant d'Alaïs était venue briser son propre cœur ; et une larme roulait dans
ses yeux.
Le comte , attendri , le regarde : « — Qui m vous ! Guillaume ! est-il bien vrai ? votre » aveu serait-il sincère ? Vous aimez ! oh! que » je vous plains !
» — Arthur ! vous me cacjjpz votre ame j