LIVRE IX. l8l
» et moi je vous dévoile la mienne. Ne croyez » point qu'un secret espoir m 1 ait dicté cette » confession franche et loyale ; non : Izoletté » est toute à vous; je ne suis point aimé, je » le sais ; je ne pourrais même jamais l'être, » et j 1 ai renoncé à ce bonheur. Je puis aussi » vous le protester , je n'ai point cherché à » vous enlever la tendresse de votre épouse » future , bien que peu occupé d'eUe , vous » m'en aplanissiez les moyens; mais je vous » voyais malheureux , elle était votre unique » amie; et que seriez-vous devenu sans la
» douce et tendre Izoletté ! Il eût été in-
» digne à moi d'ajouter à vos infortunes ; » j'ai préféré m'immoler moi-même. Vous » m'en avez su peu de gré , vous me traitez » en ennemi; je me soumets à cette nouveDe » affliction. Qu'Arthur rende Izoletté heud reuse ! Guillaume lui pardonne tout. »
Il a saisi la main de son rival , il l'a pressée
t82 l'eTRÀNGERE.
vivement dans la sienne. « — Noble comte !
» a-t-il ajouté *, vous m'enlevez une com- » pagne , donnez-moi du moins un ami»
» — Ah! sénéchal ! répond. Arthur avec » amertume, et d'un, accent plein de dou- » leur; que me demandez-vous ! Mon amitié » n'est point heureuse ; gardez-vous de la » rechercher ; je nai tiré le glaive qu'une » fois C'était pour en frapper un ami.
» — Arthur^ je n'ai plus à craindre vos » coups ; le plus cruel de tous ceux qui pou- » vaient m'atteindre > vous me l'avez déjà » porté.
» — Eh bien ! Guillaume, que voulezrvous » de plus !.... Je vous l'ai dit, je suis fatal à ** ceux qui recherchent mon affection ; vous » le voyez déjà par vous-même.
» — Izolette , a repris le chef.
» — Achille français ! poursuit brusque- » ment Ravenstel , qu'est-ce qu'une femme