CHAPITRE III
ÉTIOLOGIE
Nous pensons avoir démontré l'importance de e cas sur lequel on n'a peut-être pas l'attention assez éveillée. Seule une opération habilement conduite par une incision assez élevée peut nous permettre de découvrir l’anse épiploïque rétrograde. Notre observation inédite, jointe aux deux observations que nous avons recueillies, nous donne une idée approximative de l’étranglement rétrograde de l’épiploon.
Nous allons, maintenant, voir quels sont les différents facteurs capables de produire un tel étranglement. Nous ferons appel, parfois, à une description anticipée d'anatomie pathologique, parce que, seule, elle peut nous donner une idée de la question.
Quelles sont donc les différentes causes pouvant prédisposer à l’étranglement rétrograde ?
Nous allons nous baser sur les descriptions de torsion rétrograde, pour essayer de les classer en celles qui peuvent Jouer un certain rôle dans cet ordre d'idées.
1° Les lésions d'épiploïte.
L’épaississement de ces lambeaux justifie le nom
Ho — d’épiploïte chronique hypertrophique employé par certains auteurs, comme Lévy {thèse de Lille, 1905). Il est facile de comprendre que, grâce à des modificatons inflammatoires, les travées de l’épiploon se modifient, s’épaississent, deviennent adhérentes entre elles et peuvent constituer un cordon unique de densité bien différente de celle que nous lui connaissons à l'état sain. Cette transformation, jointe à une constriction plus ou moins serrée au niveau de l'anneau, constitue deux facteurs essentiels de l’étiologie de l’étranglement rétrograde ou, tout au moins, un état tout à fait favorable, un état de prédisposition.
2° Les adhérences de l’épiploon aux organes voisins.
Potherat el Simon rapportent.chacun un cas où la torsion était combinée à l'étranglement et où un lambeau de l’épiploon adhérait à un petit kyste de l'ovaire, du côté droit.
3° Les adhérences au sac herniaire lui-même. Ces adhérences se rencontrent assez fréquemment. Nous allons voir que la physiologie normale de l’épiploon nous donne une idée suffisante du mécanisme de leur production.
D'une très grande mobilité, il joue un rôle primordial pour la protection de l'organisme vis-à-vis des germes infectieux qui peuvent l’envahir. Cette mobilité est peut-être la conséquence des mouvements de péristaltisme de l'intestin, ou le fait d’une chimiotaxie positive analogue à celle des leucocytes ; 1l est prouvé, en tous cas, qu’elle joue un rôle prémoniloire dans la formation des adhérences. Pour nous, celles qui offrent le plus grand intérêt sont celles qui se forment
au niveau du collet ou au fond du sac herniaire et celles qui peuvent se fixer entre l'intestin et l’épiploon. Il est facile de comprendre que l’épiploon privé d’une partie de sa mobilité, Uiraillé par l'organe en mouvement auquel il adhère, s’étrangle avec facilité.
Et ainsi, tout naturellement, nous sommes amené à nous demander s'il n'existe pas des altérations chroniques du grand épiploon qui peuvent donner des symplômes identiques à ceux de l’étranglement.
La tuberculose du péritoine, nous semble-t-il, doit être citée tout d’abord. Dans la forme classique, décrite par Cornil, le plus souvent elle est consécutive, soit à la bacillose intestinale, soit à celle d’organes revêltus par le péritoine. On trouve, dans ce cas, des formations tuberculeuses avec de fausses membranes qui agglutinent la masse intestinale. L'épiploon, lui aussi, de son côté, réagit, s'indure, s'épaissit. Ces transformations anatomo-pathologiques peuvent lui faire contracter des adhérences avec l'intestin et donner lieu ainsi à des phénomènes d’occlusion intestinale pure, ou bien par augmentation de densité, de poids et de consistance, donner des phénomènes d’épiplocèle étranglée.
Pour nous résumer, 1l nous semble que le facteur le plus important de l’étranglement rétrograde de l'épiploon est constitué, avant tout, par les adhérences de cet organe au sac herniaire. Ces adhérences sont favorisées par les lésions d’épiploïte aiguë et accessoirement chronique.
Les adhérences qui peuvent être contractées avec les tumeurs (kyste de l’ovaire) nous semblent avoir un