‹ L'Étranglement Rétrograde de l'ÉpiploonChapitre 18 sur 21 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Il n'est pas possible de penser à un traitement médical. Les symptômes d'étranglement herniaire, quoique allénués, et les symptômes locaux, sont assez inquiétants pour écarter, de prime abord, tout traitement d'attente. Nous savons, en effet, que, toutes les fois qu'une hernie présente des phénomènes d'empâtement et des phénomènes douloureux, une intervention chirurgicale s'impose.

I ny a pas d'illusions à se faire sur le danger d'adopter une expectative trop prolongée. Si l’on attendait que les signes d’étranglement soient au grand complet pour intervenir, ce serait compromettre l'existence même du malade. On pratiquera le taxis avec une grande prudence, et, si ces tentatives restent sans résultat, le malade présentant de la fièvre et un syndrome gastro-intestinal, on doit faire l'intervention et la pratiquer sans délai.

Après avoir posé ces indicalions, demandons-nous quelle voie on doit suivre? Etant donné que l'on est appelé à opérer une hernie, il faut d’abord intervenir sur celle-ci; on ne peut penser à une laparotomie,

comme certains auteurs l'ont préconisée, Après incision

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du sac, on a un jour, sur la {umeur, tout à fait insuffisant; 1l faut bien se garder de refouler à l'intérieur de la cavité abdominale les organes que l’on y trouve sans s'être bien rendu compte et de leur disposition et surtout de leur qualité; pour arriver à ce résultat, on est tout naturellement appelé à prolonger l’incision en haut : ainsi on aura un jour suffisant sur les organes lésés et cette incision suffira toujours dans le cas d'étranglement rétrograde.

Cette hernio-laparotomie prédispose moins le malade déjà affaibli au shock et aux éventrations ultérieures; et surtout, comme le diagnostic avant l’opération est peu sûr et qu'il se fait surtout à ce moment, elle expose moins à infecter le péritoine avec les germes septiques de l’étranglement herniaire sur lequel on vient d'intervenir.

Pour ces raisons, nous n’hésitons pas à proposer la hernio-laparotomie comme opération de choix. Le bistouri fendra largement les téguments tout le long de la tumeur herniaire. Cette incision permetlra de tomber presque immédiatement sur le sac que l’on incisera.

Il faut attirer fortement l’épiploon au dehors, le libérer de ses adhérences, s'il en existe, et le pédiculiser. Cette manœuvre est très importante ; elle permet de se rendre compte des rapports de l’épiploon avec la tumeur et de sa disposition générale. S'il le faut, on prolongera l’incision par une hernio-laparotomie; on sectionnera l'arcade crurale après avoir repéré et récliné soigneusement le cordon, on tombera ainsi, presque à coup sûr, sur l’anse en position rétro-

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grade. Il faudra alors dégager son extrémité saine et s'assurer qu'il n’y a plus d’adhérences ni en avant, ni en arrière; on lransformera cetle masse, en quelque sorte, en une hernie étranglée. On repérera bien la portion saine, on y mettra des fils et l’on sectionnera la portion sphacélée. On rentrera la portion saine dans la cavité abdominale.

Pour la ligature de l’épiploon, on pourra prendre le pédicule dans un seul fil. Mais nous croyons préférable de pratiquer une ligature en chaîne au catgut avec le plus grand soin, après s'être assuré qu'il n'y a pas d'écoulement sanguin.

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