‹ L'Étranglement Rétrograde de l'ÉpiploonChapitre 6 sur 21 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

L’étranglement herniaire est incontestablement le plus fréquent des accidents qui viennent compliquer les hernies. Quand il est constitué par la constriction serrée de l'intestin et de l’épiploon, on a une épiplocèle. Cette constriction arrête le cours des matières, amène une gêne dans la circulation sanguine et ne tarde pas à amener des accidents de perforation et de gangrène de l'intestin et de l’épiploon, si l'on n'intervient pas à temps. Les causes qui amènent une pareille évolution sont assez nombreuses, notre intention n'est pas de les énumérer toutes : toutes elles sont étudiées en détail dans les traités classiques et tel n’est pas le but de notre travail. Nous retiendrons seulement, pour rendre plus clair notre exposé, un mode d’étranglement, sinon plus fréquent, du moins aussi connu que les différents agents qui peuvent aggraver l’évolution d’une hernie,

nous voulons parler de l'étranglement rétrograde de l'intestin.

L'on sait, en effet, que sous ce nom on désigne l’'étranglement d'une anse demeurée dans l'abdomen. Deux anses intestinales s’engagent à la fois dans le trajet herniaire; la portion de l'intestin qui relie ces deux anses reste dans l'abdomen, elle se trouve resserrée par ses extrémités au niveau del'orifice herniaire lui-même, cest cette portion intermédiaire qui se trouve en étranglement rétrograde. On a affaire ainsi à la hernie en W de Maygdl, elle détermine les mêmes accidents que les étranglements ordinaires, mais avec un pronostic beaucoup plus réservé en raison de la situation de l’anse étranglée.

M. le professeur agrégé Patel a bien voulu nous faire prendre connaissance d'un cas d'étrasglement rétrograde de l’épiploon. Nous le qualifions ainsi à cause de son analogie avec l'étranglement rétrograde de l’intestin, à cause de la situation même de l’anse épiploïque étranglée (situation bien constatée au cours de l'intervention), à cause de la ressemblance de l’anatomie pathogique de ces deux lésions et enfin étranglement rétrograde par ses symptômes ressemblant à ceux d’un étranglement herniaire ordinaire.

Il nous a paru nécessaire de poser ces préliminaires pour bien délimiter le sujet de notre étude. Nous allons maintenant donner, aussi complètement que possible dans l’espace de ces pages, tout d’abord un historique de la question sur les hernies de l’épiploon lui-même qui nous aidera à comprendre l’étranglement rétrograde ; nous étudierons ensuite les causes qui peuvent

amener un semblable accident et les lésions anatomiques qui peuvent se produire en pareil eas : puis nous verrons la pathogénie et par quels signes se manifestent les étranglements rétrogrades, à quelles erreurs de diagnostic ils peuvent donner lieu ; nous terminerons par la conduite à tenir en pareil cas.

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