‹ L'Etre subconscient: Essai de synthèse explicative des phénomènes obscurs deChapitre 10 sur 53 · I. —Les névroses · texte numérisé non relu

I. —Les névroses

Il me parait nécessaire de commencer l'étude de la >ychologie anormale par un examen rapide des né- 'oses dans leurs rapports avec la physiologie.

On sait, en effet, que les névroses en général et systérie en particulier constituent, aux yeux de saints éminents, la cause déterminante et l'explication îfflsante des manifestations psychiques anormales.

Il est donc indispensable, au point de vue expliilif, de savoir ce que sont exactement les névroses ; l'hystérie.

Ce qu'elles sont, on l'ignore totalement.

Le mot névrose est un véritable contresens pour la

physiologie classique, en tant qu'il désigne une affection ne relevant que de troubles fonctionnels sans lésion organique.

Si les théories matérialistes sont vraies, un trouble fonctionnel quelconque est forcément inséparable d'une lésion organique, si faible soit-elle, et quelle qu'elle soit.

Une machine intacte, placée dans les conditions voulues de fonctionnement, doit fonctionner normalement.

Une machine qui, placée dans les conditions voulues de fonctionnement, ne fonctionne pas ou fonctionne mal, est une machine défectueuse ou lésée dans un ou plusieurs de ses rouages.

A. ce raisonnement, la physiologie n'a qu'une réponse logique : c'est qu'en effet il ne peut être question d'affections indépendantes de toute lésion organique, et que le mot de névrose désigne simplement les maladies dont on n'a pu trouver encore la lésion causale.

Déjà, dit-on, les progrès de l'anatomie pathologique ont permis de restreindre beaucoup le cadre des névroses: la paralysie générale, par exemple, en a été distraite; bien d'autres affections telles que la paralysie agitante ', la chorée, l'épilepsie, etc., relèvent certainement d'une cause organique qu'on trouvera tôt ou tard.

Le raisonnement est fort juste pour toutes les ma-

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ladies à symptômes fixes et réguliers : il ne l'est plus pour la névrose typique, l'hystérie, la seule intéressante au point de vue qui nous occupe,

L'hystérie présente une symptomatologie complexe ne rappelant en rien la caractéristique générale des affections organiques.

Une maladie organique se manifeste par des troubles morbides d'un caractère relativement fixe et constant, suivant une marche spéciale déterminée dans les grandes lignes, dépendant nettement, dans leur origine, leurs manifestations, leur disparition, de la lésion causale.

La névropathie hystérique est toute différente: ses symptômes sont essentiellement mobiles, inconstants ; apparaissant, disparaissant, variant sans cause ou sous l'influence de causes multiples. Anesthésies, hyperes- Ihésies, contractures, paralysies se succèdent, passent d'une région à une autre région, échappent à toute prévision d'étendue ou de durée. 11 ont si peu de fixité qu'on peut parfois opérer leur transfert d'un membre à un autre membre et même d'un sujet à un autre sujet (par la suggestion, les aimants, les contacts de métaux, etc.).

Les symptômes multiples peuvent troubler isolément ou simultanément toutes les fonctions nerveuses, motricité, sensibilité, intelligence, nutrition, etc. Ils relèvent indifféremment de l'excitation, de la dépression ou de la perversion dans les manifestations fonctionnelles.

Tout, dans la symptomatologie de l'hystérie, est contraire à l'hypothèse d'une lésion organique fixe et

FAITS OBSCURS DE PSYCHOLOGIE «ÛM.tLE 33

spécifique. L'hystérie est encore totalement inexpliquée ' .

La. Folie essentielle, c'est-à-dire ne relevant, comme l'hystérie, d'aucune lésion anatomique fixe et spécifique, n'est pas une moindre énigme pour la science classique. Aucune des prétendues explications qu'on en a fournies n'a apporté de lumière sur la nature réelle de cette terrible affection.

II. —Lee manifestations de personnalités doubles au multiples chez le même individu - (en dehors des états hypnotiques et médiumiques).

Bien que ces curieuses manifestations de psychologie anormale aient été recueillies en grand nombre depuis la publication du D r Azam, sur Félida, il est fort difficile d'en faire une étude générale.

C'est que les cas connus et cités partout sont en général très mal observés et très imparfaitement décrits. Les indications données manquent de précision et ne portent que sur les grandes lignes.

L'observation du D r Azam elle-même, bien que peut-être la plus consciencieuse, n'offre pas de symptomatologie méthodique. On y trouve un véritable luxe

1. On a fourni récemment quelques explications qui se réduisent à de simples constatations et ne résolvent pas la difficulté. Je les discuterai lors de l'interprétation générale que je propo-

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