IV. — Conclusion
Qu'il nous soit permis de nous en tenir à cettr ébauche métaphysique, sans nous faire d'illusion, je le répète, sur sa valeur scientifique, et bien convaincus du caractère chimérique que revêt la poursuite obstinée, par l'intelligence humaine, de vérités encore inaccessibles.
Qu'importe après tout, notre impuissance actuelle, si nous gardons du moins l'espoir d'arriver un jour, par le développement ininterrompu de la conscience immortelle, à connaître tout ce qu'il y a de vrai, de
ooglc
170 ESQUISSE d'une philosophie idéaliste
beau et de bien dans notre monde et dans l'univers !
Or, nous l'avons vu, pareille espérance n'est plus une chimère; à moins toutefois qu'il n'y ait qu'erreur dans l'étude et la recherche des phénomènes psychiques ; à moins que le domaine de la psychologie anormale soit purement et simplement le domaine du mensonge et de l'illusion !
Cela ne me paraît pas possible. Comment n'y aurait-il pas une large part de vérité dans une théorie capable d'expliquer tous les faits obscurs d'ordre psychologique; dans une doctrine qui nous apporte la solution la plus satisfaisante du problème douloureux des inégalités humaines, des souffrances imméritées, de tout le mal universel ?
— Nous sommes bien loin sans doute, de l'époque où cette doctrine arrivera à dominer les systèmes philosophiques et à remplacer les dogmes religieux.
Mais ce qui est beaucoup moins éloigné, j'en ai la ferme et absolue conviction, c'est le moment où sera définitivement prouvée et admise de tous la notion élémentaire, base de toute mon étude:
« Il v a dans l'être vivant des principes dtnamiques
ET PSYCHIQUES D'ORDRE SUPERIEUR, INDEPENDANTS DU FONC- TIONNEMENT OBGANIQUE, PRÉEXISTANT ET SURVIVANT AU CORPS. »
Cette certitude sera l'origine de la plus immense révolution qui ait jamais été accomplie dans le do- ' maine de l'activité intellectuelle et morale de l'humanité :
Les positivistes seront alors les premiers à bâtir des théories idéalistes sur cette base scientifique.