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HÉTHODE ET ÉVOLUTION DE LA PHILOSOPHIE SCIENTIFIQUE

eue celles qui seront rigoureusement nécessaires, et ne leur donnera jamais qu'un caractère provisoire. Elle n'hésitera pas à sacrifier les hypothèses devenues insuffisantes ou trouvées en contradiction avec un seul fait bien établi.

La science étant Indéfiniment progressive, la philosophie scientifique sera elle-même progressive, variable par conséquent.

Aussi constatons-nous que depuis moins d'un demisiècle, par le prodigieux essor des sciences modernes, le caractère général de la philosophie scientifique a subi des transformations radicales.

Du matérialisme pur, il s'est élevé au monisme naturaliste.

Le monisme lui-même semble devoir subir une évolution capitale, grâce au développement récent de la psychologie, et aboutir bientôt à une interprétation rationnelle de l'univers et- de la vie; satisfaisante en même temps, au point de vue idéaliste et moral.

Le matérialisme pur semblait avoir trouvé une solide base scientifique dans les grandes découvertes sciences naturelles et la théorie transformiste.

Tout paraissait avoir une explication naturelle dans l'évolution progressive de la matière, reliant par une transition insensible les formes inférieures de la vie et de l'intelligence aux formes supérieures.

Comme, d'autre part, il était prouvé jusqu'à l'évidence qu'une corrélation étroite existait entre l'étendue de la conscience cl te développement des centres nerveux, et comme cette conscience semblait subordonnée au bon état et au bon fonctionnement du sys-

ième nerveux, il n'y avait plus à espérer de survie de l'intelligence après la destruction de l'organisme.

Mais la doctrine matérialiste ne devait pas se maintenir longtemps dans son intégralité.

Tout d'abord, la conception de révolution, telle que l'admettait la science naturelle, se heurtait à de grandes difficultés philosophiques.

En effet, la connaissance des conditions évolutives essentielles (influence du milieu, sélection naturelle, etc.) ne peut pas exclure Vidée de cause première ni de cause finale.

Des volumes ont été écrits en vue de cette démonstration.

L'argument le plus probant et le plus scientifiquement déduit est le suivant :

Dans aucun cas, le « plus » ne peut sortir du « moins »; si le « moins » ne contient pas en puissance toutes les possibilités du « plus ».

Admettre le contraire est tout à fait illogique et tout à fait anti-scientifique.

Le chêne sort du gland, parce que le gland contient en germe le chêne futur ; mais le chêne ne pourra dériver d'une graine végétale inférieure, quelque lente que soit cette dérivation, que s'il est déjà contenu en puissance dans cette graine. Les conditions constatées de l'évolution n'en sont donc pas la cause suffisante.

Les transformations progressives ne peuvent être conçues comme possibles qu'à condition de les supposer en puissance dans l'élément originel le plus simple, quel qu'il soit, placé à la base de révolution.

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