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MÉTH0PE ET ÉVOLUTION DE LA PHILOSOPHIE SCIENTIFIQUE

Le raisonnement est rigoureux et semble bien scientifiquement irréfutable. Par conséquent, bon gré mal gré, on est ramené à la recherche de cette cause première que l'on espérait éviter.

Aulre difficulté :

La matière, prise comme base de l'évolution, n'offrait bientôt plus le solide point d'appui que Ton croyait trouver en elle.

Ses qualités les plus essentielles, étendue, impénétrabilité, soumises à l'analyse, apparaissaient tout à fait illusoires. Les solides n'avaient de solide que l'apparence et cette apparence était essentiellement relative à nos sens.

Avec Ampère, Faraday, Tyndall, etc., on ne pouvait plus voir dans un corps prétendu solide qu'un agrégat de milliards d'atomes mobiles, gravitant les uns autour des autres, ne se touchant nulle part, mais séparés par des distances relativement considérables.

L'atome lui-même n'apparaissait bientôt plus que comme une nécessité de logique, une fiction commode mais sans réalité vraie. L'atomisme devenait dynamisme : L'atome n'était plus qu'un tourbillon (lîelmolz), un centre de forces ; et les forces elles-mêmes se ramenaient logiquement au mouvement.

Les découvertes récentes sur la radio-activité de la

matière appuient' fortement les conceptions dynamiques

en nous montrant, dans l'agrégation d'éléments qui

constitue l'atome chimique,* des réserves insoupçon-

- et formidables d'énergie.

Le matérialisme n'a donc pas plus de valeur ni d'importance scientifique que le spiritualisme.

b INTRODUCTION

« Le matérialiste, dit admirablement Guyau1, croit faire, de la science positive ; il fait, lui aussi, tout comme l'idéaliste, de la poésie métaphysique ; seulement ses poèmes, avec leurs constructions imaginatives, sont écrits en langue d'atomes et de mouvements, au lieu d'être écrits en langue d'idées... ceux de nos savants qui spéculent ainsi sur la nature des choses sont des Lucrèce qui s'ignorent. »

En réalité, le seul système de philosophie scientifique actuelle est le monisme, avec sa conception grandiose d'un principe unique, à la fois intelligence, force et matière, embrassant tout ce qui est et tout ce qui est possible, cause première et cause finale, dont les différenciations ne seraient que des formes diverses de mouvements.

Cette doctrine est d'accord avec toutes les constatations scientifiques; elle s'appuie non seulement sur les sciences naturelles, mais sur tout ce que nous enseignent la physique, la mécanique etla chimie, touchant l'immortalité de la matière et de la force ; leurs transformations et leur unité probable.

Les conséquences du monisme sont des plus importantes :

Tout d'abord, c'est le rejet définitif de la conception, non pas de la divinité, mais d'une divinité extérieure k l'Univers.

C'est, en effet, une « hypothèse inutile », conformément au vieil et irréfutable argument panthéiste qui nous montre la cause première, elle-même sans cause,

i. Guyau, l'Irréligion de l'avenir. Paris, F. Alcan.

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