II. — Explication du mal
Il faut remarquer tout d'abord que le mal, dans la philosophie palingénésique, perd lu plus grande part de son importance prétendue :
Il est en effet toujours réparable et n'a jamais qu'un caractère relatif et transitoire.
Ainsi atténuée, la constatation du mal relève d'une triple explication :
Le mal est la mesure de l'infériorité des mondes et des êtres.
Il est la condition favorisante de l'évolution.
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Il est la sanction des actes individuels pendant l'évolution.
Le mal est la mesure de l'infériorité des mondes et des êtres.
Le progrès, en effet, nous montre sa diminution incessante. Nous ne devons donc voir que la conséquence de notre infériorité actuelle dans la plupart des douleurs qui nous atteignent ; dans bien des souffrances physiques ou morales, dans le mal qui résulte de notre faiblesse, de notre impuissance, de la limitation de nos forces et facultés, de notre ignorance, de notre assujettissement à la matière.
Le mal est la condition favorisante de l'évolution.
C'est le mal, en effet, qui impose l'effort, le travail, dans les phases inférieures de l'évolution. Il empêche l'être de s'immobiliser dans sa situation présente, le contraint d'aspirer et d'arriver plus vite au bonheur futur.
Enfin il lui donne le mérite d'acquérir peu à peu, par ses propres efforts, ce bonheur futur, dont la jouissance conquise et comprise, sera la compensation certaine des souffrances subies.
Comme chaque progrès acquis diminue le mal et augmente la conscience, la liberté et la capacité émotive de l'être, le bonheur futur, dont celui-ci ne peut suffisamment comprendre l'essence, à cause de son infériorité actuelle, le bonheur sera le résultat naturel du développement psychique coïncidant avec la diminution du mal.
Comme l'évolution est toujours progressive, toui les êtres, sans exception, échapperont au mal ; tous
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rriveront au bonheur ; mais ils y arriveront plus ou moins vile, suivant qu'ils se conformeront plus ou moins aux lois évolutives, dont il sera question plus loin.
Enfin le mal est la sanction des actes individuels.
En effet, nous ne sommes jamais que ce que nous nous sommes faits nous-mêmes, par nos propres efforts, clans nos existences successives; préparant inconsciemment, clans chaque incarnation, l'incarnation suivante; jouissant actuellement des progrès acquis antérieurement; utilisant les facultés que nous avons su développer ; souffrant aussi des dispositions mau- \ai>es que nous avons laissé s'établir en nous.
De plus, l'observation ou la non-observation de la loi morale précipite ou retarde notre passage aux phases évolutives supérieures, au bonheur par conséquent.
La sanction est donc parfaite. Elle pèse considérablement sur les êtres arrivés à un certain degré de liberté morale. Plus l'être est avancé, plus sa conduite réfléchie aura d'influence sur sa progression- Plus, par conséquent, la sanction sera assurée. L'importance de la sanction sera toujours proportionnelle au degré de liberté morale.
La sanction de la loi morale est la cause principale des inégalités constatées chez les êtres conscients.
En elfet, les inégalités accidentelles ou consécutives aux conditions variables d'incarnation (organisme plus ou moins défectueux, influence du milieu et de l'éducation, etc.), ces inégalités s'annihilent et se neutralisent dans une série assez vaste d'incarnations, de sorte que tous les êtres subissent une somme sensi-
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blement égale de hasards heureux ou malheureux. Donc, les inégalités morales ou intellectuelles viennent surtout de l'observation et de la non-observation des lois morales évolutives (dans une série d'individus rapprochés par les conditions de naissance et de vie).