I. — L'Évolution de l'âme
De notre étude du psychisme anormal et des phénomènes subconscients découlent deux notions capitales:
1° La première est relative à la présence, dans l'Être, de principes dynamiques et psychiques indépendants du fonctionnement de l'organisme, capables de s'en séparer pendant la vie, devant, par conséquent, lui préexister et lui survivre.
2° La deuxième est relative à la double évolution, terrestre et extra-terrestre de l'Être subconscient.
De ces deux notions, la première est bien probable, si les phénomènes psychiques dont elle découle sont vrais. La deuxième ne présente en sa faveur que des présomptions qu'il est permis de trouver plus ou moins convaincantes ; niais qui sont certainement suffisantes pour mériter toute l'attention des penseurs.
Il s'agit, en somme, d'une conception scientifique de cette grande doctrine de la palingénésie, admise par tant d'hommes d'élite de tous les temps, base du bouddhisme et du brahmanisme et doctrine secrète, paraît-il, de la plupart des religions de l'antiquité.
Je ne saurais, sans sortir des limites que je me suis fixées, exposer ici, même en résumé, tout ce qui concerne la doctrine palingénésique * ; ses fondements historiques, les nombreux arguments que l'on a pu trouver en sa faveur, en dehors même de la psychologie.
Je me contenterai de donner un aperçu rapide de ses enseignements et de ses conséquences.
D'après ce système, l'âme (c'est-à-dire ce qu'il y a d'essentiel dans la conscience individuelle), en puissance dans le minéral, a été réalisée peu à peu dans les règnes vivants inférieurs, pour acquérir son plus grand développement dans l'humanité et les états super-humains que nous ignorons encore. Cette évolution progressive s'est accomplie dans d'innombrables séries d'incarnations et de désin carnations.
Elle s'est faite en dehors de toute influence surnaturelle par le jeu normal de la vie : sensations, émotions, efforts journaliers, exercice des facultés diverses, travaux, joies, douleurs se gravent indestructiblement dans l'àme comme autant de nouvelles expériences et toutes nouvelles expériences se traduisent par une augmention du champ de la conscience.
i. Consulter spécialement les bibliothèques spirite et théV sophique.
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Aucune expérience n'est perdue ; leur oubli n'est jamais qu'apparent et temporaire.
La perte du souvenir des existences antérieures dans chaque incarnation nouvelle n'est que relative e^ momentanée. Elle est nécessaire, comme l'est la mort elle-même, pour nous forcer à un travail constant, -à des expériences multiples, à un développement continu dans et par les conditions les plus diverses. Dans les phases de désincarnation, le souvenir réapparaît, d'autant plus étendu que TÊtre est plus élevé. Quand nous serons parvenus à un état supérieur, l'ouhli, devenu inutile à notre progression, n'existera plus et le passé nous deviendra accessible, dans toute son intégralité.
Ainsi comprise, la doctrine de la palingénésie permet : Une admirable explication du mal ;
La fondation d'une morale sur une base inébranlable, morale assurée d'unesanction parfaite et naturelle.