L'étrurie et les étrusques [microform]: souvenirs de voyage
Parmi les anciennes cités étrusques dont les ruines sont les mieux conservées et sent aujourd'hui les plus facilement accessibles, il faut nommer Cliiusi, le Clusium des Latins. C'était l'une des douze lucumonies ou capitales de la confédération tyrrhénienne du centre, et à ce titre, elle fut la résidence du lucuraoa Porsenna, ce fier ennemi de Rome. Elle avait nom alors Gamars. Les vases et les bronzes trouvés à Ghiusi ont suffi à former plusieurs musées; les bijoux et les intâilles (pierres fines gravées) qu'on y recueille encore tous les jours, font le désespoir de nos orfèvres et de nos graveurs, tant ils
sont délicatement travaillés; enfin les hypogées de Ghiusi, tombes souterraines toujours ouvertes, et dont le nombre augmente sans cesse devant les infatigables recherches des explorateurs, nous donnent de précieux renseignements sur les arts, les coutumes et la langue de Tancienne Étrurie.
C'est sur cette cité éteinte que je voudrais éveiller un instant l'attention. « Il faut honorer les anciennes gloires,
comme le dit si bien Pline-le-Jeune, et cette vieillesse ellemême qui, vénérable dans l'homme, est sacrée dans les
villes. » L'Étruric d'ailleurs est le pays des grands souvenirs, et s'est toujours trouvée mêlée aux plus nobles événements qui ont illustré la péninsule italique. Il est temps que les archéologues, quelques artistes, quelques historiens , ne soient
plus les seuls à l'étudier. Il est temps de faire cesser pour elle rindifférence regrettable du plus grand nombre. Il ne faut pas
que les amis des vieilles gloires soient les seuls à interroger les Étrusques. La plupart des voyageurs que chaque année voit accourir en Italie doivent aussi leur accorder quelque attention, et c'est d'ailleurs en comparant le passé à Tétat présent d'une nation, que l'on peut augurer son avenir.
Je voudrais être un moment, sans aucune prétention à l'archéologie, le guide familier de tous ceux qui seraient tentés
de faire avec les Étrusques une plus- intime connaissance. Nous irons visiter les ruines de Chiusi, qui sont d'un si haut intérêt. Sur la route, nous saluerons Arezzo, autre cité étrusque, jadis fameuse par ses bronzes et ses vases, et nous traverserons le Val-de-Chiana, où nous verrons les modernes, aux
prises avec un des problèmes les plus difficiles qu'ait jamais présentés l'hydraulique, en sortir à la fin vainqueurs. Il y a là de quoi occuper utilement le voyage, de quoi tirer plus d'un enseignement.
Pans, le 15 octobre 1866.
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