‹ L'Étude du Scotome ScintillantChapitre 15 sur 20 · DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC

Lorsqu'un malade intelligent ayant eu un accès com plet de scotome scintillant, vient raconter sa crise, le diagnostic est aisé à établir. Mais il est souvent dif: ficile de faire décrire au malade ce qui lui est arrivé. Il se perd dans la description du brouillard, des éclairs et répond affirmativement à toutes les questions qu'on lui pose, ce qui achève de rendre le médecin perplexe. Dans ce cas, il doit revenir à l'examen du malade et accepter le scotome scintillant, après avoir éliminé toutes les autres causes pouvant donner des symptômes analogues.

La conjonctivite avec sécrétion occasionne des brouillards, des arcs-en-ciel dus au mucus qui passe devant la cornée. Le lavage de l’œil faisant disparaître ces photopsies suffit à aider au diagnostic. D'ailleurs, les symptômes d'uneconjonctivite ne se présentent pas sous forme de crises ou d'accès, pas plusque ceux des afFections de la cornée, du cristallin, du corps vitré, des membranes profondes de l'œil. Lorsque ces maladies présentent des phénomènes qui ont quelques analogies avec ceux du scotome scintillant, une erreur de diagnostic n’est guère possible à cause des caractères propres de chacune de ces maladies.

L’asthénopie accommodative simule mieux encore la

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migraine ophtalmique ; mais le brouillard, les phosphènes, le mal de tête qui l’accompagnent, succèdent toujours à une application assidue des yeux chez des hypermétropes ; tandis que le scotome scintillant n’est lié à aucune anomalie particulière de la réfraction. En outre, cette asthénopie est un état de plus ou moins longue durée et ne prend jamais le caractère d’une crise passagère comme les attaques de scotome scintillant. Enfin, les verres convexes font disparaître les troubles visuels de l’asthénopie accommodative et sont sans influence sur les crises de l'affection qui nous occupent.

L’amblyopie toxique des alcooliques et des fumeurs, les hémiopies d'origine cérébrale, suites de lésions, ont des scotomes permanents que décélera l'examen du champ visuel au périmètre.

Dans l’embolie de l'artère centrale de la rétine, les malades racontent ordinairement qu'un nuage épais a couvert tout à coup l’un de leurs yeux, et que, dans l’espace de quelques minutes la vue, s'est complètement éteinte de cecôté. Seulement, ce nuage ne s’en va plus comme celui du scotome scintillant, il s'établit d’une façon durable. Il en est de même lorsque une apoplexie des gaines (épanchement de sang intervaginal de l’ärtère centrale de la rétine) a déterminé cette cécité instantanée ; dans ce dernier cas les malades signalent souvent simultanément des symptômes de compression du nerf, l'apparition de phosphènes ou d’éblouissement.

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