‹ L'Étude du Scotome ScintillantChapitre 6 sur 20 · D) PA · texte numérisé non relu

D) PA

compter les rayons. Cette éclaircie affecte la forme d'un cône sous un angle visuel d'environ 10°. J’aicherché à me rendre compte si elle coïncidait avec le point de fixation ; il m'a semblé qu’il en était ainsi, sans que je puisse l’affirmer.

Dans une autre crise, ces éclaircies étaient au nombre de deux, l’une au centre, l’autre enhautetendedans, très sensiblement égale comme surface, mais la vue était plus nette dans celle du centre.

Jamais elles ne sont limitées par des éclairs ou arches lumineuses comme ceux qui entourent les scotomes scintillants classiques; elles sont régulières et à contours nets. En déplaçant un peu l’axe du regard, je ne vois qu'une partie des objets sans transition entre la partie visible et la partie invisible.

Ces attaques se reproduisent sans aucune régularité dans leur apparition; je suis resté parfois 6 mois sans en avoir pour en avoir ensuite tous les quinze jours ou trois semaines. Toujours elles ont coiïncidé avec une période de fatigues physiques ou d'émotions morales.

En résumé, chez moi, on trouve dans l'œil gauche :

Un scotome ou total, ou central, laissant libre la périphérie du côté externe. Il débute du côté nasal, gagne le point de fixation et le dépasse plus ou moins. Une fois constitué, il s'y produit parfois une ou deux éclaircies de forme régulière où la vue est nette.

Le scintillement n’est pas constant ; quand il existe au complet il se compose de deux sortes de photopsies :

Au début des éclairs, identiques à ceux dela foudre,

brisés comme eux et ayant une direction sensiblement verticale.

Ensuite, des bouffées d’étincelles, jaunes, brillantes, véritable flamboiement, éclatant seulement à la partie interne (moitié nasale) du champ visuel.

Mais ces étincelles manquent parfois et les éclairs aussi, et il m'est arrivé d’avoir un scotome sans scintillement. C’est généralement alors une obnubilation passagère. |

J'ai de même du scintillement sans scotome concomitant. Dans ce cas, la sensation habituelle de lourdeur des paupières de l’œil gauche se fait sentir et je vois ma vision se modifier par suite d’un spasme de l’accommodation qui m'oblige à lire de très près comme un myope. Sur ce voile éclatent tantôt des éclairs, tantôt des fusées d’étincelles, souvent les deux. Au bout d’un temps très court tout cesse, et je puis reprendre ma lecture à la distance normale.

Comme épiphénomènes, il y en a deux qui sont constants :

1° une sorte d’aura, pesanteur du globe de l'œil gauche, pesanteur et gène des paupières où je ressens des battements; |

2° le spasme de l’accommodation, à la période terminale ;

Cet épiphénomène m'avait échappé aux premières attaques observées. J'attribuais le voile qui estompait encore les objets à la fin de la crise à l’atténuation du scotome, lorsque mon père, en me mettant devant l'œil

un verre concave d’une dioptrie, me rendit aussitôt la

Dh

netteté de la vision, En ôtant le verre le voile persistait encore. Dans d’autres attaques, j'ai encore constaté l'existence de cette myopie passagère à la période terminale. Elle ne doit pas se produire au début, ni à la période d'état, puisque lorsque mon scotome renferme des éclaircies, celles-ci comportent la netteté de la vision à distance et l'intégrité du pouvoir accommodatif.

Je n’ai jamais eu le moindre malaise consécutif, ni migraine, ni nausées, sauf une certaine sensation de froid aux pieds et aux mains. Je crois pouvoir, sans erreur, attribuer les crises de sudation qui ont accomgné mes deux premières attaques à l'émotion produite par ces phénomènes qui m’étaient encore inconnus.

Depuis deux ans que je suis sujet au scotome scintillant je n'ai plus eu qu'une seule migraine, alors qu'autrefois j'y étais très sujet. Il me semble que j'en avais aussi fréquemment que j'ai à présent le scotome scintillant.

Au point de vue étiologique, j'ai constaté que chaque crise coïncide avec une période de grandes fatigues physiques et survient à la suite d’une journée plus fatigante encore. ?

Enfin, je terminerai cette observation en disant que j'ai constaté que pendant les attaques de scotome scintillant, la pression du doigt sur mon œil gauche provoque les phosphènes comme à l’état normal.

Mais avant de passer à l'étude détaillée du scotome et du scintillement, étude dans laquelle fous cher:

cherons les éléments nécessaires pour établir, si possible, l'origine et la nature de l'affection, arrêtons-nous sur quelques particularités de cette observation.

Nous constatons d’abord l’hérédité : Photopsie chez l’ascendant ; migraine ophtalmique chez une sœur. Or, maintes fois, lorsque nous avons pu interroger les

malades sur leurs parents, nous avons rencontré l’hérédité.

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