‹ L'etude et les progrès de l'hygiène en FranceChapitre 10 sur 174 · PRIVES DANS LES ECOLES · texte numérisé non relu

PRIVES DANS LES ECOLES

Pour les cabinets d'aisances et urinoirs, il fixe le nombre des cabinets à 4 pour 100 élèves et à 2 pour chaque centaine suivante. Les ui'inoirs doivent être en nombre égal. Ils doivent avoir pour dimensions 70 centimètres de largeur et 1 mètre de longueur, le siège doit être en pierre ; le sol imperméable avec pente convenable pour l'écoulement des liquides par une goulotte qui doit aller s'ouvrir au-dessus de la fermeture hermétique de l'orifice. D'ailleurs, cet orifice peut être sans fermeture, à la condition qu'une disposition spéciale détermine une aspiration suffisante et force l'air à entier par l'orifice.

La Société de médecine publique avait indiqué, en 1878, des conditions d'installation plus satisfaisantes et plus conformes à l'hygiène, en adoptant les conclusions d'un rapport de notre collègue M. le Dr I liant, à la suite d'une communication de M. le Dr E.-R. Perrin. Voici ces conclusions :

A. Mesures d'une application immédiate et générale : 1° Suppression des fosses permanentes, remplacées par des réservoirs mobiles enlevés très fréquemment ; 2° Installation (dans les écoles de garçons) d'urinoirs séparés (à raison de trois au moins pour 100 enfants), et dans les conditions de construction spécifiées dans le rapport de la commission; 3° Installation de cabinets d aisances (trois au minimum pour 100 élèves), construits et disposés comme il est dit au rapport; 4° Suppression absolue des sièges en pierre et des ouvertures diles à la turque; 5° Adoption partout d'un siège en bois, avec tablette à lunette de forme ovale, la marge antérieure de la lunette n'ayant jamais plus de 5 à 6 centimètres de largeur. (L'entant doit s'asseoir sur le siège et ne jamais monter dessus. Cette prescription sera inscrite dans le cabinet.) Ou adoption du siège du système Wonge. La Société recommande l'adoption du système Moule ou eartk-closet partout où le xoater-closet est impraticable; 7° Néce>sité, dans chaque école, et pour tout le temps de la présence des enfants, d'un surveillant spécial, préposé à la tenue des cabinets d'aisances.

B. Dispositions à établir partout où il sera possible et au fur et àmextire que les conditions d hygiène générale le permettront: S0 Application du système diciseur; 9° Cuvettes en faïence ou en fonte émaillée, à parois verticales, applicables à tous les sièges; 10° Appareils automoteurs hermétiques; 11° Adaptation d'un siphon au tuyau de chute.

Tel est le programme dont la commission propose à la Société Padopdon, comme une réforme d'hygiène qui ne peut plus être ajournée. On pourrait ajouter encore au paragraphe B ; on ne peut rien retrancher du paragraphe A, qui comprend les mesures d'une application générale et immédiate.

Nous passons sous silence tout ce qui est relatif au logement du personnel, au jardin, aux salles de dessin, aux ateliers manuels, aux vestiaires, escaliers, couloirs, passages, etc.

Avant de parler du mobilier, nous allons indiquer comment le règlement, en ce qui concerne la construction, a été interprété dans quelques cas particuliers.

Nous en trouvons les exemples, pour la plupart, parmi les projets et modèles d'établissements scolaires reunis à l'Exposition ouverte sous les auspices du minisire de l'instruction publique depuis le 1er juin. Cette Exposition comprend 3oo projets.

Dans les petites communes, la réunion des écoles et de la mairie offre des avantages, au moins au point de vue économique. Nous donnons ici les croquis de l'un de ces projets, dû à M. Leloup (de Chartres) et destiné à la commune du Tremblay-

Fig. II. — Groune scolaire et imine de la commune du Tremblay-le-Vicomte (Eure-et-Loir). Projet de M. Leloup, architecte.

le-Vicomte. Ce croquis figurait à l'exposition des plans de constructions scolaires.

Dans le projet de M. Leloup (fig. 11), la mairie, située en fa-

CONSTRUCTIONS SCOLAIRES. 17

çade sur la rue, comprend au rez-de-chaussée, outre les salles nécessaires au service municipal d'une petite commune, la salle à manger et la cuisine de l'instituteur et de l'institutrice formant deux ailes conduisant, par un escalier parfaitement séparé, au premier étage dont nous ne donnons pas le plan ici, mais qui est divisé en deux parties distinctes, pour servir de logement à l'instituteur et à l'institutrice. — Les écoles sont tout à fait isolées; elles sont séparées du bâtiment de la mairie par un vaste préau divisé en deux par un mur séparatif qui se prolonge à travers le bâtiment d'école et sépare l'école des garçons de celle des filles. Chaque école est au rez-de-chaussée, et disposée semblablement : une classe entre une bibliothèque et un lavabo-vestiaire. Les deux bibliothèques, adossées au mur mitoyen, élargissent l'espace entre la classe des garçons et celle des filles et empêchent ainsi le bruit des voix d'être perçu de l'une à l'autre ; les vestiaires-lavabos occupant les extrémités, les enfants doivent les traverser pour entrer dans la classe ; ils communiquent avec la sortie par les préaux découverts, qui longent chacun des murs extérieurs.

L'éclairage des classes est bi-latéral avec prédominance du jour de gauche.

Dans les grandes villes, et surtout à Paris, le problème d'une maison d'éco:e primaire suffisamment vaste avec des classes au rez-de-chaussée seulement est très difficile à résoudre. Le prix des terrains, dans certains quartiers surtout où il vaut plus de mille francs le mètre, est un obstacle économique dont la municipalité a le devoir de tenir compte, d'autant plus que les bâtiments et groupes scolaires sont nécessairement très nombreux. La Ville de Paris a fait tout le possible; elle a, dans tous les quartiers, élevé de nombreux bâtiments nouveaux, et elle poursuit son œuvre incessamment; mais force lui a été, en attendant qu'il y ait partout des constructions neuves, d'approprier, tant bien que mal, des constructions anciennes ; c'est ce qui est arrivé, par exemple, pour ne citer qu'un quartier, au quartier qui touche aux grandes écoles de l'enseignement supérieur, à l'école communale située rue des Fossés-Saint-Jacques derrière la mairie du Panthéon, à celle derrière la mairie du Panthéon, à celle de la rue des Feuillantines, à l'école primaire et à l'école maternelle situées côte à côte dans la rue de l'Arbalète; certaines de ces écoles sont en contre-bas de la rue ou des terrains voisins, et ainsi elles sont dans des conditions très défectueuses au point de vue de la salubrité. Mais ce sont là des conditions qui sont, qui doivent être, tout à fait temporaires. Des bâtiments d'école nouveaux, bien aménagés, hygiéniquement construits, remplaceront ces vieilles masures replâtrées.

Nous parlions tout à l'heure des difficultés résultant du prix du terrain; il faut ajouter que, même en y mettant le prix, on ne trouve pas toujours, au point où il convient d'installer l'école pour qu'elle ait une position centrale par rapport à la population scolaire qu'elle doit abriter, un terrain d'une forme absolument régulière.

Dans le plan ci-joint (fig. 12) d'une école de garçons, située à Paris, 42, avenue Duquesne, et qui a été construite par M. Leroux, membre de la commission des logements insalubres, l'architecte s'est trouvé en présence d'un terrain de forme bizarre, et dont il était vraiment difficile de tirer bon parti. Il y a pourtant, dans cette construction, des idées ingénieuses dont il faut tenir compte.

Quand on regarde la façade de cette bâtisse, l'entrée de l'école est vue à gauche, un vestibule important donne accès à la loge du concierge, au parloir, aux préaux couverts et découverts, à la cantine. Ce vestibule sert aussi de salle d'attente pour les parents qui viennent chercher leurs enfants. Il est, pour ainsi dire, la clé de tous les services, puisque c'est aussi par lui qu'on accède aux caves, où sont les provisions de bois et charbon, qui sont sous la surveillance du concierge. — M. Leroux, aidé de nos collègues, MM. Geneste et Herscher, a cru devoir remplacer dans la cantine de l'école l'ancien mode de chauffage au charbon, si incommode, par le chauffage au gaz. C'est un boa exemple à suivre dans toutes les villes où Tonale gaz ; car si l'installation première est un peu coûteuse, c'est une dépense bien largement compensée par l'économie du combustible, par la propreté et le facile entretien.

Le préau couvert n'est pas seulement utile comme abri pour la récréation les jours de pluie ou de grand froid; il sert aussi de réfectoire aux élèves. On y installe des tables volantes couvertes d'une mince feuille de zinc qui les rend d'un entretien facile ; ces tables sont légères, elles se démontent et se déplacent aisément et elles peuvent être rangées dans le vestibule d'entrée ou dans un petit hangar spécial.

Les latrines sont situées dans la cour. On y accède par une marquise qui part du vestibule de l'escalier et qui est, par conséquent, en communication avec le préau couvert. Ces cabinets d'aisances sont construits suivant les prescriptions réglementaires, mais on a établi les sièges en ciment et installé là un système de ventilation qui empêche tout dégagement dans l'atmosphère de la cour. L'air extérieur est au contraire appelé, par l'orifice des sièges des cabinets d'aisances au moyen d'une cheminée de ventilation à l'intérieur de laquelle brûle incessamment une couronne de becs de gaz. La vidange se fait par l'égout public au moyen d'une galerie allant de la chambre où sont les tinettes jusqu'à l'égout. Pour donner une idée complète

CONSTRUCTIONS SCOLAIRES

Fig. 12. — Ecole communale de garçons, à Paris, avenue Duquesne. M. Leroux, architecte.

d'une des plus récentes maisons d'écoles construites à Paris, nous en reproduisons ici le plan du 1er et 2e étage, où sont les classes et celui du 3e étage où sont les ateliers et le logement du directeur.

En dehors de Paris, et même dans les plus grandes villes de France les difficultés matérielles, résultant de l'emplacement et du prix du terrain, ne sont pas aussi tyranniques qu'à Paris même. On peut souvent adopter une disposition analogue à celle que M. Pennequin, architecte à Lille, exposait cette année au ïrocadéro :

Dans ce plan (fig. 13), les bâtiments et les préaux couverts sont di posés de façon à offrir un abri aux élèves pour aller des classes aux lieux de recréation et aux privés ; cette disposition a pour avantage d'éviter la pose de galeries le long des classes et de lais.-er les châssis complètement libres pour l'introduction de l'air et de la lumière.

Les privés placés dans deux angles delà cour et bien degagésdes bâtiments ont leurs fosses ventilées par des cheminées d'appel établies dans le mur à partir de la voûte ; ces privés sont surmontés de lantern s ;.vec lames à jour et conduisent les mauvaises odeurs au-dessus des toitures; leur position les préserve de l'action solaire et empêche les vents de rejeter les gaz dans les bâtiments.

Les cours et les préaux sont dallés avec un béton composé de scories de houille et de goudron de gaz; ce genre de dallage, peu connu, est excellent ; employé à dose convenable, il a l'avantage de former une aire bien lisse, suffisamment dure tout en Tétant moins que l'asphalte et de ne coûter que 1 fr. 50 à 1 fr. -25 le mèire carré. Avec ce dallage l'écoulement des eaux se fait très facilement, on obtient des cours très propres et exemptes de poussière, de cette poussière désagréable qui a pour inconvénient de salir les enfants, les constructions, et de se coller sur les vitres des châssis au point d'obscurcir les salles.

Les diverses applications qui ont été faites de ce dallage sont très satisfaisantes.

Le règlement sur la construction des maisons d'école prescrit : d'élever le sol des classes de 60 à 70 centimètres au-dessus du niveau extérieur.

11 est évident qu'en élevant le sol des classes au-dessus du terrain, on assainit les salles, mais M. Pennequin pense que, pour obtenir ce résultat, il n'est pas absolument nécessaire de faire des perrons de 60 à 70 centimètres de hauteur au-dessus de la cour ; il croit qu'en établissant une bonne pente pour éloigner les eaux, un perron de deuxmarclies au maximum, soit 32 à 36 centimètres est suffisant ; et on évite alors des perdons qui présentent plusieurs inconvi nients qui peirv nt être résumés comme il suit :

1° La sadlie de ces perrons forme un obstacle à la circulation sur les trottoirs longeant les bâtiments ;

2° Ils sont dangereux en tous temps pour la descente, lorsque les

enfants sortent précipitamment des classes, et ils deviennent impraticables en hiver surtout en temps de neige ; ils forment un plan incliné lorsque les élèves viennent y détacher leurs patins de neige.

Le chauffage des classes est fait au moyen d'un grand calorifère en sous-sot prenant de l'air pur dans le jardin ; les conduits à grande section en poterie vernissée peuvent amener de l'air frais en ('■té.

Des cheminées d'appel ménagées dans les murs, et placées vers les angles des classes doivent enlever les miasmes ; ces cheminées ont un orifice constamment ouvert au niveau de la plinthe, et un autre garni d'une trappe mobile sous le plafond de la classe.

Si les villes veulent faire des frais plus considérables pour leurs écoles, l'architecte de Y École Monge qui a été si appréciée par les membres du Congrès d'hygiène de Paris, en 1878, M. Degeorge, leur offre, parmi les projets qu'il a mis cette année à l'Exposition des plans de bâtiments scolaires, un type d'école urbaine pour filles et garçons, qui se distingue par l'ingéniosité de sa conception.

Nous en donnons les dessins (fig. 14).

M. Degeorge, dans une courte note qu'il a bien voulu nous remettre avec son croquis, s'exprime ainsi :

Isoler les bâtiments de la rue, agencer les cours de telle façon que leurs masses d'air ne fassent qu'un et qu'elles s'ajoutent encore à celle de la voie d'accès, telle est la disposition générale de ce projet.

Une cour couverte servant de préau couvert et de gymnase, dessert toutes les classes, tant au rez-de-chaussée qu'au premier étage. Tous les mouvements scolaires, individuels ou groupés, se font dans cette cour.

Un inconvénient que pourrait faire redouter cette disposition, c'est l'élévation de la température pendant l'été. A Y Ecole Monge où la môme disposition a été adoptée sur une plus grande échelle, j'éprouvais tellement cette crainte que j'avais disposé sur le faitage un tuyau d'arrosage destiné à combattre cet inconvénient ; or, le fait est que ce tuyau n'est pas utilisé et que la température n'est jamais supérieure à celle de l'extérieur, (.l'ai une seule foiscnnstaté un degré de plus, j Ceci doit être attribué tant à la puissance d'évacuation du lanterneau, qu'à la disposition des parties vitrées par rapport aux bâtiments voisins. Et cetie puissance d'aération du lanterneau serait d'autant plus forte dans ce projet qu'elle serait encore activée par les baies latérales extrêmes du premier étage.

Les classes sont éclairées de deux côtés, toutefois l'un des côtés prenant jour sur la cour couverte ne reçoit qu'un jour mitigé et le résultat est tel que l'élève le plus défavorisé par le jour de gauche ne reçoit de droite qu'un jour égal en intensité au premier.

Les fenêtres sont supposées garnies de stores montants, en treillis de bois.

Le chauffage a lieu par un calorifère à eau chaude qui déter-

CONSTRUCTIONS SCOLAIRES

École urbaine pour filles et garçons. — Projet de M. Degeorge, architecte.

Légende du plan.

Rez-de-chaussée.

A. — Vestibule.

B. — Parloir.

Page 1