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FIÈVRE JAUNE

mersion des cadavres dans la mer (Talmy) seront réservées pour des cas spéciaux ; enduire les murailles et les planchers d'eau glycérinée pour retenir les poussières (Marey) ; choix d'infirmiers vigoureux ou ayant déjà subi une première atteinte; établissement de quarantaines et de cordons sanitaires très rigoureux, gardés par des troupes armées ; désinfection sanitaire à l'aide des vapeurs de soufre, de chlore, peut-être de sulfure de carbone, mais surtont à l'air chaud et à la vapeur surchauffée à -j- 115° ; administration d'un bain sulfureux aux personnes transportées ou déplacées ; lavage à la brosse et immersion prolongée des bêtes à laine dans l'eau phéniquée au 200e ; déchargement sanitaire des navires suspects ; fumigations concentrées de chlore dans les flancs du navire, combinées avec la projection sur les parois intérieures de vapeur d'eau à la pression normale ou sous pression d'une atmosphère.

M. Pasteur a fait suivre cet intéressant rapport d'une longue note, où il indique les expériences qui, théoriquement au moins, pourraient servir à élucider la question d'un germe microscopique spécial à cette redoutable maladie.

Fièvre jaune. — L'Académie de médecine a été aussi chargée, il y a quelques mois, par M. le ministre de la marine, de fournir des renseignements analogues sur la fièvre jaune et sur les causes de cette maladie, à la suite de la violente épidémie qui a décimé notre colonie du Sénégal l'année dernière, et qui, grâce à la température et aux mesures observées dans les lazarets, n'a pu se propager sur notre littoral. M. le ministre a prié l'Académie de « se livrer, au sujet de la fièvre jaune, à une enquête semblable à celle qu'elle a faite sur la peste en 1879, afin de guider les médecins de la marine dans leurs recherches et de faire connaître quels sont les faits acquis à la science, dont la pratique peut tirer profit dans le but de prévenir le retour d'épidémies pareilles à celle qui sévit, depuis trois ans, avec une extrême violence dans nos colonies. » On peut voir dans les bulletins épidémiologiques hebdomadaires de la Revue d'hygiène et dans un certain nombre de renseignements publiés par le Journal d'hygiène les récits de cette épidémie du Sénégal. En France, plusieurs navires arrivèrent à Mindin et à Pauillac avec des malades atteints de fièvre jaune ; plusieurs succombèrent dans leslazarets de ces localités.

M. Pasteur n'hésita pas à partir immédiatement de Paris pour Pauillac, espérant pouvoir étudier le principe de la fièvre jaune et peut-être cultiver le microbe dont l'analogie rend l'existence admissible ; mais la fièvre jaune est une maladie dont l'issue est foudroyante, rapide, et M. Pasteur n'a plus trouvé à Trompeloup que des convalescents ; après un séjour

assez prolongé, aucun navire infecté ou aucun cas nouveau ne se présentant, M. Pasteur a dû rentrer à Paris. M. le Dr Talmy partit peu de temps après pour le Sénégal, avec des instructions très détaillées et un plan de recherches que lui remit M. Pasteur.

L'importance du danger que la fièvre jaune peut faire courir à nos colonies, tant en Amérique qu'en Afrique, et même à la France a été tout particulièrement étudiée, depuis quelques années, par MM. les Drs Layet, Ballot, Saint- Vel, Corre dans divers travaux dont on verra les titres à V Index, et dans les ouvrages de M. le Dr Mahé (Programme de séméiotique et d'étiologiè pour l'étude des maladies exotiques, Paris, J.-B. Baillière, 1880) et Nielly (Éléments de pathologie exotique, Delahaye 1881)..

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