DÉSINFECTION DANS LES LAZARETS
lazarets pourraient être remplacés avec avantage sous tous les rapports.
C'est ainsi que nous sommes d'avis :
1° Qu'en ce qui concerne les fumigations, les vapeurs d'acide sulfureux pourraient être substituées à celles du chlore ; les fumigations sulfureuses seraient employées à l'intérieur des navires pour la désinfection des espaces clos, et dans les lazarets pour celle des vêtements, de la literie, des chiffons et des correspondances ;
2° Qu'en ce qui est de l'emploi des agents chimiques sous forme liquide, le chlorure de zinc en solution répondrait mieux qu'aucun des autres agents usités jusqu'à ce jour aux indications à remplir pour la désinfection de la sentine, de la cale des navires et des lieux d'aisances, et par conséquent pourrait les remplacer avantageusement. On emploierait à cet effet une solution titrée. La même solution pourrait remplacer la chaux ou le chlorure de chaux pour le badigeonnage des parois des navires et de l'extérieur des colis.
Le lavage des linges et tissus contaminés pourrait, dans le but de préserver les personnes chargées de cette tâche, être précédé de l'immersion pendant plusieurs heures dans de l'eau chaude additionnée d'une pi oportion déterminée de ladite solution de chlorure de zinc ;
3° Qu'enfin il est désirable que l'emploi de la chaleur comme moyen de désinfection vienne remplacer, dans tous les cas où il sera possible, les procédés chimiques précédemment recommandés.
Nous avons plus haut spécifié les cas et les circonstances où l'emploi de la chaleur serait certainement applicable avec bénéfice, et nous pouvons dès à présent considérer la question comme jugée en principe à l'égard de la plupart des provenances maritimes. Mais, tout en admettant les avantages du procédé, nous devons reconnaître que son mode d'application dans nos lazarets réclame encore des études dont le programme a été indiqué dans le cours de ce travail.
Les deux principaux- systèmes d'emploi de la chaleur, représentés parles appareils perfectionnés de Ransom et d'Esse, nous paraissent également applicables.
Cependant, nous inclinerions à donner la préférence au système fonctionnant par la vapeur surchauffée, parce que ce système est d'un emploi plus facile, plus à l'abri de l'incendie, moins offensif pour les objets à désinfecter ; parce que la température y est plus sûrement régularisée; parce qu'il peut être facilement installé et sans danger sur un ponton mouvant ; parce que la vapeur surchauffée destinée à son usage peut être utilisée d'une autre manière, par exemple à désinfecter l'intérieur des navires.
Néanmoins, nous admettons que des études sont encore nécessaires en vue du choix à faire parmi les différents systèmes d'appareils.
Pour ces études, c'est-à-dire pour les expériences à instituer, le Comité pourrait mettre à profit l'offre faite par M. le directeur de l'Assistance publique de concourir à ces expériences qui pourraient, d'autre part, être utilisées au point de vue des hôpitaux de
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Paris ; ou bien prier M. le ministre de faire appel aux constructeurs d'appareils de ce genre qui consentiraient à ce que leurs systèmes. fussent expérimentés sous les yeux du Comité, avec la condition que l'auteur du modèle choisi aurait la fourniture des appareils nécessaires. Viendrait ensuite le devis à établir pour l'installation et le fonclionnement de chaque appareil.
En conclusion, la commission, considérant, d'une part, que la mise en usage des procédés chimiques qu'il lui paraît avantageux de substituer à ceux actuellement employés dans nos lazarets est d'une réalisation immédiate, facile et non dispendieuse, est d'avis que le Comité soumette à l'approbation de M. le ministre les propositions suivantes :
1° Qu'en attendant la mise en pratique de l'emploi de la chaleur comme moyen de désinfection, les fumigations sulfureuses soient substituées dès à présent à celles de chlore;
2° Qu'une solution titrée de chlorure de zinc remplace tous les autres liquides employés à la désinfection de la sentine, de la cale et des lieux d'aisances des navires, à celle de leurs parois et de la surface extérieure des colis, et que la même solution titrée, ajoutée à de l'eau bouillante dans une proportion convenable, serve à désinfecter les linges et objets contaminés qui doivent être soumis aux lavages ;
3° Que des instructions détaillées soient adressées à cet effet aux agents sanitaires du littoral.
La commission, considérant, en outre, que l'application de la chaleur à la désinfection de la plupart des provenances maritimes est d'une supériorité incontestable et que, par conséquent, il est à désirer que ce moyen soit mis en pratique le plus promptement possible, propose au Comité de prier M. le ministre de l'agriculture et du commerce d'autoriser les études encore nécessaires à cet effet et d'accorder au besoin le crédit qu'elles pourront nécessiter. — (Un crédit de 20,000 francs a été sollicité du Parlement à cet effet.)
Peste. — On sait qu'en 1879 une épidémie de peste survenue à Vetlianka, sur les bords de la mer Caspienne, eut un grand retentissement en Europe ; le gouvernement français, à l'exemple de ceux des autres nations, envoya M. le Dr Zuber pour étudier cette épidémie ; son rapport a été publié dans le Recueil des travaux du Comité consultatif d'hygiène publique (J.-B. Baillière, 1881). A cette époque, l'Académie de médecine approuva un rapport de notre ancien président M. le Dr Rochard sur « les recherches qu'il reste encore à faire pour élucider les points obscurs que présente l'étude de la peste » ; les mesures préventives recommandées dans ce rapport sont les suivantes :
Disperser les grandes agglomérations (licenciement des pensionnats, casernes remplacées par le campement sous la lente) ; isolement rigoureux dans des hôpitaux spéciaux ; inhumation très profonde avec une couche de chaux; la crémation ou l'im-