‹ L'etude et les progrès de l'hygiène en FranceChapitre 109 sur 174 · MOIS · texte numérisé non relu

MOIS

2tl

Avril

Mai

Juillet

Septembre

Novembre

Totaux annuels . . .

« Ces chiffres montrent, ainsi que le dit M. Besnier, l'extrême irrégularité que présente la marche de la variole dans son évolution multi-annuelle, c'est-à-dire au cours des années, et combien cela est particulier à cette fièvre éruptive à laquelle aucune autre ne peut-être comparée sous ce rapport : une année à paroxysme épidémique excessif peut être précédée ou suivie par une année stérile. Cela est pour nous digne de grande attention, non pas seulement à titre de notion de précision épidémiologique, mais encore parce que ces écarts extraordinaires et brusques, ces inégalités excessives à courte échéance vont absolument à rencontre de cette opinion qui suppose les populations, à certains moments, saturées ou désaturées de virus variolique ou vaccinal. Il est évident que ces prétendues oscillations de la réceptivité variolique ne sauraient se produire que graduellement, et non pas éclater à la manière de véritables orages qui montent plus ou moins lentement mais évoluent toujours avec une rapidité relative. »

D'un antre côté, notre collègue M. le Dr Du Mesnil, dans une communication en 1880 à la Société de médecine publique, et notre président d'honneur, M. le Dr Boucharciat, dans un rapport en date du 20 août 1881 à M. le Préfet de police au nom du Conseil d'hygiène de la Seine, ont appelé l'attention sur les particularités de la mortalité variolique à Paris.

Au point de vue des recherches pathogéniques sur cette maladie, nous signalerons le développement de microbes infectieux très abondants que M. le Dr Jolyet a reconnu dans la lymphe des pigeons atteints de variole (ou picote) (Académie des sciences, 1881) et les préparations histologiques présentées par 31. le Dr J. Strauss à la Société de biologie au commencement du mois d'août 1882 dans lesquelles on peut étudier la

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pustule vaccinale du veau depuis le premier jour de l'inoculation jusqu'au huitième; on y voit dans certaines places des amas de micrococcus et dans le voisinage des traînées qui indiquent probablement la diffusion par les voies lymphatiques ; des expériences semblables ont été faites par M. Strauss sur le lapin, le cochon d'Inde, etc., et le seront, s'il est possible, sur l'homme. Ces recherches sont à rapprocher des examens microscopiques publiés par notre collègue M. P. Mégnin, dans le Journal d'hygiène (1880) sur les divers vaccins.

Un fait domine depuis 1878, en France, toutes les recherches faites en faveur de la prophylaxie de la variole : c'est le dépôt au Parlement, en .1880, par notre collègue M. le D1' Henry Liouville, député, d'une proposition de loi tendant à rendre obligatoires la vaccination et la re vaccination. Cette proposition de loi était ainsi conçue :

Art. 1 . — La vaccination est obligatoire ; elle doit être pratiquée dans les six premiers mois de l'existence.

Art. 2. — La revaccination est également obligatoire, tous les dix ans, dans le cours des dixième, vingtième, trentième, quarantième et cinquantième années.

Art. 3. — Lors de la déclaration de la naissance d'un enfant, il sera gratuitement remis aux déclarants un Bulletin de vaccine, détaché d'un livre à souche sur lequel hulletin devront être inscrits les résultats de la première vaccination et des revaccinations subséquentes. Lors de chaque inscription, ce Bulletin, sera signé par un des docteurs en médecine exerçant dans l'arrondissement; la signature en sera légalisée.

Il devra être représenté à toute réquisition de l'autorité.

Art. 4. — Les parents et tuteurs, ainsi que toutes personnes convaincues d'infractions aux articles précédents, seront passibles d'une amende de 1 à 25 francs, et, en cas de récidive, d'une amende de 25 à 100 francs.

Art. 5. — En cas de récidive, les noms des contrevenants seront affichés à leurs frais à la porte de la mairie de leur domicile.

Art. 6. — La présentation du Bulletin de vaccine, portant application de la présente loi, sera obligatoire à l'entrée des établissements d'instruction primaire, secondaire, à l'arrivée dans l'armée, à l'entrée de toutes les administrations de l'Etat.

Art. 7. — Un règlement d'administration publique assurera l'exécution de la présente loi, conformémeut à l'ordonnance du 20 décembre 1820, et aux arrêtés ministériels des 16 juillet 1823, 10 août 1848 et 7 octobre 1879.

Cette proposition fut adoptée par la commission d'initiative parlementaire sur le rapport de notre collègue M. le DrMougeot, et renvoyée à une commission spéciale qui lui fit subir les modifications suivantes, à la suite d'un rapport de M. le Dr Lemasuet :

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