‹ L'etude et les progrès de l'hygiène en FranceChapitre 111 sur 174 · VACCINATION OBLIGATOIRE · texte numérisé non relu

VACCINATION OBLIGATOIRE

génisse ; la notice se termine par ces mots : « La revaccination s'impose comme un devoir à tout bon citoyen. »

A peine la loi Liouville était-elle adoptée en première lecture, que M. le Dr baron Larrey, alors député, sollicita l'avis de l'Académie de médecine dont il fait également partie; quelques jours après, M. le ministre de l'instruction publique et M. Liouville s'associaient à cette demande. Sur le rapport de M. le Dr Blot, directeur du service de la vaccine, et après une discussion très vive qui dura plusieurs séances, l'Académie formula ainsi qu'il suit son opinion (Bulletin de l'Académie de médecine, 1881):

« Considérant que : 1° la vaccination est, sauf exceptions extrêmement rares, une opération inoffensive quand elle est pratiquée avec soin et sur des sujets bien portants; 2° sans la vaccine, les mesures indiquées par l'hygiène (isolement, désinfection, etc.) sont, à elles seules, insuffisantes pour préserver de la variole ; 3° la croyance au danger de vacciner ou de revacciner, en temps d'épidémie, n'est nullement justifiée ; 4° la revaccination, complément nécessaire de la vaccination pour assurer l'immunité contre la variole, doit être pratiquée dix ans au plus tard après une vaccination réussie, et répétée aussi souvent que possible, quand elle n'a pas été suivie de cicatrices caractéristiques,

« L'Académie pense qu'il est urgent et d'un grand intérêt public qu'une loi rende la vaccination obligatoire. Quant à la revaccination, elle doit être encouragée de toutes les manières, et même imposée par des règlements d'administration, dans toutes les circonstances où cela est possible. »

La lre de ces conclusions a été adoptée par 49 oui contre 19 non, et 2 bulletins blancs ; la 2e conclusion a été également adoptée, ainsi qu'un amendement de M. Trélat demandant que la revaccination soit imposée par les pouvoirs municipaux partout où les médecins des épidémies et les Conseils d'hygiène leur auront signalé la nécessité de cette obligation. Enfin, sur l'observation de M. Lefort, que l'isolement des vârioleux était le complément nécessaire des mesures prophylactiques contre la variole, et que l'occasion était favorable pour attirer sur ce point l'attention du ministre et des Chambres, l'Académie a voté l'adjonction de cette observation.

De son côté, le Conseil d'hygiène de la Seine, dans sa séance du 19 août 1881, sur le rapport de M. Bouchardat, regarda comme urgentes les mesures suivantes :

1° La promulgation prochaine d'une loi sur la vaccination et la revaccination obligatoires ;

2° Le vote d'un crédit suffisant pour assurer, pour toute la France, la production et la distribution permanente de bon vaccin ;

362 MALADIES ÉPIDÉM1QUES.

3° La fondation à Paris d'un hôpital de varioleux loin des centres d'habitation, d'où les malades ne pourraient sortir que lorsqu'ils ne seraient plus un danger public, en propageant dans la ville les germes de la maladie.

Par contre, en ce qui concerne l'obligation de la vaccination et de la revaccination. M. le Dr de Pietra-Santa écrivit à cette occasion deux lettres au Parlement (Journal cl' hygiène, 1880 et 1881) dans lesquelles il concluait que : 1° le projet de loi sur la vaccination obligatoire n'est pas opportun ; 2° de nombreuses difficultés (défaut d'argent, pénurie de vaccin, manque devaccinateurs), résultant de l'état présent de nos institutions d'hygiène en général et de vaccine en particulier s'opposent à son application pratique; 3° l'obligation de la vaccination en général et en particulier des revaccinations décennales n'est pas établie sans conteste dans l'état actuel de nos connaissances médicales, et d'ailleurs les services de vaccine actuels ne se prêtent pas à cette amélioration.

Mesures prophylactiques : vaccine, isolement, désinfection. — Parmi les motifs invoqués par les partisans de la vaccination et de la revaccination obligatoires, l'un des plus souvent rappelés fut celui qu'indique le court relevé suivant, fait par notre collègue M. le Dr Bertillon à l'aide de ses recherches statistiques :

Mortalité à Paris par la variole et la fièvre typhoïde enl8SQ et 1881.

Civils.

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