La stomatite ulcéreuse et la diphtérite
29. — La grippe. Intérêt de son étude ; elle est le type des grandes épidémies qu'on rapporte à un facteur morbifîque obscur, et pourtant M. le professeur Colin se refuse à admettre une différence nosologique entre elle et le catarrhe saisonnier.
30 et 31. — Des épidémies. Caractères généraux. Aptitude des affections précédentes à devenir épidémiques. Distinction en grandes et petites épidémies ; importance secondaire de celte distinction. Causes des épidémies; critique de l'ancien dogme du génie épidémique ; les causes des épidémies sont complexes et se résument dans les influences pathogéniques ordinaires : milieux épidémiques, leur importance.
Écoles de médecine navale. — Dans nos trois Écolts de médecine navale, à Brest, Rochefort et Toulon, sont professés des cours d'hygiène navale et de pathologie exotique et des conférences d'épidémiologie exotique. De plus, le ministre de la marine a prescrit un cours hebdomadaire d'hiver, spécial aux officiers des différents corps de la marine ; c'est ainsi qu'à Brest, M. le Dr Nielly, chargé dans cette ville de ce cours complémentaire de son enseignement, lui donnait pour sujet l'étude de l'acclimatement et de l'acclimatation de l'homme dans les régions torrides ; les grandes divisions de ce cours étaient celles du livre qu'il a publié récemment sur ce sujet : la géographie torride et la géographie polaire, leurs influences sur les fonctions, leur influence pathogénique, l'acclimatement, l'acclimatation. Ce cours, ou plutôt ces conférences, se faisaient en 2o leçons.
M. le Dr Nielly a eu l'obligeance de nous envoyer le pro-
gramme de son cours d'hygiène et de pathologie exotique, professé en deux semestres d'hiver :
Cours d'hygiène et de pathologie exotique a l'École de médecine navale de Brest (M. le Dr Niellv, professeur). — (Cours professé en 2 ans.)
I. Cours d'hygiène. — 1° Hygiène navale. — Matériaux de construction des navires. Architecture des bâtiments en bois et en fer. Types de la flotte actuelle. Topographie et conditions hygiéniques 1° de la cale ; 2° du faux-pont ; 3° des batteries ; 4° de l'hôpital ; 5° des logements. Approvisionnements nautiques. Chargements. Etude spéciale des transports-hôpitaux du type « Annamite ». Physique de la mer. Atmosphère du large. Sa pureté. Atmosphère du navire dans ses compartiments intérieurs. Lumière et éclairage à bord. Température intérieure du navire. Humidité nautique. Sa cause. Cubage des lieux habités. Causes des viciations de l'air du navire. Assainissement des navires. Recrutement des hommes de la flotte. Hygiène des diverses professions spéciales des marins. Hygiène spéciale du personnel des machines. Vêtement du marin. Alimentation du marin. Action hygiénique et pathogénique des divers climats sur les marins.
2° Hygiène générale. — De l'air atmosphérique dans ses rapports avec la pathogénie. Influences pathogéniques des eaux telluriques et du sol. Potabilité des eaux. De l'alimentation dans ses rapports avec la genèse des maladies. Habitations privées. Habitations publiques et plus spécialement des casernes et des hôpitaux.
IL Cours de pathologie exotique. — 1° Maladies infectieuses . — Fièvre jaune. Pathologie. Choléra. Peste. Typhus pétéchial. Typhus récurrent. (Etude spéciale des épidémies récentes.) Typhus abdominal. Ses caractères spéciaux dans les climats torrides. Dengue. Pathologie. (Etude spéciale des épidémies récentes.) Maladies palustres. A. Fièvre. B. Maladies larvées. C. Cachexie. Etude spéciale de la géographie et de la prophylaxie.
2° Maladies des organes et des appareils. — Boutons exotiques. Ulcère phagédénique des pays chauds. Lèpre. Pinta. Aïnhum. Verruga du Pérou. Eléphantiasis des Arabes. Lymphangites et lymphangiectasies exotiques. Hématochylurie. Coup de chaleur. Coup de soleil. Diarrhées aiguë et chronique. Dysenterie. Hépatite. Maladie du sommeil. Héméralopie. Béribéri et scorbut. Syphilis exotique. Influence des climats sur le développement et la marche de la phtisie pulmonaire. Anémies essentielle et symptômatique des pays chauds. Tétanos.
3° Animaux ei végétaux nuisibles — Animaux et végétaux parasites. Animaux et végétaux non parasites. Flèches empoisonnées et poisons d'épreuve.
Notre collègue, M. le Dr Bourru, en nous envoyant le programme ci-après de son cours à l'école de Rochefort, nous fait en même temps remarquer, comme on le verra plus loin, que les élèves des Écoles de médecine navale sont favorisés, par
l'organisation même de ces Écoles, pour toutes les recherches et démonstrations de laboratoire, et que là seulement, en France, on trouve un enseignement de géographie médicale :
Cours d'hygiène et de pathologie exotiques a l'école de médecine navale de Rochefort. (M. le Dr Bourru, professeur.)
I. Hygiène générale. — A. Milieu cosmique. — 1. Air : modifications et altérations de l'air; milieux professionnels : gaz, poussières, air comprimé, maladies produites par les altérations de l'air; moyens de purifier et renouveler l'air; chauffage; ventilation; aération. — 2. Météores : lumière, chaleur, humidité, pression. — 3. Climats : division et caractéristique des climats, acclimatement et acclimatation ; hygiène des Européens dans les pays chauds, sanitaria, rapatriement.
B. Hygiène des villes : Sol, atmosphère, habitations, voiries urbaines, distribution de l'eau dans les grandes villes.
D. Hygiène no socomiale.
E. Hygiène individuelle : Du tempérament, delà constitution, de la vigueur relative, moyens de les améliorer; influence des âges, des sexes, de l'hérédité, de la consanguité sur la genèse des maladies et la reproduction de l'espèce; influence du repos, de l'exercice, du travail sur la santé et la genèse des maladies. — Aliments : classification, composition, valeur nutritive des éléments de la bromatologie ; ration alimentaire, quantité, qualité, variété suivant les circonstances : alimentation insuffisante, conséquences sur la santé publique, eau potable, qualités, moyens de les reconnaître, approvisionnement, purification; boissons alcooliques; effets de l'abus des liqueurs fermentées sur la santé publique, moyens proposés pour combattre l'alcoolisme; boissons aromatiques et acides. — Vêtements, couchage. — Bains. — Hygiène de la vue, particulièrement dans les pays chauds.
F. Prophylaxie des épidémies : Mesures quarantetiaires. Désinfection sanitaire, prophylaxie de la syphilis.
II. Hygiène navale et militaire. — A. Le navire. — 1 .Matériaux, construction, aménagement, chargement, passagers, navires-transports et navires -hôpitaux, qualités hygiéniques et comparaison des principaux types de navires ; atmosphère du navire : ses altérations, moyens de les constater, moyens de désinfection et d'assainissement, aération, ventilation. — 2. Aliments de l'homme de mer : Approvisionnement, conservation, altérations, falsifications (à bord), composition et valeur nutritive de la ration du marin; modifications dont elle serait susceptible suivant les campagnes et les circonstances. — 3. De l'eau à bord des navires : Examen, approvisionnement, assainissement, distribution de l'eau, historique et critique des moyens d'obtenir l'eau distillée à bord, avantages et inconvénients de l'eau distillée. — 4. Précautions à prendre pour sauvegarder la santé des équipages : devoirs du médecin, à bord des navires, en temps d'épidémie. — 5. Recrutement des marins; moyens propres à apprécier le degré de santé et la vigueur des recrue». —
6. Influences du moral, des excès, des passions du marin sur sa santé. — 7. Hygiène des professions variées de l'homme de mer. — 8. Saturnisme sur les navires : Étiologie; formes pathologiques, prophylaxie.
B. Hygiène de la profession militaire (étude succinte).
III. Pathologie exotique et géographie médicale. — Peste d'Orient, choléra indien , fièvre jaune, typhus exanthématique, fièvre récurrente, dengue , maladies paludéennes (intoxication chronique, cachexie, fièvres paludéennes rémittentes et continues, fièvres graves et pernicieuses, fièvre ictéro-hématurique en particulier, étude comparative avec la fièvre jaune, anémie tropicale, diarrhée endémique des pays chauds, dysenterie endémique, hépatites aiguës et chroniques des pays intertropicaux, hématurie tropicale, manifestations pathologiques de la peau dans les pays chauds, scorbut et béribéri (étude comparative), ictère, hémorragies, albuminerie et autres troubles de la fonction urinaire dans les maladies des pays chauds, anatomie pathologique du tube digestif, de la rate, du foie dans les maladies des pays chauds, mélanémie paludéenne.
Maladies épidémiques des pays chauds : étiologie, prophylaxie, maladies endémiques et épidémiques, climats, localités, races, etc. (influence de ces conditions sur leur développement); de la chaleur dans la pathogénie des maladies des pays chauds, insolation, coup de chaleur; parasites et organismes microscopiques, leur influence sur la genèse des maladies exotiques, végétaux toxiques exotiques, animaux toxicophores exotiques, distribution générale des principales maladies sur le globe; géographie en particulier du paludisme, de la fièvre typhoïde, de la pthisie pulmonaire, influence des circonstances géographiques et topographiques sur le développement de la tuberculose.
Observations. — ■ Ces vastes programmes ne sauraient être traités, avec développements suffisants, pendant une période ordinaire de cours. Comme, d'autre part, le personnel des jeunes médecins se renouvelle incessamment par suite des obligations du service à la mer et aux colonies, le professeur jouit de la plus grande latitude pour traiter telle ou telle partie de son enseignement et le rendre réellement instructif par des développements suffisants.
La partie spéciale de ces programmes, celle sur laquelle portent nos efforts est la partie la plus utile aux praticiens des pays exotiques et aux médecins navigateurs. C'est d'abord l'hygiène du navire et du marin, puis l'étude des maladies étrangères à nos climats, des grandes épidémies, des moyens de les arrêter, de les prévenir qui font la spécialité et, je dirai, l'originalité de notre enseignement. Par ce côté, la chaire d'hygiène et de pathologie exotiques des écoles de médecine navale est en contact avec la chaire d'épidémiologie du Val-de-Gràce.
Je crois que ces questions capitales de médecine publique ne sont guère enseignées en France que dans les écoles de médecine navale et militaire.
Laboratoire. — Le professeur d'hygiène n'a pas de laboratoire
spécial. Lacune regrettable, mais qui ne saurait surprendre puisque la plupart de nos grandes Facultés, sans excepter celle de Paris, ne sont pas mieux pourvues!
A dire vrai, nous sommes mieux outillés que les professeurs des Facultés, grâce à la disposition de nos écoles.
Chaque école est annexée à un grand hôpital, logée dans le même édifice, profitant, pour chaque détail, de tout l'ensemble de l'établissement.
Aux laboratoires de chimie, s'analysent non seulement tous les médicaments, mais aussi toutes les substances alimentaires destinées à l'approvisionnement des vaisseaux (vins, farines, etc., etc.). Toutes les matières industrielles dont la marine a besoin passent aussi par les mains du professeur de chimie et de son agrégé. Il en est beaucoup dont l'hygiène ne se désintéresse pas : peintures, vaisselles d'élain, boites à conserves alimentaires, substances désinfectantes, etc., etc. Nos médecins, sur les navires, savent donc qu'ils peuvent avoir une confiance entière dans la pureté de ces produits ou ustensiles.
Quant à l'enseignement de l'hygiène, s'il n'a pas un laboratoire spécial, il tient à sa disposition toutes les ressources des laboratoires de chimie, de physique, et pour les appareils et pour les produits. Chaque fois qu'il m'est nécessaire, je conduis mes élèves à la salle de cours du professeur de chimie et, là, je leur fais les leçons avec expériences à l'appui, sur l'analyse de l'eau potable, la recherche du plomb, etc., etc. S'il s'agit de recherches originales, les mêmes ressources sont à ma disposition.
J'insiste sur ce point, que l'enseignement de l'hygiène dans nos écoles peut se donne)' avec manipulations pratiques à l'appui, grâce à la libre disposition des laboratoires de chimie, de physique, et même d'anatomie.
Depuis trois ou quatre ans, les médecins des navires sont pourvus d'un nécessaire, contenant une trentaine de réactifs, des papiers réactifs divers, quelques tubes, etc., avec densimètres, thermomètres, etc.
C'est un progrès sérieux qui prouve que l'Administration comprend la nécessité des recherches de ce genre et montre aussi que les médecins ont acquis une instruction plus avancée dans cette partie des sciences médicales. Le médecin-major peut ainsi, à l'étranger, contrôler d'une façon pratiquement suffisante, la qualité des substances alimentaires qu'il faut acheter, de l'eau puisée à terre, etc.
École d'antropologie de Paris. — Nous rappelons ici, pour mémoire, que nos collègues MM. les docteurs Bertillon et Bordier font à l'École d'anthropologie de Paris, le premier, un cours de démographie, et le second, un cours de géographie médicale. Le programme du cours de démographie a paru dans les Annales de démographie .
Écoles de médecine vétérinaire. — En outre des chaires d'hygiène et de zootechnie existant depuis longtemps dans nos trois Écoles vétérinaires d'Alfort, de Lyon et de Toulouse ; en
outre aussi de l'enseignement qui y est donné par divers professeurs sur les récentes découvertes concernant la pathogénie des affections contagieuses, découvertes auxquelles un certain nombre de professeurs de ces Écoles ont pris une si grande part, des cours d'inspection des viandes de boucherie viennent d'y être organisés, grâce à M. Bouley, inspecteur général des services vétérinaires, l'un de nos anciens présidents. Ces cours sont faits aux élèves de quatrième année. M. F. Peuch a eu l'obligeance de nous remettre le programme de celui qu'il professe à l'École vétérinaire de Toulouse :
Cours d'inspection des viandes de boucherie, professé à l'École nationale vétérinaire de Toulouse. (M. F. Peuch, professeur.)
Introduction générale. — Il est indispensable, avant d'aborder l'étude de l'inspection des viandes de boucherie, d'avoir des notions précises sur la législation applicable à cette matière, les dispositions principales des abattoirs et la préparation des animaux pour la vente de la viande. Ces notions servent d'introduction générale.
1. Objet et but de l'inspection des viandes de boucherie, importance au double point de vue de l'hygiène publique et de l'intérêt professionnel. Statistique relative à la consommation de la viande.
2. Législation. Coup d'œil historique. Loi du 16-24 août 1790, article 3, n° 4, titre II. Loi du 27 mars, 1er avril 1851, articles 1, 3 et 5. Loi du 21 juillet 1881, article 14 et 32. Aperçu général sur l'organisation du service d'inspection des viandes de boucherie en France. Dispositions en vigueur à Paris, à Lyon, Bordeaux et Toulouse. 3. Les abattoirs. Législation. Aperçu historique; décret du 9 février 1810; id., du 15 octobre 1810; ordonnance du 25 avril 1838; décret du 1er août 1864; décret du 31 décembre 1866; décret du 22 juin 1882, portant règlement d'administration publique sur la police sanitaire des animaux, articles 89 et 90. Disposition générale des abattoirs au point de vue de la salubrité publique. Situation, isolement, distribution de l'eau. Dispositions intérieures des abattoirs au point de vue du travail qui s'y effectue. Réception et utilisation du sang. Aménagement des échaudoirs, des fondoirs, des ateliers de triperie et des tueries à porcs. 4. Abatage des animaux de boucherie. Grands ruminants. Procédés divers. Assommement. Emploi de l'appareil Bruneau, avantages. Emploi du merlin anglais. Procédé Israélite, énervalion. Veaux, moutons et porcs. 5. Préparation du cadavre pour la vente de la viande. — Enlèvement de la peau, ouverture de l'abdomen et de la poitrine, extraction des viscères. Coupes des animaux de boucherie dans les principales villes de France; répartition des morceaux de viande en trois catégories. Marque du service sanitaire.