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L'ENFANT A L'ATELIER

l'autorité supérieure municipale, qui connaît ces obstacles opposés par la routine, s'applique à les faire disparaître.

On peut voir tout l'intérêt et toute l'importance qu'il y aurait à confier partout à un médecin hygiéniste l'inspection sanitaire des écoles, par la lecture du remarquable rapport adressé au préfet delà Gironde par notre collègue de Bordeaux, M. le professeur Layet, sur les Écoles communales de la Gironde, considérées au point de vue de l'hygiène {Gazette hebdomadaire des sciences médicales de Bordeaux, 1882) (1).

L'enfant a l'atelier. — Relativement à l'hygiène de l'enfance industrielle, il n'a été apporté encore aucune modification à la loi du 19 mai 1874.

On sait que cette loi n'admet au travail des ateliers que les enfants âgés de 1 2 ans au moins, excepté dans un petit nombre d'industries où ils peuvent être employés dès 10 ans. — La durée du travail est de 6 heures par jour jusqu'à 12 ans ; de 12 heures après 12 ans, à la condition que les enfants soient munis d'un certificat d'instruction, faute duquel ils ne pourraient, jusqu'à lo ans, travailler que 6 heures par jour.

La loi a institué pour toute la Fiance 15 inspecteurs divisionnaires. Ce nombre est insuffisant, et il est question de l'augmenter. Mais les départements ont le droit de créer des inspecteurs départementaux, en nombre suffisant pour assurer le bon fonctionnement du service. Cette faculté, laissée par la loi, est mise rarement à profit par les Conseils généraux ; un certain nombre d'entre eux ont pourtant créé une place d'inspecteur départemental, mais c'est seulement dans le département de la Seine que le Conseil général, sur les instances de M. de Heredia, a organisé sérieusement l'inspection. Il a été créé 9 places d'inspecteurs, 9 places d'inspectrices, et 4 places nouvelles viennent d'être mises au concours.

C'est là, on peut le dire, le plus grand progrès qui ait été réalisé depuis 4 ans dans l'hygiène de l'enfance industrielle.

Beaucoup d'hygiénistes estiment chez nous que ce service devrait être réuni aux services sanitaires qu'on souhaite de

(l) Au moment de mettre sous presse, nous trouvons dans le Journal officiel (juillet 1882) divers arrêtés do M. le ministre de l'instruction publique réglementant les programmes do l'enseignement dans les écoles maternelles, dans les lycées et collèges de jeunes filles, au point de vue tout particulièrement des exercices physiques. D'autres arrêtés do M. le ministre de la guerre viennent d'organiser les bataillons scolaires et les exercices militaires de ces bataillons. Une Ligue des patriotes présidée par M. Henri Martin et ayant pour délégué M. Deroulôde vient aussi de se constituer, afin « d'entretenir les forces morales et les forces physiques de la nation » par l'éducation militaire pratique, par l'enseignement de la gymnastique et du tir. Le siège social de cette Ligue est, 22, rue Saint-Augustin, à Paris.

voir centraliser. Cette loi du 19 mai 1874, est, en effet, une loi d'hygiène publique, ou bien elle n'a aucune raison d'exister. Le service d'inspection pourrait être réuni à celui des établissements classés ; il ne devrait pas être divisé comme il l'est actuellement au point de vue du recrutement : les inspecteurs divisionnaires étant choisis par l'État,et les inspecteurs départementaux par les Conseils généraux ; enfin, on souhaite généralement de voir le contrôle de ce service échapper à des commissions locales absolument incompétentes la plupart du temps, et de le voir confier aux Conseils et Commissions d'hygiène (1).

Un très grand nombre de Sociétés privées s'occupent de patronner les apprentis et les enfants employés dans l'industrie(2).

La Ville de Paris, pour aider à l'application de la loi en ce qui touche à l'instruction, et en attendant l'application de la loi sur l'enseignement obligatoire, a créé dans les arrondissements industriels des écoles de demi-temps ouvertes de 4 heures à 7 heures du soir et où peuvent aller les enfants illettrés âgés de 12 à 16 ans.

Nous terminons là ce chapitre déjà si étendu, relatif aux progrès et à l'hygiène de l'enfance dans notre pays depuis 1878. En ce qui concerne la protection des enfants contre les dangers des mécanismes, on peut consulter le chapitre Hygiène industrielle et professionnelle et pour l'enfant malade, on trouvera les renseignements nécessaires aux chapitres Hôpitaux et Maladies contagieuses.

(1) L'un de nous a fait en 1880 une communication sur le travail des enfants ii la Société de médecine publique (H. Napias. Dispositions prises dans les différents pays de l'Europe pour proléger la santé des enfants travaillant dans l'industrie. Voy. Bulletin, t. lit. et Revue d'hygiène 1880).

(2) La plus active de toutes est la Société de protection des apprentis, dont le siège social est à Paris, ii, rue de Rennes. Son conseil d'administration est actuellement composé comme suit : MM. Dumas, membre de l'Académie française, secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences, président ; Frédéric Engel-Dollfus, manufacturier, Faustin-Hélie, juge au tribunal civil de la Seine, président du Comité judiciaire, Léon Hiélard, président du Syndicat général de l'Union (/éne/ale, le Dr Marjolin, chirurgien honoraire des hôpitaux, Charles Robert, ancien conseiller d'État, vice-présidents ; Léon Renault, avocat, député, secrétaire général ; Ernest Nusse, avocat, secrétaire ; Paul Rérard, professeur à l'école Turgot, trésorier ; A. Chaux, imprimeur, fondateur d'une école professionnelle de jeunes typographes, Félix Follot, président du patronage du papier peint, Groult, fondateur de l'internat manufacturier de Vitry, Henri Lemoine, président fondateur du patronage des enfants employées dans l'ébénisterie, Isidore Roche, ancien manufacturier, viceprésident du Comité de placement des apprentis de la Société, R. ïurney, président de l'Assistance paternelle des enfants des fleurs et plumes, censeurs.

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