‹ L'etude et les progrès de l'hygiène en FranceChapitre 44 sur 174 · MATÉRIAUX DE CONSTRUCTION · texte numérisé non relu

MATÉRIAUX DE CONSTRUCTION

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Fig. 138. — Dispositif expérimental, imagine par M. le Dr Layet, pour recherche les coefficients de porosité des pierres employées dans les constructions.

Jiime identiques, représentant des parallélépipèdes mesurant 242 centimètres 500 millimètres cubes; il les plongea dans un même bain d'eau pure d'un demi-centimètre de profondeur et maintenu approximativement toujours au même niveau; la partie émergente de chaque pierre avait 12 centimètres de hauteur. M. Poincarré reconnut alors facilement que le maximum d'augmentation de poids n'était pas le même pour toutes les pierres et qu'il n'était pas atteint dans le même temps. — De même pour les ciments, il en formait des pyramides de même volume, qu'il immergeait par leurs bases, dans les mêmes conditions, pendant quinze jours. Il trouva que les pierres dites de Balin et de Chavraine sont celles qui exposent le moins aux effets de l'humidité et que le ciment sablé doit être préféré à tous les autres. Ayant enfin plongé dans l'eau deux de ces pierres, après les avoir recouvertes de deux couches de vernis, dits hydrofuges, étendues avec le'plus grand soin sur chacune d'elles, et ensuite deux autres pierres qui avaient reçu six couches successives de vernis, il put déclarer qu'on ne saurait espérer une certaine sécurité qu'en faisant appliquer sur les murs au moins six couches de vernis.

M. le Dr Berlin, professeur d'hygiène à la Faculté de médecine de Montpellier, a bien voulu nous informer qu'il avait imaginé un système qu'il appelle un voluménomètre et qui

ATMOSPHÈRE DES HABITATIONS. loi

donne par une manœuvre très simple et très rapide, d'une façon mathématiquement exacte, le volume des pores d'un corps tel qu'un échantillon de sol ou pierre à bâtir; la description de cet instrument sera bientôt publiée.

Atmosphère des habitations. — Il est souvent indispensable de connaître la teneur en acide carbonique d'un logement habité, si l'on veut juger de son état de salubrité; un grand nombre d'appareils* ont été imaginés à cet effet dans divers pays; ils sont reproduits dans les Traités d'hygiène et les ouvrages spéciaux ; M. le Dr Braud, entr'autres, dans ses recherches sur l'air confiné (Annales d'hygiène, 1880), a étudié très complètement cette question; M. le Dr Bertin (de Montpellier) vient d'inventer un nouvel appareil très simple, dont voici la description :

Un flacon de 10 litres contenus dans un seau d'égale contenance à peu près permet, sans trop d'encombrement, d'établir l'aspirateur à eau connu dans tous les laboratoires; on fait alors passer ces dix litres d'air dans un tube barboteur très fin et terminé intérieurement par un robinet d'écoulement. Cette disposition permet d'aspirer énergiquement l'air, de le diviser en minces bulles et de bien le laver pendant l'ascension de. ces fines bulles à travers la haute colonne de liquide alcalin contenu dans le petit tube. Le liquide est une lessive de soude, grâce à laquelle tout le sel formé par la fixation de l'acide carbonique reste en dissolution ; il ne s'en perd donc pas par le dépôt d'un précipité. Lorsque dans ce tube barboteur les dix litres d'air ont été lavés avec cinq centimètres cubes de lessive de soude, on fait passer par le robinet du tube ces 5 centimètres cubes de lessive de soude plus ou moins carbonatée dans un tube en V, dont les deux branches sont d'abord pleines de mercure, puis vidées partiellement par un robinet qui rejette le mercure dans son flacon, de façon à faire pénétrer les cinq centimètres cubes de lessive de soude sans eau au-dessus du mercure. Dès lors, avec une pipette coudée à bec effilé, on fait entrer par l'autre branche quelques gouttes d'acide sulfurique qui remontent par leur différence de poids à travers le mercure jusque dans la lessive de soude et y dégagent l'acide carbonique de sa combinaison; celui-ci se ramasse donc à l'état de gaz dans la chambre barométrique. Il suffit ensuite d'égaliser le poids du mercure et de s'arranger pour que la pression soit égale à l'atmosphère; on a laissé préalablement refroidir l'appareil à la température ambiante et il est alors facile de mesurer par graduation le volume d'acide carbonique introduit et de calculer, par comparaison avec la proportion normale, quelle est la quantité de ce gaz qui peut être considérée comme nocive ou de souillure.

Chauffage des habitations privées. — Nous ne saurions ici faire connaître les appareils nombreux imaginés pour chauffer les habitations ; depuis quatre ans, en France, ils n'ont pas offert beaucoup de nouveauté ; cependant les divers poêles mobiles proposés, malgré les accidents dont ils ont été fréquemment la cause (Revue d'hygiène, Journal d'hygiène, Annales d'hygiène, Bulletin de la Société de médecine publique, 1880 et 1881), ont été l'objet d'une vogue incroyable pendant les derniers hivers, à tel point que le préfet de police a dû porter à la connaissance du public, par voie d'ordonnance, l'instruction suivante, adoptée par le Conseil d'hygiène de la Seine le 16 avril 1880, à la suite d'un rapport rédigé par une commission composée de MM.Delpech, Armand Gautier, Lalanne et Du Sonich, rapporteur :

Instruction sur le mode de chauffage des habitations. — Les combustibles destinés au chauffage et à ia cuisson des aliments ne doivent être brûlés que dans des cheminées, poêles et fourneaux qui ont une communication avec l'air extérieur, même lorsque le combustible ne donne pas de fumée. Le coke, la braise et les diverses sortes de charbon qui se trouvent dans ce dernier cas, sont considérés à tort, par beaucoup de personnes, comme pouvant être brûlés impunément à découvert dans une chambre abritée. C'est là un des préjugés les plus fâcheux ; il donne lieu, tous les jours, aux accidents les plus graves, quelquefois même il devient cause de mort. Aussi doit-on proscrire l'usage des braseros, des poêles et des calorifères portatifs de tout genre qui n'ont pas de tuyaux au dehors. Les gaz qui sont produits pendant la combustion par ces moyens de chauffage, et qui se répandent dans l'appartement, sont beaucoup plus nuisibles que la fumée de bois.

Il ne suffit pas que les poêles portatifs soient munis d'un bout de tuyau destiné à être simplement engagé sous la cheminée de la pièce à chauffer. Il faut que cette cheminée ait un tirage convenable. « Il importe, pour l'emploi de semblables appareils, de vérifier préalablement l'état de ce tirage, par exemple, à l'aide de papier enflammé. Si l'ouverture momentanée d'une communication avec l'extérieur ne lui donne pas l'activité nécessaire, on fera directement un peu de feu dans la cheminée avant d'y adapter le poêle ou au moins avant d'abandonner ce poêle à lui-même. Il sera bon, d'ailleurs, dans le même cas, de tenir le poêle un certain temps en grande marche (avec la plus grande ouverture du générateur).

« On prendra scrupuleusement ces précautions chaque fois que l'on déplacera un poêle mobile.

« Le poêle mobile devra être surveillé constamment, surtout s'il est en petite marche (le régulateur donnant la plus petite issue au gaz de la combustion) ; alors, surtout, la pièce où il est placé recevra régulièrement du dehors l'air nécessaire à son assainissement en même temps qu'à l'enlretien de la combustion, sans qu'on cherche à faire des emprunts à des pièces voisines : à raison de la dépendance qui peut exister entre les cheminées de ces pièces sous

le rapport du tirage, si une pièce voisine a un chauffage propre, son foyer pourrait déterminer un appel en sens inverse. Pour une raison"semblable, lorsqu'on transporte un poêle d'une pièce à une autre voisine, on devra éviter de laisser une communication ouverte entre ces deux pièces.

« On se tiendra en garde, principalement dans les cas où le poêle est en petite marche, contre les perturbations atmosphériques qui pourraient venir paralyser le tirage et même déterminer un refoulement des gaz à l'intérieur de la pièce.

« Lorsque les produits doivent être portés au dehors par un tuyau spécial fixe auquel s'adapte celui du poêle mobile, il est essentiel que la hauteur, la section et les dispositions de ce tuyau lui assurent un tirage convenable.

« A moins de dispositions exceptionnelles, qui assurent le tirage d'une manière absolument certaine, on s'abstiendra de laisser séjourner un poêle mobile, la nuit, clans une chambre à coucher, surtout un poêle en petite marche: ilfaut toujours se défier de la fermeture partielle d'un régulateur placé sur le tuyau d'un appareil de chauffage. »

On ne saurait trop s'élever contre la pratique dangereuse de fermer complètement la clef d'un poêle ou la trappe intérieure d'une cheminée qui contient encore de la braise allumée. C'est là une des causes d'asphyxie les plus communes. On conserve, il est vrai, la chaleur dans la chambre, mais c'est aux dépens de la santé et quelquefois de la vie.

Nous compléterons ce paragraphe dans le chapitre suivant, à propos du chauffage et de la ventilation dans les édifices publics.

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