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DISTRIBUTION D'EAU

tel qu'il se trouve dans Y Annuaire statistique de la Ville de Paris pour 1880, résume les relations qu'on peut rencontrer entre la mortalité parisienne et les données climatériques de cette année. Les causes de décès envisagées sont classées sous trois titres : 1° les maladies saisonnières, comprenant la pneumonie et la bronchite aiguë ; 2° les maladies zymotiques, comprenant la fièvre typhoïde, la variole, la rougeole, la scarlatine, la diphtérie. (Il est d'autres maladies, telles que l'érysipèle, l'infection puerpérale, qui n'ont pas été comprises dans l'étude faite, non parce qu'elles sortent du cadre des maladies infectieuses, mais parce qu'elles sont rares) ; 3° les maladies mixtes, tenant à la fois des maladies saisonnières et des maladies zymotiques.

Il faut remarquer que la courbe des décès est renversée et doit se lire de haut en bas, tandis que les températures doivent être lues de bas en haut. Dans ces conditions, le parallélisme des deux courbes est nettement accusé, surtout si l'on tient compte du temps qui s'est écoulé entre l'invasion de la maladie et la mort. Nous laissons aux lecteurs le soin de faire les réflexions que suggère ce tableau si caractéristique.

Distribution d'eau. — Parmi les grands travaux entrepris par un certain nombre de villes, depuis quelques années, pour la distribution des eaux, il faut mentionner au premier rang ceux de la Ville de Paris. M. Couche, ingénieur en chef des eaux de Paris, a bien voulu rédiger à notre intention la note suivante sur le développement du service des eaux à Paris depuis 1878 :

« L'augmentation du volume d'eau des diverses natures distribué à Paris pendant la période 1878-1881, a été de plus de 21 0/0. Cet accroissement n'a tenu jusqu'à présent qu'à des travaux d'amélioration qui ont assuré aux machines une marche de plus en plus continue, aux dérivations un fonctionnement de plus en plus régulier, qui, en un mot, ont complété et garanti l'aménagement des ressources antérieures. Quant aux ressources nouvelles, nous n'entrerons que dans quelques mois dans la période où nous recueillerons le fruit des travaux considérables engagés depuis plusieurs années pour nous les procurer. J'indique brièvement quels sont ces travaux, et quelle influence ils auront sur le volume qui pourra être distribué en 24 heures en eau de Seine, de Marne et de sources.

« Eau de Seine. — ■ Nous achevons en ce moment à Ivry, à 2 kilomètres 1/2 en amont de Paris, une usine élévatoire de 960 chevaux de force utile (environ 1,400 chevaux de force brute), qui élèvera tm,03 par seconde dans un réservoir situé àVillejuif. L'usine comprend 6 machines horizontales Farcot de 160 chevaux chaque, conduisant des pompes verticales (1). Deux conduites de refoule-

(1) Cette disposition, qui peut paraître singulière, a un motif bien simple : il faut que les machines soient au-dessus des crues, et que les

ment, l'une de lm, 10 de diamètre et l'autre de 0m,80, la relient au réservoir situé à 4,200 mètres de distance. Le réservoir aura un trop plein à la cote 89, il se composera de compartiments ayant ensemble une capacité de 50,000 mètres et dont les deux premiers seront terminés dans 3 ou 4 mois. Les conduites maîtresses de distribution (une de lm,10 et une de 0m,80), qui se rattachent après un parcours de 4 kilomètres 1/2 à la canalisation actuelle, sont mises en communication dans le trajet avec le réservoir de Gentilly que nous augmentons en ce moment d'un nouveau compartiment de 5,000 mètres. Ces divers travaux, quand ils seront terminés, représenteront une dépense totale d'un peu plus de 7 millions. Grâce à eux, nous disposerons, en 1883, d'un supplément journalier de 85,000 mètres en bonne eau très potable, destinée en temps normal au service public et industriel, mais qui, en cas d'insuffisance ou d'arrêt des dérivations, pourra, par une seule manœuvre de robinet, être jetée en tout ou en partie clans la distribution de la Vanne.

« Eau de Marne. — L'eau de Marne est élevée par l'usine hydraulique cle Saint-Maur, munie comme rechange de deux machines à vapeur qui ne pouvaient pas fonctionner toules deux en même temps par suite de l'insuffisance des conduites de refoulement dont le développement dépasse 10 kilomètres. Nous posons en ce moment une seconde conduite cle refoulement de 0m,80 cle diamètre (dépense 1,130,000 fr.) qui, permettant de tout faire marcher à la ibis, nous fera gagner au besoin 14 à 15,000 mètres par jour, en môme temps qu'elle soulagera beaucoup les machines par diminution des pertes de charge; elle sera cle plus une garantie contre les arrêts de service.

« Eau de Vanne. — L'aqueduc peut porter 105,000 mètres par 24 heures, et, dans les années normales, il les amène en effet. Ce débit est fourni pour à peu près moitié par des sources hautes qui pénètrent dans l'aqueduc par la gravité, et pour l'autre moitié par des sources basses, relevées de 15 à 22 mètres par trois usines hydrauliques qui ont pour force motrice les chutes de la Vanne. Dans les années très sèches, les sources hautes décroissent beaucoup ; quant aux sources basses, elles se maintiennent mieux, mais c'est la force motrice nécessaire pour les relever qui décroît et devient insuffisante; il y a donc, par des causes différentes, perle simultanée sur les deux éléments du débit de l'aqueduc qui peut tomber alors aux environs de 75,000 mètres et quelquefois au-dessous. Nous exécutons aujourd'hui des travaux qui auront pour effet de parer à cette éventualité.

« 1° Nous adjoignons à l'une des trois usines hydrauliques une mach ne à vapeur pouvant donner jusqu'à 120 chevaux de force

pompes puissent aspirer au-dessous de l'étiage. Des pompes horizontales placées dans la chambre des machines auraient trop cle hauteur d'aspiration et devraient être alimentées par des pompes nourricières. On évite cet organe supplémentaire par les pompes verticales qui sont placées en contre-bas des machines, dans des bâches métalliques étanches.

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