‹ L'etude et les progrès de l'hygiène en FranceChapitre 51 sur 174 · ECLAIRAGE DES VOIES PUBLIQUES · texte numérisé non relu

ECLAIRAGE DES VOIES PUBLIQUES

pitre quel rôle ces établissements jouent dans l'infection de l'atmosphère de la ville en amenant, au centre, suivant la direction des vents régnants, les émanations qui se produisent à la périphérie. L'administration, nous l'avons vu aussi, s'efforce de soumettre le mode de fonctionnement de ces établissements à des prescriptions rigoureuses, trop souvent éludées. On ne saurait trouver une meilleure étude sur cette question que le Rapport général sur les travaux des Conseils d'hygiène du département de la Seine de 1871 à 1878, rédigé par notre collègue, M. Bezançon. Il faudrait aussi signaler les procédés récemment proposés en très grand nombre, insérés au catalogue des brevets d'invention au ministère du commerce et dans les rapports des Conseils d'hygiène, notamment celui de M. Meurein sur les établissements industriels dans le département du Nord, de M. Descombes pour Bordeaux, etc. ; et enfin celui que M. Schlœsing a communiqué en 1881 à l'Institut dont il fait actuellement partie :

M. Schlœsing a imaginé ce procédé afin d'extraire à peu de frais l'azote contenu dans les déjections, et il y a joint une nouvelle méthode afin d'obtenir facilement d'énormes quantités de magnésie; il propose dans ce but de précipiter l'ammoniaque sous forme de phosphate ammoniaco-magnésien, au moyen de l'acide phosphorique libre et de la magnésie. Celle-ci est rare et chère, mais M. Schlœsing a trouvé une nouvelle méthode d'une haute portée industrielle pour l'obtenir en grande quantité et à peu de frais : il la précipite de l'eau de mer par la chaux ; un mètre cube d'eau de mer donne 80 litres d'hydroate de magnésie gélatineux ; en y ajoutant une dissolution étendue d'acide phosphorique, il se forme un précipité de phosphate tribasique. Ce dernier sel, mélangé à des déjections, précipite immédiatement l'ammoniaque sous forme de phosphate ammoniaco-magnésien. Toutes ces opérations se font à froid et sans odeur.

D'autre part, M. Rabot a montré quel parti l'agriculture savait tirer dans le département de Seine-et-Oise de l'application directe des eaux-vannes, des eaux des distilleries et des féculeries (Revue d'hygiène, 1882). Mais cela nous ramène à l'utilisation des résidus industriels, que nous ne saurions examiner ici, et à l'utilisation agricole des eaux d'égouts, dont nous avons parlé tout à l'heure en montrant les résultats obtenus à Gennevilliers et ailleurs.

Éclairage des voies publiques. — Éclairage électrique. — L'électricité a été l'objet de tant de découvertes et d'applications industrielles si importantes depuis quelques années qu'on

peut espérer la voir bientôt se substituer au gaz pour l'éclairage des monuments et des lieux publics; ce sera également un très grand progrès au point de vue de l'hygiène, la lumière électrique, on le sait, « ne consomme pas d'oxygène et ne dégage pas d'acide carbonique; elle n'altère pas l'atmosphère des salles et ne l'échauffé guère; elle n'expose ni aux explosions ni aux fuites et elle permet enfin aujourd'hui de donner une lumière aussi douce, aussi constante que possible. » (Rochard.) Les comptes rendus de l'Exposition internationale d'électricité à Paris en 1881 ont montré la diversité des systèmes que l'on peut employer pour obtenir cet éclairage, soit au moyen de l'arc voltaïque direct, soit avec les lampes à incandescence ; dans certaines rues et places de Paris, on en fait des essais depuis trois ans, ainsi que dans plusieurs grands magasins, maisons de commerce, ateliers industriels, édifices publics, à Paris et en province. Au point de vue de l'hygiène de la vue, il fallait se demander quels étaient les résultats de ces tentatives, nouvelles en notre pays. Or, dans une discussion soulevée à ce propos à la Société de médecine publique l'année dernière {Bulletin et Revue d'hygiène, 1881), MM. lesDrs Javal et Fieuzal, entre autres, ont pu affirmer, ainsi que l'avait déjà fait M. le Dr Poncet dans le Progrès médical (1880), la parfaite innocuité de cet éclairage. — On s'est aussi préoccupé de rechercher quel est le meilleur choix à faire parmi les verres colorés pour permettre de supporter sans inconvénient l'intensité des foyers lumineux électriques, surtout lorsque ceux-ci ne répondent pas aux conditions recommandées par M. Emile Trélat, c'est-à-dire d'être assez intenses, sans oscillations trop appréciables et d'être placés à une hauteur suffisante. Il résulte des recherches de nos collègues MM. les DrsNapias, Javal, Fieuzal, Laborde, Chevallereau, etc., que les verres protecteurs dont il convient de prescrire l'emploi en pareil cas doivent être jaunes et non bleus ou noirs, comme on le fait trop communément, le verre jaune arrêtant les rayons violets et ultra-violets et laissant passer bien peu de rayons chimiques.

Éclairage au gaz. — Il n'en est plus de même de l'éclairage au gaz et depuis longtemps on a dû signaler les dangers qu'il offre, non seulement pour l'hygiène delà vue mais encore pour l'atmosphère ambiante. En raison de la nature même de ses éléments constituants, des travaux que son installation nécessite dans le sol, en même temps que parle rôle qu'il joue dans l'hygiène de l'habitation comme cause de viciation de l'air qu'on respire, son emploi exige de la part des administrations industrielles et municipales la plus grande surveillance. Ce sont ces considérations que notre collègue, M. le Dr Layet, fait tout particulièrement valoir dans ses mémoires publiés

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