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MAISONS MORTUAIRES

2° Cloisons de glaces sans tain entre les cellules mortuaires et les chambres de veille, avec portes de communication fermant au besoin hermétiquement pour isoler les morts des visiteurs.

Cette disposition, à notre, avis, permet de supprimer le service spécial affecté aux morts de maladies contagieuses.

3° Enfin, lits mortuaires à coulisses permettant le dépôt et l'enlèvement faciles du mort dans le vestibule, sans affecter ni troubler la vue des visiteurs.

Au Conseil municipal, la proposition de M. Georges Martin avait été renvoyée à notre collègue le Dr Lamouroux, qui présenta à la suite d'un rapport important un projet de délibération qui reproduisait précisément les conclusions de la Société de médecine publique et qui était ainsi conçu :

Le Conseil municipal délibère :

M. le préfet est invité :

1° A faire étudier immédiatement la création de maisons mortuaires, à titre d'essai, dans deux ou trois quartiers de Paris ; 2° Ces maisons seront installées de préférence dans un bâtiment municipal approprié à cet effet ;

3° On se conformera, autant que possible, aux conditions consignées dans le présent rapport et déterminées ainsi qu'il suit par la Société de médecine publique de Paris :

1° Que le dépôt mortuaire soit établi sur un point aussi rapproché que possible du quartier qu'il doit desservir ;

2° Que le dépôt mortuaire soit un depositorium simplement et décemment aménagé, distribué en cellules complètement isolées, où chaque famille puisse venir veiller jusqu'au dernier moment sur ceux qu'elle a perdus ;

3° Que les corps y soient transportés aussitôt après la visite du médecin de l'Etat civil, et, sur son indication, par les soins de l'administration municipale ;

4° Que dans chaque dépôt mortuaire, on aménage un local spécialement réservé pour recevoir les individus ayant succombé à des maladies épidémicpies ou contagieuses, sous la condition formelle que l'on s'entoure de toutes garanties d'isolément pour empêcher la création des foyers épidémiques ;

5° Le transport au dépôt mortuaire sera facultatif, excepté pour les cas de décès par suite d'affections épidémiques ou contagieuses, où il pourra devenir obligatoire.

6° A chaque dépôt mortuaire, sera annexé un appareil de désinfection à air chaud, où seront apportés les vêtements et les objets de literie des décédés ; ils y seront immédiatement assainis.

Ce projet de délibération fut voté après avoir été légèrement amendé dans ce sens que les dépôts ou maisons mortuaires seraient installés dans les cimetières.

Récemment M. Charles Floquet, préfet de la Seine, vient de

soumettre au Conseil municipal les résultats de l'étude à laquelle a procédé son administration.

La première question qui s'est posée est celle de savoir si les corps des personnes décédées à la suite de maladies contagieuses ou épidémiques devraient être transportés aux dépôts mortuaires.

Les inspecteurs de la vérification des décès ne l'ont pas pensé ; ils estiment que ce transport à travers une population agglomérée pourrait être une cause de propagation d'épidémie, et que la réunion de ces corps sur un même point pourrait y déterminer un foyer d'infection.

D'ailleurs, le service des mises en bière immédiates, organisé par M. Herold, paraît présenter au point de vue de la salubrité toutes les garanties désirables.

Les dépôts mortuaires seraient donc utilisés seulement pour les personnes décédées à la suite de maladies ordinaires et ils auraient simplement pour objet d'éviter aux familles habitant des locaux exigus l'obligation de rester pendant vingt-quatre heures au moins à côté du cadavre de la personne qu'elles ont perdue.

Le transport à la maison mortuaire s'effectuerait dans des cercueils spéciaux établis de façon à ménager toutes les chances de retour à la vie en cas de mort apparente, et au moyen de Toitures spéciales. On construirait, à titre d'essai, trois dépôts mortuaires aux cimetières du Nord, de l'Est et du Sud.

Celui du cimetière du Nord desservirait les 1er, 2e, 8e, 9e, 10e, 17e et 18e arrondissements.

Celui du cimetière de l'Est, les 3e, 4e, 11°, 12e, 19e et 20° arrondissements.

Celui du cimetière du Sud, les 5e, 6e, 7e, 13e, 14e, 15e et 16e arrondissements.

Chacun d'eux pourrait recevoir dix corps, qui seraient placés dans des pièces séparées, afin de permettre aux familles de veiller à côté d'eux.

La dépense de construction et d'aménagement de ces trois dépôts mortuaires est évaluée à 240,000 francs. M. le préfet de la Seine demande au Conseil municipal l'ouverture de ce crédit qui devra être bientôt augmenté si l'accueil fait par la population aux mesures proposées répond aux espérances du Conseil.

La ville de Paris aura donc prochainement ses maisons mortuaires.

Nous ne croyons pas que d'autres villes en France en possèdent actuellement. Il existe un projet à Lille, sur lequel notre collègue, M. le D1' Arnould, a présenté un rapport au nom du Conseil d'hygiène du Nord en 1880, et il faut espérer qu'il y sera donné suite ; de même à Lyon où la question a été

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