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CRÉMATION

Le Conseil municipal délibère :

Article premier. — H y a lieu d'agrandir les cimetières desBatignolles et de La Chapelle par l'annexion :

1° Au cimetière des Baligaolles, de G hectares, G9 ares, 37 cen tiares.

2° Au cimetière de La Chapelle, de 3 hectares, 65 ares, 4 centiares.

Lesdits terrains devant être affectés exclusivement aux inhumations en tranchée gratuite et en concession temporaire.

M. le Préfet de la Seine est autorisé à traiter avec les propriétaires pour l'acquisition à l'amiable des parcelles à annexer auxdits cimetières, et à poursuivre au besoin l'expropriation pour cause d'utilité publique des immeubles nécessaires pour l'établissement du périmètre de ces lieux de sépulture.

La dépense est autorisée dans la limite d'une somme de I million 660,000 francs qui sera prélevée sur les fonds de l'emprunt de 1875, affectés à la création de nouveaux cimetières (chap. XLV, § le', art. 6 du Budget de 1882).

Art. 2. — M. le Préfet de la Seine est invité à faire rechercher dans la périphérie de Paris, par la Commission d'assainissement des cimetières, à laquelle pourront être adjoints quelques membres nouveaux, les terrains présentant les qualités spécifiques au point de vue des inhumations.

Cette commission devra examiner tous les terrains proposés et faire son rapport dans le délai d'une année, de façon que le Conseil municipal soit mis à même de se prononcer au sujet des cimetières périphériques dans le courant de Tannée 1883, avant l'expiration de son mandat.

Art. 3. — Le Conseil renouvelle les vœux précédemment émis par lui en faveur de la crémation facultative et invite M. le Préfet de la Seine à faire toutes les démarches nécessaires : 1° pour que le gouvernement saisisse les Chambres d'un projet de loi dans ce sens et 2° pour obtenir, en attendant, l'autorisation d'opérer la crémation des débris provenant des amphithéâtres de dissection.

Sépultures par étages. — La coutume si fréquente en certains pays d'étager les tombes au-dessus du sol dans les monuments de famille a pris, dans certaines villes de France, en ces dernières années, une certaine extension, notamment à Nantes ; elle a été étudiée et combattue "au point de vue de l'hygiène dans un rapport de M. le Dr Lapeyre, présenté en 1879 au nom du Conseil d'hygiène du département de la Loire- Inférieure.

Crémation. — On remarquera que la délibération ci-dessus rappelle les vœux émis en laveur de la crémation par le Conseil municipal de Paris. En effet, depuis déjà plus de six ans, le Conseil municipal demande que la crémation facultative soit autorisée en France «t MM. Morin, Cadet, Level, Bourneville,

etc., ont suivi dans ce Conseil une campagne laborieuse qui malheureusement n'a pas encore abouti. La crémation est pourtant une pratique éminemmenthygiéniqueque, la première, la France essaya de faire revivre au commencement du siècle ; mais, selon la juste expression de M. Level, les idées semées par nous ont germé à l'étranger.

Pour vaincre les résistances de l'Administration, pour favoriser le mouvement en faveur de la crémation, il s'est fondé à Paris en 1880, à la suite du congrès de Turin, une Société qui a pris le titre de Société pour la propagation dû la crémation (1) et qui compte, parmi les membres de son bureau et de son conseil d'administration, un grand nombre de nos collègues.

Cette Société compte actuellement 420 membres : 374 hommes et 36 dames.

Il a été publié depuis quelques années un certain nombre de brochures sur la crémation : 1879, Lacassagne et Dubuisson, la Crémation et Dictionnaire encyclopédique. — 1879, Mayet, Inhumation et Crémation (2e édition). — 1881, Dr Martin, les Cimetières etla Crémation; Consultation de MM. E. Durier et Napias, avocats; Piétra-Santa et de Nansouty, la Crémation. — 1882, Bulletin de la Société de Crémation.

De plus un grand nombre d'articles ont paru dans les journaux scientifiques et politiques, des conférences ont été faites par MM. Kœchlin-Schwartz et J. Sarcey à Paris, par Arnould à Lille, par Pennetier à Rouen, par le Dr Verrier à Provins, etc.

Cimetière perpétuel et crémation lente. — Signalons enfin un projet original de M. Suffit, architecte (2), de cimetière perpétuel dans lequel les cadavres seraient déposés dans des cylindres de poterie vernissée recevant l'air extérieur par un tuyau d'arrivée et le remportant avec les gaz de la décomposition cadavérique jusqu'à une cheminée où s'opérerait incessamment la combustion.

(1) Le siège social est 11, rue d'Anjou ; le bureau est ainsi composé: MM. Koechlin-Schwartz, président Dr Bourneville, Dr H. Napias, vice-présidents ; M. -G. Salomon, secrétaire général ; M. Trébuchet, trésorier ; Dr Arnould, Béral, conseiller d'Elat, Cadet, député, Dr Cornil, dépulé, Delcominète, D' Du Mesml, Durand-Claye, Dr Fiengal, Ch. Fouquet, député, A. Hayem, Hudelo, Dr Lacassagne, Dr Layet, S. Morin, E. Muller, Napias (Maxime), avocat, Normand, E. Trélat, Dr Vallin, membres du conseil.

(2) Projet de cimetière perpétuel, etc. Paris, 1881. Librairie centrale des beaux-arts.

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