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DÉPOTS D'IMMONDICES

carré, ayant les talus d'un demi de base pour un de hauteur. On fait un revêtement en maçonnerie de béton avec mortier de ciment ; pour plus de sûreté, on recouvre cette maçonnerie d'un enduit en ciment.

« Le puisard a pour but de permettre le nettoyage de la citerne quand elle est vide ; c'est là que s'accumulent les matières étrangères entraînées par les eaux. Autour de ce puisard, on monte une maçonnerie en pierres sèches de 50 centimètres de hauteur ; sur ce premier anneau, on établit la maçonnerie faite avec du mortier de. chaux hydraulique; elle est surmontée d'un couronnement en pierres de taille. Dans ce couronnement, on pratique une feuillure destinée à recevoir le couvercle. Dans le fond de la citerne on place les moellons en ménageant le plus dévides possible. Au-dessus de ces moellons, on met des pierres plus petites et ensuite du gravier grossier; on superpose ainsi des couches de gravier de plus en plus fin, de manière que la superficie ait presque la compacité du sable, et on recouvre le tout d'une couche assez épaisse en terre sablonneuse sur laquelle on fait des semis. »

Les eaux qui arrivent dans les citernes passent successivement à travers les épaisseurs filtrantes et pénètrent dans le puisard par la maçonnerie en pierres sèches. Ces eaux sont douces, limpides et fraîches ; il est utile de faire quelques plantations d'arbres autour de la citerne. La capacité est deOm3,18 ; son prix de revient est de 2,000 francs, soit un capital de 25 francs par mètre utile. Ce capital représente à 5 0/0 un intérêt annuel de 1 fr. 25.

Étangs. — Le préfet de la Loire vient de prendre un arrêté ordonnant que, dès que le dégel le permettra, tous les propriétaires et fermiers d'étangs, dont l'assèchement devait avoir lieu dans l'année, aient à vider complètement l'eau de ces étangs et à en fouiller avec soin la vase, pour en retirer le poisson mort qui s'y trouverait. Eu outre, au fur et à mesure qu'il sera retiré des étangs, ce poisson devra être immédiatement enfoui dans des fosses profondes en alternant les couches de poisson avec des couches de chaux vive, et le tout sera recouvert d'une épaisseur de terre d'au moins un mètre, sur laquelle il sera planté du gazon ou autre fourrage artificiel.

Ces prescriptions paraissent encore plus utiles, lorsqu'on prend connaissance d'un rapport lu en 1879 par M. le Dr Hélot (de Bolbec) au Conseil d'hygiène de la Seine-Inférieure, sur une épidémie de diphtérie « qu'on paraît être en droit d'attribuer aux émanations putrides provenant d'un étang ».

Dépôts d'immondices. — L'ordonnance, édictée par M. le préfet de police, le 14 décembre 1881, concernant les dépôts

d'engrais et d'immondices dans les communes rurales, mériterait d'être exécutée dans toute la France ; elle est ainsi conçue :

Article premier. — Aucun dépôt de boues et immondices ne pourra être établi désormais dans l'intérieur des cours, jardins ou autres enclos contigus aux habitations , dans le ressort de notre préfecture.

Art. 2. — Les dépôts de cette nature pourront être formés dans les champs parles cultivateurs, après déclaration à la préfecture de police et avis favorable de l'autorité municipale, pourvu que leur emplacement soit à une distance d'au moins 200 mètres de toute habitation, et de 100 mètres des routes et chemins. Cette distance pourra être réduite dans le cas où les chemins ne serviraient qu'à l'agriculture...

Art. 3. — Lors de l'emploi des boues et immondices à l'engrais des terres, ces matières seront enfouies dans un bref délai.

Art. 4. — Sont exceptés des dispositions de la présente ordonnance les dépôts rie boues et immondices assez considérables pour former des voiries, lesquels seront soumis aux formalités prescrites pour les établissements dangereux ou insalubres de première classe.

Art. 5. — Les contraventions seront constatées et poursuivies devant les tribunaux compétents.

Tueries d'animaux. — Ces établissements sont assurément de ceux qui laissent le plus à désirer dans les campagnes; dans la Gironde, par exemple, le Conseil central d'hygiène, ayant eu à répondre en 1879 sur quatorze demandes de ce genre, adopta pour règle de s'opposer le plus possible à l'établissement de ces tueries, toutes les fois qu'il n'est pas impossible aux bouchers, charcutiers, débitants de la campagne, de venir tuer leurs bêtes à l'abattoir de la ville. L'autorisation n'est accordée que sous des conditions d'installation très rigoureuses, lorsque le demandeur s'engage à n'abattre qu'un nombre extrêmement restreint d'animaux, soit un ou deux moutons, veaux ou porcs par semaine. Malheureusement, fait remarquer M. le Dr Vallin (Revue d'hygiène, 1880), il n'est pas toujours facile de surveiller l'exécution des engagements inscrits dans la demande, non plus que celle des prescriptions formulées dans l'arrêté d'autorisation. Ce sont surtout les charcutiers et les fabricants en gros de charcuterie qui sollicitent l'autorisation d'ouvrir ces tueries au voisinage de la ville. Ces industriels prétextent l'économie de 8 francs par tête sur le droit d'entrée exigé par l'octroi, mais le but véritable est de soustraire les porcs ladres à l'examen de l'inspecteur et de transformer cette viande, parfois chargée de cysticerques, en salaisons ou en charcuterie que l'on vend à bas prix sur les marchés et dans les débits de la ville.

KÉRATITE DES MOISSONNEURS. 247

Par une circulaire en date du 22 mars 1881, M. le ministre du commerce, s'inspirant du vœu exprimé dans le rapport général du Comité consultatif d'hygiène publique de France sur les travaux des Conseils d'hygiène pendant l'année 1878, engage les préfets à inviter les municipalités des communes ayant une certaine importance, et qui sont dépourvues d'abattoirs publics, à étudier les voies et moyens d'en doter la localité. 11 constate que les tueries d'animaux sont, en général, dans un état de malpropreté fort compromettant pour la salubrité publique, et que la plupart d'entre elles fonctionnent en dehors de tout contrôle. La circulaire prescrit de faire dresser des listes exactes, par arrondissement et par commune, de toutes les tueries grandes et petites, en indiquant en regard de chacune d'elles la date de l'autorisation qui a dû lui être accordée, puisque les tueries sont rangées au nombre des établissements insalubres dont l'ouverture est subordonnée à une autorisation préalable. Quant à celles qui existeraient sans autorisation, il faut mettre ceux qui les exploitent en mesure de s'en pourvoir le plus tôt possible, sous peine de poursuites. Ces autorisations ne doivent être, d'ailleurs, accordées qu'après avis du Conseil d'hygiène de l'arrondissement.

La gale dans les campagnes. — Parmi les maladies, en quelque sorte les plus communes chez les paysans, il faut citer la gale. En 1880, notre collègue M. le Dr Fabre (de Commentry) a signalé ce fait à la Société de médecine publique et, rappelant les difficultés qu'on éprouve à la campagne pour soigner cette maladie, il voudrait que chaque arrondissement de France ait au moins un hôpital désigné, dans lequel une salle de bains, et même une seule baignoire, serait affectée au traitement des maladies parasitaires. Cette salle devrait s'ouvrir immédiatement à tout individu porteur d'une ordonnance signée d'un médecin exerçant dans l'arrondissement.

M. le Dr Clemenceau de La Loquerie, a recommandé, dans les Annales d'hygiène (1881), un procédé très simple et très pratique pour obtenir la désinfection des vêtements des galeux à la campagne : Il prend une grêle (grillage en fer à passer la terre) et, après l'avoir posée sur deux escabeaux, il la fait entourer de quatre piquets ; les vêtements, retournés, sont alors étalés sur le grillage et recouverts d'une couverture de laine jetée sur les piquets ; on allume ensuite par-dessous deux ou trois mèches soufrées. Les vêtements, laissés une demi-heure dans cette atmosphère soufrée, sont très suffisamment désinfectés, paraît-il.

Kératite des moissonneurs. — M. le. Dr G. Martin a appelé l'attention de la Société d'hygiène publique de Bordeaux (Uni-

leti?i, 1881) sur les affections oculaires chez les gens de la campagne ; la kératite des moissonneurs est une maladie professionnelle très répandue ; le traumatisme par des épis, par la poussière ne serait, suivant lui, que l'occasion; le larmoiement chronique, le mauvais état des voies lacrymales seraient la cause de l'aggravation ; le surmenage, la chaleur joueraient aussi leur rôle.

Habitations rurales. — Comme pour tous les autres paragraphes de ce chapitre, c'est dans le livre de M. le Dr Layet qu'on peut retrouver tous les renseignements nécessaires sur les habitations rurales ; mais nous voulons signaler tout particulièrement une étude qu'il a présentée à la Société d'hygiène publique de Bordeaux {Bulletin, 1881) sur l'influence défavorable qu'exerce sur la santé le petit nombre d'ouvertures des habitations rurales. C'est ainsi qu'il a reconnu que : « 1° sur 100 départements ayant un chiffre d'ouvertures inférieur à la moyenne générale, soit 1,49 en France d'ouvertures par habitant, 45 ont une mortalité moyenne égale à la moyenne générale et 55 une mortalité moyenne au-dessus de la moyenne générale ; 29 sur 100 départements ayant un cbiffre d'ouveriures supérieur à la moyenne générale d'ouvertures par habitant, 25 ont une mortalité moyenne au-dessus de la moyenne générale de mortalité ; 6 ont une mortalité moyenne égale et 69 une mortalité moyenne au-dessous de la moyenne générale. » En outre, le petit nombre d'ouvertures par habitant, dans un département, concorde surtout, assez régulièrement,avec une mortalité plus grande chez les groupes d'âge au-dessus de 10 ans. Ces considérations militent en faveur de la proposition de loi déposée il y a quelques mois par M. Martin Nadaud à la Chambre des députés, afin de supprimer ou du moins de diminuer l'impôt des portes-et-fenêtres de toutes les maisons ayant moins de quatre ouvertures.

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