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CHANTIERS DE TERRASSEMENT

Parmi tous ces grands travaux d'assainissement, l'un des plus remarquables à coup sûr est celui de notre collègue M. Chambrelent, inspecteur général des ponts et chaussées, dans les landes de Gascogne. Déjà au Congrès international d'hygiène de Paris, les résultats, au point de vue de l'hygiène, de ces travaux ont été présentés ; M . Chambrelent fils en a entretenu de nouveau le Congrès international d'hygiène de Turin en 1880 (Revue d'hygiène, 4880), et la Société d'hygiène de Bordeaux en 1881. Cette opération, commencée en 1858 et aujourd'hui terminée, a compris le dessèchement de 107,811 hectares dans la Gironde, et de 183,174 hectares dans les Landes, au moyen de 2,197 kilomètres de canaux d'écoulement et d'un collecteur établi le long des dunes qui bordent le littoral ; les terrains, une fois assainis, ont été mis en culture forestière ; les communes ont trouvé dans le produit de leurs landes, non seulement le remboursement de leurs avances, mais un excédent de 4,352,746 francs. En outre, le chiffre des naissances, qui était de 1,080 en 1857, s'est élevé à 1,240; celui de la mortalité est, dans le même laps de temps, descendu de 310 à 100.

Nous ne saurions oublier non plus de mentionner encore ici les travaux d'irrigation de la plaine de Gennevilliers à l'aide des eaux des égouts de Paris, travaux dont nous avons parlé au chapitre précédent.

Le programme de travaux publics, si grandioseinent et si sagement conçu par M. de Freycinet, ne doit-il pas, d'ailleurs, transformer les conditions hygiéniques de notre pays ? On ne tardera pas sans doute à reconnaître tous les bénéfices que la santé publique est appelée à retirer, par exemple, des travaux de chemins de fer d'intérêt général qui, depuis deux ans, ont augmenté nos réseaux de 9,210 kilomètres avec une dépense de plus d'un milliard, et des constructions de canaux pour lesquels on a dans le même temps dépensé près de 200,000,000 francs, en même temps que l'amélioration du cours des fleuves coûtait 120,000,000 francs et qu'on faisait pour 175,000,000 francs de travaux dans les ports maritimes. Le rattachement du service hydraulique au nouveau ministère exclusivement réservé à l'agriculture ne peut que donner une nouvelle extension à tous les efforts destinés à donner à notre sol des éléments de fécondité destinés à produire les plus heureux résultats.

Mesures prophylactiques dans les chantiers de terrassements. — Mais il faut en même temps se préoccuper que ces travaux ne puissent devenir, même momentanément, des causes de maladies pour ceux qui les exécutent. Le Bureau d'hygiène du Havre, sur l'initiative de notre collègue M. le Dr Gibert, a consulté à ce sujet la Société de médecine publique (Revue d'hygiène et Bulletin, 1881) à l'occasion de l'exécution pro-

jetée du canal de Tancar ville ; d'autre part, M. le ministre des travaux publics a sollicité en même temps l'avis de l'Académie de médecine sur « les mesures de précaution et sur les soins à donner aux ouvriers en vue des travaux à exécuter sur le littoral maritime » (Bulletin de V Académie de médecine, 1881). C'est M. le DrLéon Colin qui, dans les deux cas, a été chargé de rédiger les réponses à ces demandes. D'autre part, notre collègue M. le Dr Drouineau (de La Rochelle) a publié à la même époque une importante étude sur les conditions sanitaires des ouvriers des grands chantiers, à l'occasion des travaux du canal de Niort à la mer, dont le service médical lui avait été confié.

Les moyens prophylactiques recommandés par M. le DrLéon Colin et approuvés par la Société de médecine publique sont les suivants :

A. A Végard des ouvriers. — 1° Embauchage d'individus robustes, indemnes d'affection palustre antérieure ; 2° suspension des travaux durant les mois de juillet et d'août , 3° installation des ouvriers, durant la nuit, dans les centres de population voisins, ou dans des baraques bien closes ; 4° allumage, matin et soir, de grands feux au voisinage du chantier ; 5° augmentation de la résistance individuelle par l'interdiction du travail à jeun, par une alimentation substantielle, par l'usage de la flanelle ; 6° envoi immédiat de tout malade à l'hôpital le plus voisin ; 7° surveillance spéciale des sortants de l'hôpital, au point de vue des vêtements, de l'alimentation, et de la continuation pendant quelques semaines de la médication spécifique.

B. A Végard du sol. — 8° Utilisation des travaux du canal et du canal lui-même pour assainir la contrée; 9° aplanissement immédiatet drainage superficiel des terrains remués; 10° transport direct et aussi rapide que possible des matériaux de déblais sur les points où il y a quelque nivellement à opérer ; 11° ensemencement et culture intensive de ces terrains.

Citernes-filtres. — On sait, et nous venons de le voir, combien la question de l'eau acquiert de l'importance dans les campagnes ; à ce titre, les citernes-filtres que M. l'ingénieur Brienie a fait construire par la Compagnie de l'Ouest algérien offrent un très grand intérêt, surtout dans le pays auquel elles sont destinées ; elles ont été décrites et reproduites dans le journal Le Génie civil (1881) :

« Pour établir ces citernes, on cherche autant que possible à utiliser une dépression du sol qui permette de recevoir et d'emmagasiner les eaux pluviales. On creuse dans le sol un trou

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