TAIRES
fc^
Fiërre typhoïde. . .
PE
Rougeole
Scarlatine
Coqueluche.. .
Diphtérie .. . .
« Cet exposé, conclut M. Lagneau, montre combien la misère ou du moins l'indigence qui oblige à avoir recours à l'assistance publique, et combien le milieu hospitalier ajoutent à la gravité de ces affections. »
L'hygiène exige donc que l'on s'efforce de diminuer, autant que possible, les conséquences du milieu hospitalier, et au
premier rang des réformes qu'elle recommande, il faut évidemment signaler la suppression de l'encombrement et la large dissémination des malades sur de vastes surfaces dans une atmosphère salubre. Parmi les Principes généraux relatifs, à la construction des établissements hospitaliers, que la Société de médecine publique a récemment indiqués [Revue d'hygiène, 1882, p. 491), à propos d'une consultation qui lui avait été demandée par la commission administrative de l'hôpital civil de Vichy pour la construction d'un hôpital-hospice à élever dans cette ville, se trouvent les suivants : « Tout établissement hospitalier doit recevoir largement l'air, la lumière, la chaleur. L'emplacement doit être, autant que possible, un terrain légèrement incliné, sec, élevé, éloigné des grandes agglomérations, afin d'éviter les voisinages nuisibles, de favoriser la circulation de l'air et de la lumière, et d'assurer aux malades le calme qui leur est nécessaire.... Au système de bâtiments à plusieurs étages, qui présente de grands inconvénients parce qu'il rend facile la dissémination des germes morbides et la propagation de certaines maladies, on a substitué avec grand avantage les pavillons détachés, soit complètement isolés les uns des autres, soit reliés ensemble par de simples galeries ne contenant qu'un nombre restreint de lits. »
Et, dans un rapport encore inédit, plus complet et plus détaillé, qu'une commission spéciale de la Société de médecine publique discute en ce moment, afin de tracer comme un Code de l'hygiène des constructions hospitalières, l'auteur du rapport, M. leD1' Rochard, consigne l'observation suivante : « Avec les sommes dépensées pour les constructions de l'hôpital Lariboisière et de l'Hôtel-Dieu, on aurait pu entourer Paris d'une ceinture de 16 hôpitaux de 500 lits, fonder 24 hôpitaux de secours •et créer un système de transports aussi confortable que possible :
Lariboisière a coûté . . . 10, 445, 1 43 fr. L'Hôtel-Dieu 60,000,000 environ
Total. . 70,445,143 fr. pour 1,000 lits.
« Ce qui équivaut à : 16 hôpitaux de 500 lits à 5,000 francs le lit (chiffre suffisant pour un hôpital excentrique), soit 40,000,000 fr.
Et 24 hôpitaux de secours de 100 lits à 6,000 francs le lit (chiffre suffisant, même au centre de Paris, cespetits hôpitaux n'ayant pas de dépendances), soit 14,400,000
Total. . 54,400,000 fr. pour 10,400 lits.
« Il serait donc resté à l'Assistance publique une somme de plus de 10,030,000 de francs pour établir sonsystème de transports et pour le matériel nécessaire, tandis qu'ellea dépensé toute la somme pour n'avoir que 1,000 lits au lieu de 10,400. »
Ces idées sont celles que tous les hygiénistes français, qui ont publié depuis quatre ans des travaux sur l'hygiène hospitalière,n'ont cessé d'émettre; on trouvera l'indication de leurs travaux à l'Index bibliographique': Il faut aussi se féliciter que ces idées commencent enfin à entrer dans la pratique. La plus complète application en est actuellement faite à Montpellier par notre collègue M. l'ingénieur Tollet, puissamment secondé par le professeur d'hygiène à la Faculté de médecine de cette ville, notre collègue également, M. le Dr Bertin-Sans.
Nouvel hôpital général Saint-Éloi a Montpellier (fig. 178 et 179). — Nous devons la description de cet hôpital et les figures dont nous avons pu l'accompagner à notre collègue M. To!lel, qui a bien voulu en rédiger la description d'après les derniers arrangements intervenus et en cours d'exécution.
L'emplacement est à l'extrémité du faubourg Bourdonnet, au N. N.-O. de la ville, d'où soufflent les vents les plus rares et les plus secs. Les vents dominants du N.-O. (dit mistral), du N.-E. (dit tramontane) et de l'Est (dit grec) laisseront la ville en dehors de l'influence atmosphérique de l'hôpital, condition d'autant plus nécessaire que ce dernier renferme un quartier de contagieux.
La distance de cet hôpital à l'Hôtel-de-Ville est de 2 kilomètres ; aux dernières maisons du faubourg, de 500 mètres; de l'hôpital général où un service spécial d'attente etde voitures est. prévu, de 1,500 mètres.
Les communications, du reste, sont faciles, au moyen de routes de faible déclivité et bien entretenues ; et un service de tramways dessert tous les quartiers de la ville, à raison de 0 fr. 15 par place.
La surface occupée est de 9 hectares, soit 150 mètres par lit de malade (1).
(1) On trouve les surfaces de terrain suivantes dans divers hôpitaux :
„ .',,. ( Saint-Éloi, 8,000ra, soit par lit 13m,66
Montpellier. - • • j Hôpital général, 40,000™ — 40™, 00
( Saint-Louis, 90,000™ — 112m,00
Paris Cor.hiD, 19,000™ — 177m,00
( Midi, 27,000™ — 80">,00
Ces surfaces se réduisent à 20 mètres à la Pitié, à 28 mètres à l'Hôlel- Dieu.
La moyenne des surfaces est représentée par Necker, 60 mètres; Beaujon, 62 mètres; Sainte-Eugénie, 75 mètres. Celte moyenne de densité de l'hospilalisalion parisienne est meilleure que celle de la population
Fig. 179. — Le nouvel hôpital civil el militaire de Montpellier, construit par M. C. Tollet — Plan général.
A, pavillons doubles de malades et blessés; — A', pavillons de malades payants ;
— B, pavillon:, de malades contagieux; — C, maternité; — C infirmerie de la mateiniié; — D, pavillon des malades à observer; — E, bâtiment des services généraux; — F, communauté; — G, chapelle; — H, direction, économat et concierge; — H', consultations externes et logement des internes; — J, magasin et atelier; — J', remise et écurie; — J", brancardiers; — K, buanderie;
— K\ logement des buandières ; — L, dissection et service mortuaire ; — M, désinfection ; — N, réservoir d'eau ; — 0, galeries de communication ; — 1 et 2, emplacements réservés pour des ambulances mobiles en cas d'épidémie.
Le terrain est perméable, suffisamment fertile pour les plantations et de surface régulière; la ligne de plus grande pente est inclinée de 0,023 par mètre, du N. N. E. au S. S.-O.
L'altitude, moyenne par rapport aux collines voisines, est à peu près égale à celle de l'Hôtel-de- Ville (50 mètres) qui domine tous les quartiers, excepté la promenade du Peyrou (56 mètres). Le terrain du nouvel hôpital est élevé de 30 mètres audessus du thalweg delà rivière le Letz qui coule à 2 kilomètres à l'Est (ait. 15 mètres).
L'exposition est au S.-O, le site agréable, en pleine campagne, près de collines boisées ; il n'y a ni marais ni établissements insalubres dans le voisinage.
On a pris soin d'aménager, d'ailleurs, une zone sanitaire formée par un chemin de ceinture extérieure de 12 mètres de largeur, compris dans les terrains expropriés, et par un chemin de ceinture intérieure d'égale largeur (1).
Les eaux potables, enfin, y sont abondantes, et proviennent d'une dérivation de la rivière le Letz.
Cet hôpital comprend 600 lits de malades ainsi distribués : 256 malades et blessés, hommes, civils et militaires, dans huit pavillons de 32 lits; 160 malades et blessées, femmes, dans 5 pavillons ; 84 malades contagieux, civils et militaires et femmes, dans 3 pavillons, un pour chacune des maladies contagieuses les plus caractérisées (diphtérie, variole, fièvre typhoïde), comprenant chacun six salles séparées; 10 malades à observer, dans 2 pavillons contenant chacun cinq salles individuelles; 30 lits de materai lé; 6 lits dans une infirmerie de maternité ; 54 lits de convalescents répartis dans de petites salles placées au rez-de-chaussée des galeries.
Le sixième environ de ces lits est placé dans de petites salles de 1 à 2 lits, qui pourront être affectées en partie à des malades payants.
Les bâtiments forment autant de blocs ou de pavillons qu'il y a de services différents. Les pavillons de malades ne contiennent que 32 lits au plus ; ils ne comportent aucune superposition de dortoirs et ils n'ont entre eux et avec les services généraux d'autres liaisons que des galeries de communication largement ouvertes .
L'ensemble des services forme 14 quartiers, savoir :
qui l'entoure, et qui est représentée par environ 40 mètres carrés par habiiant, tandis qu'à Londres cette surface est du double. Les surfaces individuelles devraient être calculées à raison de 100 mèires pour un hôpital de 100 lits, et dj 150 mètres pour un hôpital de 000 lits ; en insérant des moyens différentiels entre ces deux chiffres, on obtiendra la surface individuelle pour des hôpitaux de diverse importance.
(1) La lui prescrit une zone sanitaire pour les cimetières ; une prescription analogue devrait exister pour les hôpitaux.
1er quartier. — 1er groupe de gauche : Malades et blessés civils. 4 pavillons avec les rez-de-chaussée des galeries correspondantes.
2e quartier. — 2e groupe de gauche. Séparation par une clôture : 3Ialades et hlessés militaires. 4 pavillons avec les rezde-chaussée des galeries correspondantes. Soldats dans les salles collectives, sous-officiers dans des chambres à deux lits, officiers dans les chambres à un lit.
3e quartier. — Groupe unique de droite : Malades et blessées femmes.
4e quartier. — Partie postérieure de gauche du plan général. Les 3 pavillons doubles de ce quartier n'ont aucune communication entre eux et avec les autres quartiers ; ils comportent les installations nécessaires pour éviter le contact des gens de service des pavillons, logeant des malades différents.
Malades contagieux des deux sexes, militaires et civils, dans des salles séparées avec services communs. Les payants civils et les officiers ont des chambres particulières.
5e quartier. — A gauche de l'entrée : Malades à observer, hommes.
6e quartier. — A droite de l'entrée : Malades à observer , femmes.
7e quartier. — Au centre du plan général : Services généraux d'alimentation, cuisine, pharmacie et annexes, bains généraux et hydrothéraphie, cliniques.
8U quartier. — Dans la partie centrale postérieure et à portée de tous les services: Communauté et chapelle.
9e quartier. — A droite dans la partie antérieure du plan : Maternité avec infirmerie spéciale, séparée.
10e quartier. — A droite de l'entrée: Consultations externes, logement des internes.
11e quartier. — A gauche de l'entrée : Direction, économat, concierge, ateliers et magasins.
12e quartier. — Dans la partie postérieure du côté des contagieux : Dissection, service mortuaire.
13e quartier. — Dans la partie postérieure de gauche du côté des contagieux: Désinfection.
14e quartier. — Dans l'angle antérieur de gauche : Buanderie. Pour les facilités de communication, elle serait mieux placée dans le terrain réservé à droite de la communauté, mais au point de vue sanitaire il vaut mieux qu'elle soit plus éloignée des quartiers de malades.
Si les ressources financières le permettent, il sera établi deux pavillons de rechange pour les malades, afin de pouvoir livrer successivement toutes les salles à une aération générale pendant plusieurs jours, après y avoir opéré de grands lavages.
Des surfaces de terrains seront en outre réservées : \° pour
installer des ambulances en cas d'épidémies. Ces ambulances, conformes à celles qui ont été adoptées par le ministre de la guerre à la suite de l'Exposition universelle, seront préparées d'avance et conservées en magasin ; 2° pour la construction des pavillons complémentaires nécessaires pour porter au besoin le nombre des lits de malades à 750 (1).
Les longues façades des pavillons de malades sont placés dans la direction S.-E. N -0., de telle sorte que les rayons du soleil puissent visiter successivement toutes leurs faces.
L'orientation uniforme adoptée pour les pavillons a pour conséquence leur parallélisme. Il résulte, en outre, de cette disposition que les vents violents et fréquents du N.-O. auront le moins d'action possible au point de vue de l'échange des miasmes entre les pavillons placés sur des alignements parallèles.
L'espacement entre les pavillons de malades d'un même quartier est de 19 mètres (une fois 1/2 la hauteur), largeur supérieure à celle des routes nationales, y compris leurs accotements et fossés.
L'espacement est de 27 mètres d'axe en axe, ou entre deux faîtages consécutifs, soit près de trois fois la hauteur des bâtiments ; il est de 1 1 mètres entre balcons, largeur égale à celle des rues entre trottoirs.
Distances des services généraux aux' salles de malades : les plus rapprochés, 50 mètres; les plus éloignés, 140 ; moyenne : 95. Ce parcours horizontal moyen équivaut à peine à un travail mécanique, à une ascension de 8 mètres par 50 marches d'escalier, c'est-à-dire à un étage et demi.
La distance des pavillons de contagieux aux salles de malades les plus rapprochées est de 80 mètres.
Un chemin de ceinture intérieure de 10 mètres de large, de forme elliptique, et des jardins spacieux séparent les quartiers des contagieux, le service mortuaire, la maternité et la buanderie des autres quartiers.
Des plantations d'arbres verts résineux forment brise-vent et comme des écrans sanitaires séparatils des divers quartiers.
(I) Il est certain qu'au point de vue sanitaire une population do malades trop nombreuse est regrettable, et que deux petits hôpitaux de 373 lits chacun serait préférable ; mais une telle combinaison augmenterait nop les frais d'installation et d'administration pour qu'où puisse l'appliquer.
On remarquera, d'ailleurs, que l'inconvénient des grands hôpitaux se trouve ici follement atténué : 1° Par la division des diverses catégories de malades en plusieurs quartiers très éloignés les uns des autres, et qui en font comme autant de petits hôpitaux qui n'ont de commun que l'administration générale ;
2° Parla dissémination des malades sur une très large surface de terrain qui a été calculée précisément en progression différentielle avec le chiffre de la population.
Les intervalles entre les pavillons des malades sont également plantés d'arbustes et semés de pelouses.
Les arbres et arbustes sont cboisis parmi les essences variées convenant au terrain et au climat, ils vont en décroissant de hauteur à mesure qu'ils se rapprochent des bâtiments et sont suffisamment espacés pour ne pas intercepter l'aération générale.
Des bassins avec jets d'eau sont placés au milieu des pelouses. Le trop plein de ces bassins ainsi que les eaux pluviales s'écouleront à l'air libre pour donner de la fraîcheur, puis par les tuyaux servant à l'évacuation des eaux sales, afin de contribuer à leur nettoiement.
La canalisation des eaux sales est formée de tuyaux à parois lisses et impe méables, dont le diamètre est calculé pour que l'écoulement se fasse à pleine section ; tous les branchements seront pourvus d'obturateurs hydrauliques.
Les divers quartiers sont mis en communication par un téléphone, et reliés entre eux par un petit chemin de fer à traction d'hommes.
Toutes les parties de l'établissement seront éclairées.
On emploiera de préférence Yéclairage électrique, si d'ici à la fin des travaux ce procédé est assez perfectionné pour donner une lumière douce et économique.
Si on emploie le gaz dans les salles de malades, les becs seront surmontés de conduits évacuateurs, de façon à porter en dehors les produits de la combustion et à contribuer à la ventilation.
Un réservoir d'eau en maçonnerie, de la contenance de 60 mètres cubes, sera établi dans la partie culminante du terrain. Ce réservoir a pour but principal de parer aux cas de répararation des tuyaux de conduite extérieurs. Il sera recouvert d'une épaisse couche de terre et son radier sera placé à lm, 30, au moins, au-dessus du niveau des salles les plus élevées. Un appareil filtrant, un compteur et une vanne de nettoiement compléteront son installation.
Pavillons de malades. — Les plans, coupes et élévations montrent suffisamment la disposition des divers bâtiments, sans qu'il soit nécessaire de les décrire. Cependant il y a lieu de donner des détails plus étendus sur les pavillons de malades, qui exigent des précautions toutes particulières pour en faire de véritables instruments de guérison.
Tous les pavillons de malades et blessés sont établis sur un type uniforme, avec cette seule différence que pour les blessés, il y a une salle d'opérations et une salle de repos en plus des salles prévues pour les malades.
Chaque pavillon contient 32 lits, dont :
28 dans la salle collective, placés sur deux rangs, à raison de deux par trumeau, et 6 dans trois salles particulières pour deux lits; une tisannerie, une lingerie, un réfectoire, une chambre de surveillant, un cabinet pour le médecin, une salle de bains, des water-closets, des lavabos, une trémie pour l'évacuation du linge sale, sont prévus dans chaque pavillon et de plein pied avec la salle collective, afin que chaque pavillon de malades et blessés forme comme un petit hôpital indépendant pour les services les plus fréquents.
Les salles et annexes ci-dessus sont élevées de 3m, 20 audessus du sol naturel, sur des soubassements voûtés, dont une partie est utilisée pour préau couvert, pour des magasins d'objets propres ne pouvant produire aucune émanation, pour chambre de chauffe du calorifère, dépôt de combustible, salle de jour et réfectoire de convalescents, logements de quelques personnes de service. Ces soubassements abriteront en outre le chemin de fer, le chariot d'attente récepteur du linge sale, et ils seront ouverts à l'air libre dans la plus grande partie de leur surace.
Les longues façades sont garnies de balcons de 3 mètres de largeur, établis au niveau des salles et destinés à recevoir des lits de malades sous toile pendant les belles journées.
Les annexes particulières à chaque pavillon sont disposées de manière à dégager le plus possible la salle collective pour ne pas trop masquer la vue des jardins, et pour permettre leur ventilation longitudinale naturelle par les rosaces pratiquées dans le haut des pignons. A cet effet la hauteur des annexes les plus élevées ne dépasse pas 4m, 50, tandis que la salle collective a une hauteur de 7m, 50 sous faîtage; chaque salle a ainsi une hauteur à peu près égale à sa largeur, ce qui devrait être généralement observé.
Les water-closets, tisannerie, lavabos, trémie au linge sale sont groupés dans une même annexe, séparée des autres par un corridor de 2 mètres de largeur, ouvert aux deux bouts et dans le vitrage qui le recouvre. En plaçant la tisannerie auprès des water-closets et des bains, le but a été de faciliter la ventilation des premiers et le chauffage des seconds.
Les pavillons accouplés dans le même alignement sont séparés par des portiques ouverts de 3 mètres de largeur, et, comme les annexes de droite et de gauche ont ensemble une largeur de 12 mètres, il en résulte que* l'espace séparatif entre deux salles collectives est de 15 mètres dans le sens de la longueur.
La salle collective a 35 mètres de longueur, 8 mètres de largeur, et en surface 280 mètres, soit 10 mètres carrés par lit; le reste, 357 mètres, est occupé par les annexes, y compris les balcons.
La section de la salle collective est de 35 mètres, ce qu
fournit une capacité de 53x3o = 1,855 mètres cubes, soit un cube d'air, par malade, de 66 mètres (1).
Les surfaces vitrées ou d'éclairement se composent de 12
croisées ou portes-croisées de 3m60 de vitrage, ci. . . . 43m20
une glace dans le pignon postérieur de 4m50
2 rosaces de pignon, ensemble Gm30
Total des surfaces vitrées 54m00
Soit par litlm92 ou environ le I/o de la surface de la salle éclairée.
La surface enveloppante interne en contact avec l'air clos est de 1,000 mètres (2).
La surface enveloppante externe, en contact avec l'air extérieur est de 800 mètres, de sorte que le rapport entre les surfaces extérieures d'aération ou d'assainissement et les surfaces intérieures d'absorption ou d'infection, est, 8/10, condition la plus favorable que l'on puisse obtenir pour la salubrité et la durée sanitaire d'une salle collective (3).
Pavillons de malades contagieux. — Les six pavillons de contagieux ne contiennent que 14 lits chacun, 10 dans une salle collective, et 4 dans deux chambres séparées ; ils sont placés deux à deux, un pour chaque sexe, et forment ainsi trois groupes bien nettement séparés pour chacune des trois principales maladies contagieuses (variole, fièvre typhoïde, diphtérie) .
Chaque groupe a un service de tisannerie, pharmacie et lingerie commun aux deux sexes, il y a en outre des bains, toilettes, water-closets pour chaque pavillon, des chambres pour
(1) Le véritable luxe d'un hôpital doit consister dans sa bonne exposition, dans l'ampleur des espaces superficiels et cubiques offerts aux malades et dans le renouvellement abondant de l'air clos.
Le cube d'air donné par les hôpitaux de Paris, de Londres et de Berlin varie de 40 à 50 mètres. Les hôpitaux d'Italie sont généralement les mieux pourvus sous ce rapport, car la capacité des salles s'eîève souvent à 70 et 80 mètres cubes, mais cela ne peut suppléer à une ventilation insuffisante.
(2) Les surfaces d'éclairement des hôpitaux les plus récents ne dépassent pis im,80 par lit : l'hôpital le plus largement pourvu sous ce rapport est celui de Saint-Denis (type Tollet, n° 6), qui présente 4 mètres de vitrage par lit; l'inconvénient des surfaces de refroidissement vitrées trop étendues consiste dans la difficulté de chauffer.
(3) L'égalité entre les surfaces intérieures d'absorption et les surfaces extérieures d'aération ne pouvant être obtenue qu'en mettant les 4 faces des salles en contact direct avec l'air libre' extérieur, c'est-à-dire en supprimant la contiguïté des annexes pour les repoiter à dislance, ce que les nécessités du service et la régularité du plan ne permettent pas de réaliser, il sera expliqué plus loin.au paragraphe sur le système de construction, que les conditions relativement favorables obtenues sont dues à l'empioi delà forme ogivale.
surveillants et surveillantes. Chaque couple de pavillons est séparé par un vestibule et par les services communs.
Dimensions d'un pavillon double : longueur 40 mètres ; lar geur 9m,60; surface 385 mètres carrés. Dimension d'une salle collective pour 10 lits placés sur deux rangs, un par trumeau : 15 X 7, surface 105 mètres carrés, soit, par lit, 10m,50; hauteur 7 mètres, égale à la largeur. — Section 40 mètres, capacité 600 mètres. — Cube d'air par lit, 60 mètres (1).
Maternité et Infirmerie. — (Voir au paragraphe spécial, page 298.;
Système de construction. — L'enveloppe des salles est composée d'une ossature en fer de forme ogivale, qui est comme le moule de la construction et en assure la stabilité. Le remplissage des parois internes se fait en briques de 0,m05, encastrées dans les nervures des arceaux en fer.
Les pignons et façades sont en pierre pour le complément de l'épaisseur des murs à 0m,40 (2).
La couverture des bâtiments principaux est faite en tuiles à emboîtements ; mais pour les toitures plus plates des annexes on emploie la tuile courbe, en usage dans le midi de la France.
L 'imperméabilisation des parois intérieures en contact avec l'air des salles est obtenue à l'aide de 3 couches de peinture à l'huile sur enduit lisse, tandis que les surfaces extérieures des matériaux laisseront leurs pores ouverts à l'influence sanitaire de l'air libre et des vents (3). Tous les angles intérieurs sont arrondis, l'aire des salles en mosaïque imperméable a les pentes, caniveaux et gargouilles nécessaires pour faciliter les grands lavages.
La forme ogivale comparée aux autres formes courbes (ellipse, anse de panier, plein cintre, arc de cercle) est celle qui exerce le minimum de poussée sur les pieds-droits combinée
(1) Ce cube d'air est un peu inférieur à celui des salles de malades ordinaires pour 2S lits, mais il est rationnel de faire croître la capacité des salles en progression avec le nombre de leurs occupants.
(-2) La brique doit être, autant que possible, préférée pour ses qualités hydrofuges résistant sous un petit volume, son pouvoir conducieur très faible, puisqu'il n'est que du tiers de relui de la pierre, de telle sorte que, comme écran thermique, un mur en brique de 0m,22vautun mur en pierre de 0m,45.
(3) Les enduits et les peintures, en bouchant les pores desmalén'aux, ont l'inconvénient de restreindre l'action sanitaire de la ventilation par filtrage, qui se produit à travers les murs par l'action des vents et des différences de température sur leurs deux, faces; mais, celte ventilation est trop peu régulière, trop intermittente, pour lui sacrifier le lissage des parois internes, et leur imperméabilisation contre l'influence permanente des miasmes qui tendent à s'y attacher et à s'introduire dans la masse.
avec une ossature en fer, elle permet d'assurer la stabilité de la construction pour les salles collectives les plus spacieuses, sans le secours des tirants encombrants, des contreforts et arcs doubles; aux massifs, les charpentes saillantes sont supprimées. Elle permet en outre d'employer le minimum de surface enveloppante et de matériaux, élémenfs d'insalubrité, pour le maximum de capacité intérieure, facteur sanitaire.
Avec sa forme élancée, l'ogive remplace très avantageusement le lanterneau dont on surmonte toujours les salles collectives lorsqu'on peut les dégager d'étages supérieurs (hôpitaux américains et ambulances anglaises et françaises, etc.). La ventilation naturelle se produit très régulièrement dans le vaisseau ogival par l'angle dièdre curviligne de faîtage qui sert de canalisation à l'air vicié en le conduisant à des échappements munis de registres répartis sur différents points du sommet. Enfin l'ossature ogivale dispense de l'emploi des cintres mobiles ordinairement nécessaires pour la construction des voûtes et elle] permet de renouveler à des prix peu élevés les parois internes les plus susceptibles de détérioration.
Chauffage et ventilation d'une salle collective. — A. Chauffage et ventilation d'hiver. — Le chauffage a lieu : 1° par un calorifère avec chambre de chauffe, placé en soubassement et comportant toutes les dispositions nécessaires pour conserver à l'air ses qualités normales; 2° par une large cheminée ventilatrice adossée à l'un des pignons et munie d'un appareil Fondet, disposé spécialement pour contribuer à volonté à augmenter le rendement calorifique et la ventilation.
Les orifices d'introduction d'air chaud, dits bouches de chaleur, au nombre de cinq, ont une surface totale libre de 0m,80; ils sont munis de registres et peuvent distribuer dans toutes les parties de la salle les plus éloignées de la tête des lits 3,300 mètres cubes d'air chaud par heure, à la vitesse de lm,2o par seconde, soit 120 mètres cubes par lit.
L'évacuation de l'air vicié a lieu dans les mêmes proportions et à une vitesse un peu supérieure : 1» par la cheminée ; 2° par 3 gaines d'une section suffisante et dont l'action ventilatrice est déterminée par le passage des tuyaux de fumée de la cheminée, du calorifère et par l'appareil Fondet.
B. Ventilation d'été. — Ventilation diurne : par les ventouses inférieures, les portes et croisées de l'angle dièdre curviligne du faîtage munies de régulateurs. Ventilation nocturne : introduction d'air neuf par les ventouses inférieures et par les impostes des portes et des croisées ouvrant à soufflet dans leur partie supérieure à raison de 100 mètres cubes d'air par heure et par lit. — Evacuation d'air vicié dans les mêmes proportions, par l'angle dièdre curviligne du faîtage.
Leprixde revient sera de 1,500,000 francs, moins l'ameublement, qui n'a pas encore été prévu, et y compris le terrain et la canalisation ; les 9 bectares de terrain ont coûté 90,000 francs. Nous ferons enfin remarquer que le vieil hôpital de Montpellier est conservé comme hospice; on y a seulement installé deux salles et un logement d'interne et de médecin pour servir d'hôpital de premiers secours en cas d'urgence, de passage en quelque sorte et pour les circonstances, très rares, où les malades ne pourraient être transportés au nouvel hôpital à l'aide de la voiture spéciale remisée à l'ancien et communiquant avec la ligne des tramways de la ville par un embranchement spécial pénétrant dans les deux hôpitaux.
Hôpital militaire de Bourges. — Nous rappelons ici qu'antérieurement à l'hôpital de Montpellier, le service du génie militaire a construit, d'après les plans de M. Tollet, un hôpital, militaire à Bourges, qui esta divers titres un hôpital général. Ce sont les résultats obtenus avec cet hôpital, qui ont permis de reconnaître la valeur de ce système, dans lequel « pour la première fois les règles de l'hygiène hospitalière président seuls à la construction». Cette appréciation est extraite d'un mémoire publié par M. le DrSarazin, médecin principal de l'armée, dans la Revue d'hygiène, 1879. Nous ne pouvons que renvoyer pour la description à ce mémoire et au plan annexé que nous reproduisons aux figures 180 à 183.
Hôpital Biciiat, a Paris. — Le manque de lits dans les services hospitaliers de la Ville de Paris, la nécessité de remplacer tout au moins dans un bref délai ceux que devait faire supprimer la démolition un moment projetée du bâtiment-annexe de l'Hôtel-Dieu, conservée sur la rive gauche de la Seine après la disparition de l'ancien hôpital, engagèrent notre collègue M. le Dr Thulié à demander au Conseil municipal, dont il fait partie, de transformer les postes-casernes des fortifications en hôpitaux. Un premier essai de cette transformation fut résoin et l'hôpital Bichat, situé dans le bastion n° 39, près de la porte Saint-Ouen, va être bientôt prêt à recevoir des malades. C'est aussi M. Tollet qui a été chargé d'élever cet hôpital, dont les dispositions sont représentées aux figures 184 et 185 et dont notre collègue M. le Dr Bourneville a fait connaître les conditions d'installation dans un rapport adopté par le conseil municipal en 1880.
L'hôpital élevé sur une surface disponible de 7,770 mètres depuis le pied des fortifications, se composera, d'après ce rapport : 1° du bâtiment existant (poste-caserne dans lequel on a placé l'administration et quelques chambres de malades) ;