‹ L'etude et les progrès de l'hygiène en FranceChapitre 72 sur 174 · HOPITAL HERTFORD · texte numérisé non relu

HOPITAL HERTFORD

fants, et que les locaux destinés à renseignement seront encore utilisés comme moyens de séparation des services;

Attendu que l'étendue de cet emplacement permet encore, en rachetant les pentes, d'établir des cours et des jardins dont profiteront les malades, et qui sépareront les bâtiments en donnant un accès facile à l'air et à la lumière; que l'orientation des constructions, du nord .au sud, permet aux vents dominants de balayer l'hôpital, dans le sens de sa longueur, de l'ouest à l'est ;

Attendu que les bâtiments destinés aux malades n'auront qu'un rez-de-chaussée et un premier étage; que deux couches de malades seront ainsi superposées, disposition favorable à l'hygiène et que peu d'hôpitaux réalisent; que placer tous les malades au rezde-chaussée, comme quelques médecins le demandent, exigerait une extension considérable de terrain et entraînerait pour un hôpital permanent une aggravation de dépenses, en rendant le service moins commode et la surveillance plus difficile; que les rez-de-chaussée destinés aux malades seront assainis par des sous-sols qui recevront divers usages et diminueront d'autant la surface bâtie;

Attendu que le plan admet comme dimensions maximum des salles de seize lits (quinze lits de malades et un lit d'infirmier), avec de petites salles de deux lits pour l'isolement ; qu'on entre ainsi dans le système des petites salles sans l'exagérer; que les salles auront 4 mètres 1/2 et 5 mètres de hauteur avec un cube d'air de 50 mètres par malade pour les services ordinaires et de 60 mètres cubes pour les affections contagieuses; que chaque salle aura des fenêtres opposées à ses deux faces; que des cheminées contribueront à assurer la ventilation; que chaque service aura les accessoires réclamés par l'hygiène, tels qu'une salle de réfectoire pour les malades qui peuvent se lever, un cabinet de bains, une pièce pour lavabos et, du côté du nord, un cabinet d'aisances précédé d'un couloir ; attendu que le projet prévoit aussi des salles de rechange, si importantes pour maintenir la salubrité d'un hôpital ;

Attendu que les bâtiments d'administration sont séparés des services de malades, sans en être trop éloignés, qu'une situation convenable est donnée à la pharmacie, que l'établissement des bains est prévu dans de bonnes conditions, qu'une distribution d'eau est assurée dans toutes les parties de l'hôpital;

Attendu que le service des morts est isolé et éloigné à l'extrémité Est du terrain, avec une entrée spéciale, et qu'il est placé de manière à ne pouvoir nuire à la salubrité de l'hôpital,

Le Conseil de salubrité, par l'ensemble de ces motifs et de ces considérations, qui résultent de l'examen du programme, des plans et de la connaissance des localités, est d'avis que la reconstruction des hôpitaux de Nancy, faite sur cet emplacement et dans ces conditions, est conforme aux exigences de l'hygiène publique et donne son entière approbation au projet et aux plans qui ont été soumis à son examen.

Hôpital Hertford. — Un de nos collègues, M. Sanson, a été chargé par sir Richard Wallace d'élever "un hôpital de grand luxe, qu'on nous permette l'expression, destiné à recevoir les malades de nationalité anglaise à Paris. Ce nouvel établisse-

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ment, qui porte le nom d'hôpital Hertford, présente un certain nombre de particularités intéressantes, que des hôpitaux plus conformes aux ressources budgétaires impérieuses des grandes agglomérations pourront utilement appliquer ; les détails descriptifs suivants sont extraits d'une communication faite par M. Sanson à la Société de médecine publique. {Bullet in et Revue (V hygiène, 1881.)

L'hôpilal Herlford (fig. 190) est construit à Levallois-Perret, près île Paris, sur un terrain d'une contenance de 7,300 mètres carrés environ, sur lequel la construction proprement dite occupe une surface d'environ 800 mètres carrés ; le reste est affecté aux jardins, cours, morgue et remises, etc.

L'aspect général du plan représente au centre un carré qui renferme les services d'administration, flanqué à l'est et à l'ouest de deux ailes formant les salles des malades, et au nord d'une aile où sont disposés tous les services d'hygiène et de propreté, tels que cuisine, bains, lavabos, water-closets. La disposition de cette aile, séparée à tous les étages du bâtiment principal par un long couloir que l'on peut ventiler à volonté, permet d'éviter les odeurs résultant de ces différents services.

L'entrée principale de l'hôpilal est placée au centre de la façade donnant sur la rue de Yilliers. Un jardin l'isole de la voie publique. Après avoir gravi 3 marches, on entre dans un vaste vestibule en pierre, éclairé par dix baies en ogive placées dans la partie supérieure. A droite se trouvent la loge du concierge et l'escalier conduisant aux salles des malades pour les hommes; à gauche, un parloir à l'usage de la super intendent lady et l'escalier conduisant aux salles des malades pour les femmes.

Si l'on descend les 5 marches qui se trouvent au centre, on trouve sous les arcs qui soutiennent les deux révolutions de ces escaliers deux portes; l'une à droite donnant accès dans la chambre du conseil, l'autre à gauche, donnant accès dans la chapelle. Sous ces escaliers se trouvent également les descentes conduisant aux caves et au calorifère.

Dans ce grand vestibule viennent aboutir des couloirs conduisant, à droite, au service des consultations journalières, à gauche, au service des bains, et au fond, à celui de la cuisine.

Le service des consultations journalières se compose de 2 salles d'attente pour les malades du dehors avec une entrée spéciale sur le jardin, d'une salle de consultations avec pharmacie et d'une salle où se tiennent les gardes-malades inoccupées et où elles prennent leurs repas.

Des jours donnant dans les deux salles d'attente permettent aux gardes de surveiller les consultants.

Le service des bains réservés aux malades du dehors se compose d'une salle d'attente avec entrée spéciale sur le jardin, de deux pièces pour bains ordinaires ou médicamenteux, d'une pièce pour bains de siège, d'une autre pour la sudation, d'une salle d'hydrothérapie et d'une salle de repos.

Le service des cuisines se compose de la cuisine, d'un gardemanger, d'une laverie et d'une pièce servant de lampisterie.

De ce côté se trouvent un escalier de service conduisant à l'étage supérieur à proximité duquel un ascenseur hydraulique permet de faire monter les malades et les fardeaux à tous les étages, et deux escaliers en pierre conduisant au saut-de-loup, où sont disposés des wator-closets et urinoirs pour les domestiques.

Sous la cuisine est ménagée une pièce pour l'appareil de chauffage des bains de tout l'établissement avec soute à charbon.

Si après avoir parcouru tout le rez-de-chaussée, on revient dans le vestibule et qu'on gravisse l'un des deux escaliers en pierre, on se trouve à l'étage des salles des malades. Le côté des hommes est séparé de celui des femmes par un vestibule fermé par des cloisons empêchant toute communication entre les malades des deux sexes, sans nuire cependant aux communications nécessitées par le service.

Le côté droit, réservé aux hommes, se compose d'une anti-salle donnant accès, à droite, à un réfectoire avec terrasse exposée au midi (cette pièce est actuellement affectée à 2 lits d'agités) ; à gauche, à la chambre d'une garde-malade d'où la surveillance peut être exercée facilement sur les salles des malades et le jardin qui leur est consacré ; et enfin, au fond, à la grande salle des malades. Cette salle contient 12 lits, dont 2 pour enfants. Elle forme un long rectangle d'une superficie d'environ 120 mètres carrés, soit.par lit.de 10 mètres carrés. Elle est éclairée au nord et au midi par de larges baies en ogive, permettant l'introduction de l'air frais en été et des rayons du soleil en hiver. Sa hauteur comprend 2 étages; ce qui donne un volume d'air d'environ 800 mètres cubes, soit de 65 mètres cubes par lit. A l'extrémité de cette salle, se trouve un window largement éclairé avec foyer à feu visuel où 3es malades, qui peuvent se lever, viennent lire, causer, jouer, se chauffer au soleil. Un escalier de pierre permet aux convalescents de desendre de ce window dans le jardin.

Séparés de la grande salle des malades, mais au même étage et dans la même section, se trouvent les lavabos, water-closets, une salle de bains, le tout exposé au nord comme il a été dit plus haut.

Le côté gauche, réservé aux femmes, est en tous points identique à celui des hommes comme disposition et comme pièces.

Il ne reste plus au premier étage qu'un escalier en pierre conduisant à l'étage supérieur. Cet escalier, qui n'a qu'une révolution et dont la cage monte jusqu'au comble, est éclairé par un châssis vitré horizontal placé au centre d'une voussure supportée par des murs percés, de baies en ogive, et donne du jour dans les couloirs de dégagement dont il est entouré au 2e et au 3e étage.

Ces couloirs donnent accès : 1° au midi, à 2 salles pour les opérés, l'une à droite réservée aux hommes, l'autre à gauche réservée aux femmes. Ces 2 salles sont séparées par une chambre où se tient une garde-malade, dont la surveillance peut s'exercer facilement sur les salles d'opérés et les terrasses ; 2° à l'ouest, à l'appartement de l'interne ; à l'est, à celui de la superintendent lady.

Ces deux appartements ont des vues directes sur les grandes salles des malades, sur les salles d'opérés et sur le jardin appartenant à chaque section. L'interne peut ainsi surveiller le côté des hommes, la superintendent lady, celui des femmes.

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