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ÉTUDE DES ÉPIDÉMIES

dans l'air de la rue de Rivoli. La ligne pleine brisée située audessus de ces espaces donne la somme des décès enregistrés hebdomadairement à Paris dans le Bulletin de statistique municipale de notre collègue M. leDr Bertillon, pour les maladies zymotiques les plus meurtrières dans cette ville, la lièvre typhoïde, la variole, la rougeole, la scarlatine, la diphtérie, l'infection puerpérale. A l'examen des courbes inscrites dans ce diagramme, on voit la courbe supérieure, celle des maladies épidémiques, présenter une série de points culminants, et la courbe inférieure, celle des bactériens, montrer une série de maxima le plus souvent mensnals.

Fig. 226. — Maladies épidémiques et bactéries, à Paris, pendant l'année 1880-1881,. d'après les recherches de M. P. Miqùel. (Voir l'explication, p. 343.)

« En éliminant de ces 42 maxima le maximum des bactéries remarqué vers la troisième semaine d'avril, à une époque où les décès causés par les maladies zymotiques ont mis deux mois pour descendre de 240 à 210, dïi reste en présence de 11 recrudescences de microbes et d'autant de recrudescences de décès. Sur ces 11 sommets de courbes, 3 coïncident exactement, et 8 sont distants entre eux d'un interligne horizontal,, les crues des bactériens précédant toujours d'une semaine les crues du chiffre des décès. L'an dernier, à 9 recrudescences de bactéries correspondaient également 9 aggravations de la mortalité par les mêmes affections. En un mot, si, durant les deux années qui viennent de s'écouler, il nous avait été possible de posséder le jour même le résultat de nos analyses microscopiques, 19 fois sur 20 il nous aurait été facile d'annoncer exactement l'imminence d'une crue de décès par les maladies zymo-

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tiques et 20 fois sur 20 le dégrèvement de la mortalité par ces mêmes maladies. Une seule fois, nos prédictions auraient manqué d'exactitude ; au lieu de croître, le chiffre des décès serait resté stationnaire. Comme cela résulte de nos observations antérieures, parmi les maladies qui contribuent le plus à créer les coïncidences vraiment remarquables représentées dans le diagramme de la page 343, on trouve en première ligne la fièvre typhoïde, puis le choléra infantile et, ensuite, les lièvres éruptives. Les maladies du larynx ne semblent pas participer aux relations concordantes qui viennent d'être signalées ; cependant, avant de nous prononcer sur ce point, il nous serait indispensable d'avoir entre les mains des documents complets sur la morbidité parisienne.» (Miquel).

M. le Dr Ernest Besnier, dans un mémoire lu à l'Académie de médecine en 1880 sur la recherche des lois qui régissent les épidémies en général et sur la détermination de la loi saisonnière de la fièvre typhoïde en particulier, a montré de quel intérêt étaient ces recherches trop négligées aujourd'hui et qu'il s'est efforcé de remettre en honneur dans ses rapports trimestriels. Le résultat de ses investigations poursuivies durant quinze années dans un même lieu et avec des matériaux idenliques, sont notamment précis, dit-il, en ce qui concerne la réalité des constitutions médicales bénignes et malignes, les variations de la gravité ou de la fréquence d'une même affection dans le même lieu à différentes époques ou à la même époque, entre différents pays voisins, la nature et le degré des rapports qui s'établissent entre les diverses affections et les conditions cosmiques, telluriques, individuelles, sociales, etc., la variabilité du pouvoir contagieux d'une même affection et enfin la détermination des lois saisonnières qui régissent les principales maladies populaires.

Prenant la fièvre typhoïde pour type du plan d'application de ses études à l'épidémiologie positive, il a montré nettement que dans les pays où la fièvre typhoïde est endémique, elle atteint son apogée en automne et que, dans les mêmes régions, le point le plus déclive de la courbe annuelle de cette maladie, son hypogée, se produit régulièrement et normalement au printemps.

Parmi les relevés démographiques que nous citions tout à l'heure, le plus complet assurément est celui que notre collègue M. le Dr Bertillon dresse chaque semaine depuis le 1er janvier 1880 dans son service de la statistique de la Ville deParis; ce Bulletin comprend tout ce qui intéresse^au point de vue statistique, les divers services de la Ville, le nombre des naissances et Jes décès, par causes, par âge et par sexe, la répartition des décès suivant leur cause et leur lieu, la comparaison des naissances et des décès de Paris et d'un certain nombre de vil-

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