‹ L'etude et les progrès de l'hygiène en FranceChapitre 98 sur 174 · ÉTUDE DES ÉPIDÉMIES · texte numérisé non relu

ÉTUDE DES ÉPIDÉMIES

venue apporter « un champ tout nouveau à nos connaissances «n pathogénie et physiologie générales » (A. Gautier). MM. Brouardel et Boutniy ont t'ait connaître un réactif, le cyanoferriJe de potassium, propre dans certaines conditions à distinguer les ptomaïnes des alcaloïdes végétaux (Académie de médecine, 1881); ce sel, mis en présence de ptomaïnes cadavériques, est ramené instantanément à l'état de cyanot'errure et devient capable de former du bleu de Prusse avec les sels de fer; au contraire, il ne subit aucune modication au contact de la presque totalité des alcaloïdes végétaux.

M. Armand Gautier a élargi encore ces données et il a montré, dans ses communications à l'Académie de médecine en 1881, et dans un travail inséré dans le Journal d'anatomie et de physiologie (1881), le développement que prennent les alcaloïdes dérivés des matières protéiques sous l'influence de la vie des ferments et des tissus ; « les quatre cinquièmes environ de nos combustions internes, dit-il, sont de véritables fermentations aérobies, comparables à l'oxydation de l'alcool sous l'influence des mycoderma vint et aceti, et un cinquième de ces combustions désassimilatrices se produit aux dépens des tissus eux-mêmes sans nul recours à l'oxygène étranger; en un mot, celte partie des tissus vit à la façon des ferments aérobies... Nous devons donc, dans nos produits d'excrétion, observer les substances mêmes que l'on retrouve dans les fermentations anaérobies des mêmes matières albuminoïdes, c'est-à-dire dans les fermentations putrides. Nous retrouvons, en effet, dans nos sécrétions, et presque exclusivement, l'ensemble des produits delà putréfaction proprement dite. »

Poursuivant ses recherches, et se demandant si les glandes salivaires chez les animaux supérieurs ne renfermaient pas des substances analogues aux venins des serpents, il a ainsi trouvé dans la salive bumaine normale une substance particulière toxique, surtout chez les oiseaux qu'elle stupéfie profondément, soluble et non alburninoïde, dont l'activité résiste à 100° centigrades. Cette substance est formée principalement d'un alcaloïde vénéneux à base de chloroplatinate et chloroaurate sohibles et cristallisables ; de plus elle paraît être de la nature des alcaloïdes cadavériques, car elle donne la réaction indiquée précédemment par ceux-ci, réaction propre également, ainsi que l'a montré M. A. Gautier, aux alcaloïdes des urines normales et à ceux des venins des serpents. Ainsi, ces alcaloïdes, que l'on a cru d'abord ne se trouver que dans les produits putrides, doivent être considérés comme des produits nécessaires de la désassiinilation normale des tissus.

Etude des épidémies. Recherche des conditions climatiques des bactéries en rapport avec le nombre des décès; lois sai-

342 MALADIES ÉPIDÉMIQIJES.

sonnières; classification. — L'étude des épidémies, on le conçoit, éprouve aujourd'hui des modifications considérables dans les considérations dogmatiques auxquelles elle était autrefois bornée. A un autre point de vue, les recherches climatologiques, statistiques et physiques, si communément poursuivies depuis quelques années, lui offrent un nouveau contingent de renseignements précieux. On peut voir, dans les rapports annuels de M. Hervé-Maugon, président du Conseil du Bureau central météorologique de France, les progrès de l'organisation météorologique de notre pays depuis sa création en 1878. Les recherches météorologiques sont plus que jamais appliquées à l'étude des maladies et si l'organisation souhaitée par notre collègue M. le docteur Drouineau, dans sa communication à la Société de médecine publique (Bulletin et Revue d'hygiène 1880), n'est pas encore complète, il n'en faut pas moins citer les relevés hebdomadaires comprenant ces deux ordres de recherches, en les comparant, publiés par le service de la statistique de Paris, par les Annales d'hygièneet le Journal d: hygiène, etc., par les Bureaux d'hygiène du Havre et de Nancy, dans les villes de Marseille, Montpellier, Bordeaux, les travaux entrepris par les Conseils d'hygiène du Nord, de la Charente-Inférieure, etc., et reproduits dans leurs rapports annuels. Des médecins, en outre, n'ont pas craint de se livrer d'eux-mêmes, en particulier, à ces recherches ardues, ainsi qu'en témoignent les rapports trimestriels sur les maladies régnantes présentés depuis 1865 à la Société médicale des hôpitaux par M. le Dr E. Besnier (Union médicale), continués depuis le 1er janvier 1882 par M. le Dr Du Castel, ceux que M. le Dr Teissier, à Lyon, fait à la suite de M. le Dr Meynet, et dans lesquels il publie des Tables comparatives de morbidité et de mortalité pour tous les hôpitaux de cette ville, les travaux, enfin, que poursuivent certains épidémiologistes, parmi lesquels nos collègues M. le Dr Arnould, à Lille, M. le Dr Albenois, à Marseille, M. le D* Layet, à Bordeaux, et les médecins du service des épidémies dont les mémoires font chaque année l'objet d'un rapport officiel à l'Académie de médecine.

A l'Observatoire de Montsouris, nous l'avons déjà indiqué au chapitre V en parlant de l'atmosphère urbaine, des recherches microscopiques sont entreprises quotidiennement par M. P. Miquel, sous la direction de notre collègue M. Marié-Davy, sur les bactéries de l'air et du sol ; on les trouve résumées chaque année dans Y Annuaire de cet Observatoire (Paris, Gauthier- Villars). En outre des renseignements que nous avons donnés plus haut (p. 155), nous croyons devoir reproduire la figure ci-contre (fig. 226).

Le diagramme de cette figure représente par des espaces teintés la distribution des bactéries pendant l'année 1880-1881

Page 1