CORRECTION D'ÉPREUVES
® L'épreuve consiste à rayer certaines lettres, toujours, les mêmes, dans un texte imprimé; il faut aller le plus vite possible, commettre le mains d'erreurs possible el ne jamais revenir en arrière, C'est un travail intellectuel” qui, à plusieurs points de vue, est mesurable, et c'est là ce qui fait son intérêt pour la psychologie individuelles on peut mesurer la vitesse moyenne du travail, son exncs tilude, ses progrès, la durée et les caractères de la périole d'adaptation. Dans une étude que j'ai publiée précédem
leurs tests pour l'étude de l'aptitude à l'adaptation; si ons prend dans une classe suffisamment nombreuse les 5 éléves les plus intelligents d’après leurs succès scolaires; el les 5 élèves les moins intelligents, et qu'on leurdonneà faire celle expérience, on trouvera qu'en moyenne le groupe intelligent est bien supérieur au second groupe. pour, la vitesse du travail et son exactitude. C'estque ce travail, s'il finit par devenir automatique et facile, présente, au début une certaine difficulté intellectuelle; il nevs'agit pas, sans doute, d'une difficulté de compréhension, mais d'exécution, il faut avoir présente à l'esprit une certaine direction, il faut reconnaître les lettres à barrer, aller vite et sans se tromper; il n'est pas étonnant que les
-enfants les plus intelligents montrent plus d'habileté à sta
dapter.
Voici éxactement comment j'ai fait lés expériences ave, les deux fillettes : quoique l'épreuve soit de celles qu'on peut à la rigueur faire collectivement, j'ai pris chaque
{t) Attention et Adaptation. Année psychologique, VI, p. 268.
en vitesse, à mesure que l'expérience se répète; \ conforment du reste à une règle que j'ai toujours » trée dans mes expériences (1), seulement celte b progrès est loin d’avoir la même régularité chez les: sœurs.
Marguerile augmente régulièrement, d'une ex]
à l'autre, ce qui nous prouve qu'elle apporte 2 la même application. Armande, au contraire, q cée dans les mêmes conditions matérielles et ne progresse pas régulièrement, mais par à-coup : progrès entre la 4%et la 2* expérience, rien entre. la 3°, grand progrès brusque entre la 3° et la 40 le ment, elle ne s'applique pas avec la même régularitén tention que sa sœur. Enfin, dernier trait assez inattent il se produit chez Marguerite pendant le travail ra
des signes manifestes d'énervement; ce sont des soupirs bruyants, des plaintes continuelles sur les erreurs qu'elles” commelet ne peut pas éviler. Elle est toujours mécontenteh de ce qu'elle a fait; Armande, au contraire, travaille dans un silence parfait et, à la fin de son travail, s'en déclare satisfaite. J'extrais de mes notes quelques observations. prises sur Marguerite.
« Entre la 2° et la 3° ligne, Marguerite soupire, s'aper=m çoit qu'elle en a oublié, regrette de ne pas revenir en arrière, parait énervée; elle tressaute quand je donne le signal des minutes. Elle dit souvent après la 4 minute « Je ne peux plus! »; au 5*signal, elle se lamente : « OH la la » (soupirs). « Je ne peux plus ! Oh ! non {Ia la 6° signal. « Oh ! » : elle paraît ua peu plus calme. FusieM gnal : « Oh ! je ne me dépêche pas assez; » elleva un peu« moins vite : soupirs. 8 signal, elle ne dit rien: plus calme, 9° signal, plus calme, ne dit plus rien. Si ce n'est une fois : « Oh ! non, je me suis trompée ! »
{1} Attontionet Adaptation, Année psychologique, VI, p. 363.