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rédaction d'Armande est plus concise ; elle est surt beaucoup plus vague et plus émue ; ce qui se voit u Litre choisi: Maison déserte, au lieu de maison de On ne peut pas dire que les détails donnés par soient faux, tant ils sont vagues.
icicelte énuméralion. J'ai fait faire à ces mêmes une dizaine d'autres descriptions, el je trouve tou= À des mèmes caractères à leurs rédactions, sauf dans »cas où l'objet que je leur propose de décrire est une re compliquée, ou un dessin énigmatique; dans ce cas, les rédactions des deux jeunes filles sont des , celle de Marguerite toujours plus minuque celle de sa sœur; il semble que Marguerite un grand plaisir à décrire, Landis que la descripielle et attentive ennuie Armande.
mons les caractères principaux des épreuves pré- ; elles nous ont montré, c'est le fail capital, que ile appartient exclusivement au type descriptif nde au type imaginatif, La copie de Marguerite ujours très simplement: ceci est une plume, écri- LS
enfaot ne manque pas de sensibilité littéraire. Le il, c’est que la description matérielle est loujours plète ; les détails sont peu nombreux, et souvent ; elmème, en y regardant de près, on trouveque uns son! inexacls ; ils ont été mal vus, ou mal és, faussement ou négligemment décrits, avec essions qui ne cherchent pas à serrer la réalité
| an après les expériences que je viens de rapporter, I refaire des descriptions d'objet par mes deux fil- Marguerite est restée observatrice ; Armande a, au aire, beaucoup changé; elle a cessé dans ses descripfaire de la fantaisie, el se borne à décrire l'objet e a sous les yeux, comme Marguerite, mais avec détails, de minutie et d’exaclitude, Etonné du ent, je mots sous les yeux d’Armande ses andescriptions, je l'intorroge, et elle me répond : lenant je n'aime pas mettre des choses comme ça,
rait bête. »
Esprit d'observation.
avons vu précédemment, dans lexpérience de de mots, que Marguerite nomme beaucoup plus at qu'Armande des objets présents, faisant partis du el.Cotte tendance si manifeste était cependant expliquer ; on aurait pu y voir la preuve de wreté d'idéation, plutôt que de l'esprit d'obet je pense que la première interprétation sens cerlains cas, pour certains sujels, el fausse es. L'expérience sur les associations d'idées ontré ensuite que lorsqu'on nomme un objet e dans la pièce, c'est le plus souvent à cet ohjet
que Marguerite pense, tandis qu’Ari ‘volontiers à un objet rappelé ou imaginaire où Cette seconde épreuve confirmait done notre inter tion de la première catégorie d'expériences, en no trant que Marguerite ne perd pas aussi facilement q sœur le conlaet des objets extérieurs. Un {roisièmi recherches est venu lever tous les doutes; nous : en faisant décrire les objets, combien Marguerite s'ai avec plus de soin qu'Armande aux caractères de l’objet à décrire. C'est dans cette voie qui à se tracer que nous nous sommes engagé po riences nouvelles que nous allons exposer, Pour apprécier l'esprit d'observation d'une je pense qu'on peut employer la méthode s sommes entourés d'un milieu matériel dont lails ont pour nous une grande importance et L vivement notre attention ; d’autres détails du milieu nt qu'un intérêt secondaire et peuvent être Sn sans grand dommage; d’autres eolin sont dénués de gr rêt. Je suppose que cerlaines personnes, qui n’onl d'esprit d'observalion, ou chez lesquelles cet esprit d'ob" servalion esl très spécialisé, et souvent suspendu par un état de distraction oude préoccupation inlenso;je suppose, dis-je, que ces personnes auront une tendance à néglige: dans le milieu extérieur tout ce quiest d'un intérèb secon“ daire ou nul, et remarqueront seulement les détails dé prime importance; elles sauront, par exemple, le planude leur appartement, en gros, elles connaitront Ja "plaets approximalive des meubles dans les chambres, maisvelles n'auront pas remarqué la couleur et le dessin de latapis” serie dans une des chambres ; elles no sauront pas sitel tableau a un cadre noir ou doré,elles ne distinguerontpass le timbre de l'entrée et la sonnette de la salle à manger, elles ne reconnaitront pas le bruit différent quefaitchaquem porte en se fermant, et ainsi de suite,
is que ces différences mentales existent. Il ÿ a des onnes de ma connaissance qui sont presque insensiau monde extérieur, tandis que d’autres ont consdes plus petits détails, mème les plus inutiles, une la formo d’une marche, la saillie d'un bâtiment, e d’une écorce d'arbres. J'ai fait à ce propos sur … x fillettes quelques expériences.
périence. — Un souvenir de la veille. — La veille où je fais l'expérience, j'ai pris avec les deux filletin de Paris à Meudon, vers 5 heures du soir; le ure 20 minutes; nous élions montés en wagon dis es avant lo départ; notre séjour total dans le wagon été de 30 minutes ; pendant ce temps,des voyageurs ntés et descendus, et il s’est produit quelques-uns ces détails insignifiants de tous les voyages. Je prends rt Marguerite, puis Armande, et je leur demande d'élout ce qu’elles peuvent se rappeler de leur voyage. d'Armande a 4 pages, elle a été écrite en 30 , la copie de Marguerite à 7 pages, elle a été n 50 minutes; elle estéerite plus serré, d’une écriile, tandis que l'écriture d’Armande est inclinée, emière différence, la différence d'abondance, nous jà rencontrée bien souvent; mais elle est beau importante que la différence du contenu, Je de ne pas pouvoir reproduire complètement les es, ce serait trop long, j'en donnerai seulement extraits. Îl y a dans ces récits deux choses, une le cadre-dans lequel elle se produit. Dans la nar- Armande, le cadre est absent, et comme sous-en- Ææ récit commence out simplement par : « Nous en wagon, le compartiment était vide, » puis, il d'autres détails. Marguerite, au contraire, a cru d'insister longuementsur ce cadre, elle indique place que chacun de nous occupait dans le puis elle parle du wagon lui-même,
quons combien c’est vague! « Trois autres £ r drées représentant des choses d'Eglise. » Toujours l vague. Aucune indication de position, « Un cadre de plios tographie en cornet, où il y a de vieilles photographies de nous. Près de la cheminée, il y a deux pelits sabols} accrochés, une petite caricature »,elle ne dit pas laquelle, «une photographie dans un cadre en velours rouge » elles ne dit pas laquelle, « une gravure entourée d'un papiers vert d’eau », aucune indication de sujet. «Il ya encor d'autres pholographies pendues au mur, puis deux peus masques de diable,» erreur, il n’y en a qu'un. Ces imptés cisions ne sont pas dues à un défaut de mémoire; Armande ne dit pas ce que renferment tels cadres, elle le sait pourlant, car je le lui ai demandé et elle m'a répondu exactement; elle ne manque done pas de mémoire; c'est plutôt une tendance d'esprit à ne pas préciser, à ne pas aller jusqu’au bout de sa pensée; c’est peut-être celte Lens dance qui explique en partie l’abondance d’abstractions qu'on remarque dans son esprit. Après le défaut de pré= cision, signalons l'absence d'indication de position; Armanie se contente de dire que certains objets sont « près de la cheminée ». Enfin, elle ne met aucun ordre dans sa description, si ce n’est, comme elle semble l'in= diquer par ses premiers mots, un ordre d'importance. Dans la description de Marguerite, on ne trouve pas les expressions vagues qui abondaient dans la rédaction d'Armande,sauf pour le porte-photographie. De plus, Margue= rite a toujours eu la préoccupation d'indiquer la position exacte des objets : à gauche de la cheminée, au-dessus de la commode, au-dessus de la toilette. C'est là peut-être un trait de l'esprit d'observation; en tout cas, il ne manque pas à Marguerite ; elle situe chaque objet, tandis que ceux W'Armande restent en l'air. Un autre caractère bien net de celle rédaction, c'est qu'elle suit un ordre spécial. Marguerite commence par le mur auquel est adossé le
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