DES PHRASES
crites un caractère différentiel quisetraduit par deux différents : l'attention et l'orientation des idées chez uerite est pratique, chez Armande elle est poétique. xpressions seraient très vagues, si elles étaient des Sciations arbitraires ; pour nous, elles résument un :rand nombre de faits précédents, elles n’en sont que ne représentatif.
Nous cherchons à compliquer l'exp
nos sujets une élaboration intellectuelle à grande, pour savoir si, dans ces nouv l'effort intellectuel devient plus intense, le que nous avons reconnus à nos deux fille leurs caractères distinetifs. En ce moment, nos deux sujets aux prises avec un objet leur faut décrire.
Je rappellérai d’abord ce qu’on sait déj de description d'objets-:
Dans ces dernières années, j'ai eu souv constater que si l'on demande à un g de faire une description écrite d’un ob Jeurs yeux, on obtient des description:
très grandes différences individuelles. û } ce que signifient ces différences, je crois q rable de montrer, par des exemples multip tence permanente.
Rendons une personne témoin d'un éyët conque et faisons-lui raconter cet événemi cerlain que les récits varicront beaucoup | l'autre, non seulement au point de vue de mais au point de vue de l'altitude d'esprit prise parle témoin. Les unes ont le sens de” plus développé ; les autres ont plus d'il d'autres, la réaction émotionnelle domine, el
ï que chacun peut faire tous re jours maïs qui, n général, restent peu précises, et qu'on ne songe pas à onner. Le but que nous nous sommes proposé aété
e mettre différentes personnes en présence d’un même ol pour chercher à saisir quels sont les processus psy= es différents que cet objet fera naître suivant les per-
à, en 1893, en collaboration avee M. V. Heñri, j'a Lune expérience de ce genre dans une écolepri- à Ja photographie d'un tableau assez compliqué lableau de Neuville, /es Dernières Cartouches) tée pendant 2 minutes aux élèves d'une classe evaientensuile la décrire de mémoire. Cette épreuve intéressa vivement les élèves, qui, dans notr 1 actuel d'instruction, sont si rarement | appelés à se Le de ce qu'ils voient. Les copies furent réu= ées; mais engagé dans d'autresrecherches, le temps de les étudier.
appris que Miss Bryant, pédagogue anglaise, ! é sur ses élèves un test analogue et en un parti avantageux, Miss Bryant faisait décrire d'éti familière aux élèves. L'objet qu'elle à | x Ja description est un peu complexe ; de plus, il n'est pas transportable, il ne pourrait être pour des recherches comparatives de psycholo- Île, Miss Bryant insiste beaucoup sur l’intégique de cette épreuve, et elle abien raison. Les d'école primaire devant lesquels j'ai répété ont été souvent frappés des renseignements 1 rnit sure caractère et surla forme d'intelligence | Is ; et quelques-uns ont regretté que cetle | figurät pas sur les programmes. On la lrouve | quescours de liltérature, sous le nom d'exercice } d'après des images. | s expériences de description d'objet quo |
nous avons faites ont eu lieu en 4896 à notre laboraloire de la Sorbonne et dans une école primaire de Paris, su des jeunes genset des adulte: iscréparlissaient en lroiss groupes : 1° Tanciens élèves d’une école primaire élémen* taire de Paris ; leur âge varie de 13 ans à 20 ans ; parmi ces élèves, les uns suivent les cours d'une école primaire supérieure, les autres exercent déjà une profession (ils sonl pour la plupart employés de commerce); 2° 5 élèves d'une. classe de mathématiques élémentaires d’un lycée de Paris il est difficile de faire sur eux une appréciation quelton que, parce que, à eux seuls, ils forment toute la classe}, ils nous ont été amenés au laboratoire par un de leurs pros fesseurs ; 3 des élèves et assistants du laboratoire dé psychologie ; ils ont de 25 à 35 ans, sont, par couséquent, plus âgés que les précédents : leur nombre a été de 6,
Comme culture intellectuelle, ces trois groupes de sujélss correspondent à peu près à notre division française de l'enseignement en primaire, secondaire et supérieur; le premier groupe correspond à l'enseignement primaire, le deuxième groupe à l’enseignement secondaire, et le trois sième groupe à l'enseignement supérieur, Le nombrés Lolal des sujels n'est pas aussi considérable que je l'aurais désiré; néanmoins, les documents que j'ai recueillis me paraissent indiquer déjà des conclusions intéressantes a
L'objet à décrire élait une cigarette. :
Voici comment l'expérience était conduite, On donnait au sujet une plume et du papier, on le faisait asseoir, ensuite on lui disait: « Je vais mettre sur la table devant vous un pelit objet, par exemple ce couteau ou un portés plume, ele., et je vous prie de le décrire, l'objet reste” sous vos yeux. — Vous comprenez, il ne faut pas le des siner, il faut en faire une description en mots... Mor l'objet. »
(4) Ce test a ôté expérimenté avec la collaboration de M. Holst, qui sui” vait à cot époque les travaux de mon laboratoire.
Vin |
Co sujet a eu beaucoup de peine à écrire ces quelques phrases; il ne l'a fait que sollicité et pressé à plusieurs: reprises par l'expérimentateur.
Second exemple du même genre :
{) La cigarette affecte une forme générale de cylindre coupé à l'une des extrémités par un plan incliné. Cette section est détermi= née par un plissément du papier.
Elle est bourrée de tabac d'un brun assez foncé. Le papier est strié dans le sens de lu largeur : elle est fermée selon une ligne non parallèle à l'une des génératrices. Le papier est légèrement froissé ; le tabac dépasse d'environ 0c"ÿ;, l'une des extrémités.
Troisième exemple, chez lequel on remarque la même sécheresse : )
(3) Une cigarette : elle se compose de tabac de couleur brun blond roulé dans un papier fin transparent : le Lout forme un eylin dre long et ‘mince. — Le lubac dépasse un peu les extrémités du papier et sort du cylindre du papier,
Notre quatrième sujet a un peu plus d’abondance; on à cependant été obligé de le presser plusieurs fois. |
{4) Un objet allongé dont l'épaisseur égale la hauteur et dont longueur est environ huit fois plus grande ; la partie extérieure Est blanche et se compose d'une mince feuille de papier ;à Pintéreur du tabac; sur l'objet une légère fente, A l'extrémité droite, le tabac dépasse un peu, à l'autre extrémité la feuille est légèrement widét et un peu froissée, el se relève un peu en l'air; la feuille forme sue l'objet des veplis plus ou moins accentués, A côté de objétdes. brins de tabac sont lombés sur la table.
Dernière copie appartenant au même type :
(5) Cet objet représente une cigarette. Elle est placée surne table d'écolier, Elle est forméedetabac à fumer roulé dans un mor ceau de papier de soie blanc qui est collé à son bord pour quelle ne se déroule pas. |
2 Type observateur. |
Observalions el tendance à juger, à conjecturer, àinLerpréter ce qu’on aperçoit. Ce type mental a déjà été signalé
4 nn... =)
LEE Nous en trouvons daus notre recherche bien nets.
‘exemple : Observations en nombre très grand, . Aucune espèce d'émotivité, d'imagination ni
et long, blane, rond.
lun cylindre de papier très léger, d'environ 1/2 0 res de diamètre, rempli de nent doit être re
iron 7 centimètres, doit peser environ ü grammes (en
ü mal roulée, inégale, etqui à été remaniée après En deux endroits, Fi ite et à gauche du centre,
iple : Mèmes tendances d'esprit, mais ons et un peu plus d'idées générales,
: qui doit avoir été dansla poche sans enveloppe;
un peu pressée, el parce que le tabac sort des
elle est assez forte, À cause de la nuance
semble étre roulée à la main, je ne trouve
e me rappelle que le tabac est malheureuse-
en France à cause ‘du monopole, dé même que les F:
lroisième exemple, la conjecture conduit à
d'environ centimbtres de long, de {4 centicercle de ce rouleau qui se présente à ma voit que ce n’est qu'une mince feuille renfermant sèche ; il est visible que la substance renfercomme ayant passé dans un moule, le tube du férmé àl'autre extrémité, bien queje ne puisse uë vois pas bien distinctement, l'objet étant posé
| cigarette élait ouverte à ses deux extré-
hdi
. Le sujet dit ce qu'il sait, cigarelte en général ; c'es
éhoisi ne so np pan à Pr de type intellectuel, qui doit être assez seule copie pouvant se rallacher à ce pi ne présence d'une cigarette, 5à nt l'enveloppe extérieure est en p Puis à l'intérieur le tabac ; le tabac est ui a dansles climats tempérés ét cha les de cet axbuslé qui, après une ps ans, sont livrées au public sous Ja forme tabac à priser, ou sous la forme de fibres, duquel nous nous lrouvons ; enlin, les feuilles ni à faire des cigares,
Cette cigarette à la forme cylindrique: ell l'État (si elle a été vendue en France) qui en
4° Type imaginatif et po
Notre quatrième typo est complexe, et t-on le subdiviser. Il représente une négli vation, el la prédominance de l'imagination
‘personnels, de l'émolivité,
Nous en citons quelques exemples d'u assez réussie ; lo mauvais goûl et la sollis se retrouver dans ce type.
Voici un exemple court, sec.
(40) A la suite d'un banquet au Grand-Orient (ral
Cigarette, petit tuyau de papier, rempli de tibac,p bon, lu me rappelles les premières joies de l'adolesc
Second exemple : plus développé ; on y observalions, mais ellesne s'appliquent pasp
à la cigarotle que le sujet avait sous les yeux; développement considérable das idées, de l'imagination, lour poéti-
… (11) Objet cylindrique et long. Le labac, de couleur brune avec » ses grains plus ou moins foncés, est délicatement pressé dans une veloppe de papier pelure blanc comme neige et l'ensemble sug- $ l'idée d'un corps moelleux 0 Des fumeurs y tronvéraient malière à des considérations différentes, plus personnelles, plus "enthousiastes peut-être, mais le tabac m'indiffère au goût, et la vue den cigarette n'éveille en moi l'idée d'aucun autre plaisir que celui de Ja vue du nuage bleuûtre de la fumée qui monte, répandant alentour un parfum agréable.
Dans notre troisième et dernier exemple, les observalions existent, mais au second plan ; ce ne sont pas elles qui ont mis en branle l’imaginalion : esprit, enjouement, … beaucoup d'imagination.
(12) C'est une cigarette, Elle est fine, longue, rondeleite, un peu . Les plis lui donnent un caractère dé désinvolture élégants. éparelle-même, eskce par les souvenirs qu'elle évoque qu'elle
# quelque chose de polisson? Celle cigarette, là, sur la table, toute scule, me fait penser au collégien mauvais sujet qui va fumer sa cigarette dans un coin, au fond de la cour, Mais il faut décrire la Mcigaretié en elle-même et bannir l'idée du fumeur, Alors les asso- Mialions gamines s'évanouissent : on n'a plus sous les yeux qu'un ylindre long, imparfait, original. Il faudrait décrire les jeux Humièré: un côté pleinement éclairé ; l'autre, dans l'ombre, et
la projection de l'ombre : il faudrait décrire ses exlré-
ble tabac dépasse, foncé par endroit, tacheté de chair de
Mais surtout il faudrait s'arrêter, car il y a déjà 42 minutes
foïci une seconde sério de recherches, qui fut faile à peu
à la même époque que la précédente, et sur des subéaucoup plus jeunes ; ces sujets étaient des enfants B primaire de Paris et do Versailles; le nombre d'éui ont pris part à cos expériences est do 175; ils aient au cours supérieur el au cours moyen; leur Mde 8 à 44 ans; ces expériences étaient faites dans même par le Directeur de l'école, qui, d'après un
plan concerté d'avance, procédait de la ièr On commençait par faire distribuer à tous les } feuille de papier, et ils écrivaient en marge, leur
prénom, âge, classe, le nom de l'école. Puis, élèves croisaient les bras pour écouter, et le D
tenant en mains une photographie, leur adressait Le | cours suivant:
Je vais mettre sous vos yeux, pendant 2 minutes, la photo i d'un lableau représentant le sujét de la fable dé La Fontaine Laboureur et ses enfants.
Vous devrez vous abstenir dé lout mouvement pourantappelen l'allention de vos voisins sur lelle ou telle partie de l'image.
Ayez soin de ne vous occuper en rien de la fablé; ne voyez que le tableau et donner la description aussi détaillée quémpi de ce qué vous ÿ aurez remarqué,
Pour ce travail 10 minutes vous sont accordées,
Comme nous ne disposions que de cinq photographies du même tableau, chaque élève ne pouvait pas avoir la sienne}, on groupait lesélèves par 3 surle même banc pourregarder. une seule photographie. Malgré l'ordre donné de nepas se communiquer les impressions, les enfants d'un mème groupe se parlaient souvent à voix basse el se montraienl du doigt un détail de la photographie. On peut'doncsups poser qu’il s’est exercé un peu de suggestion dans.chaque groupe, et que les copies des 3 enfants du même groupé doivent présenter une certaine resssemblaace; pour nous rendre comple de ce fait, nous avons mis sur les copies des signes spéciaux indiquant à quel groupe elles appar= tenaient; mais, après un examen attentif, nous "n'avons, conslaté que des traces insignifiantes de cetlé influence, par exemple le mème nom donné à un objet de caractère douteux.
Lorsque les élèves qui faisaient l'épreuve de mémoire avaient tous examiné pendant un Lemps suffisant lt pho= tographie, ils se mettaient à écrire, et on n'avait plus à
s'occuper d'eux autrement qu'en les surveillant et en les empèchant de copier les uns sur les autres.
Alors, on s’adressait à une douzaine d'élèves, occupant une région différente de la elasse, auxquels on n'avait pas montré les photographies, et on faisait sur eux une
épreuve un peu différente; ils devaient, comme les autres élèves, décrire la photographie, mais sans avoir recours à la mémoire, car la photographie était laissée sous leurs yeux pendant qu'ils décrivaient; 40 minutes leur étaient également accordées, comme aux précédents. Le but de celte épreuve complémentaire était d'arriver à faire la distinction entre ce qui appartient à la mémoire eee qui appartient à l'attention directe. Cette distinction deviendra, du reste, parfaitement claire quand nous exposerons nos résultats. Il nous a semblé que le but n'était pas Loujours atteint. Beaucoup d'élèves qui savent qu'on leur permet de décrire la photographie en la gardant sous leurs yeux pendant les 410 minutes négligent de la regar- “ler; ils commencent par l’étudier attentivement pendant Mminutes ou 2; puis ils se meltent à écrire, s'absorbent “ans leur page écrite, et ne sentent plus le besoin de reve mirä la photographie; parfois mème ils terminent la des- “riplion sans avoir regardé de nouveau la photographie ; “d'autres la regardent à la fin, sans doute pour vérifier queluenlétail de minime importance. Ces épreuves sont sur- “les épreuves de mémoire, Nous avons tenu compte
de celte cause d'erreur, quand nous l'avons remarquée; “mais certainement beaucoup de cas nous ont échappé. On s'est servi de deux photographies différentes; pour abréger, nous ne parlerons que des résultats obtenus avec “une seule; elle a 18 centimètres sur 12: elle est collée sur unéfeuillede papier bristol de 24 sur 20; elle est la repro- “duction d'un tableau de Duverger, qui appartient au Musée
Li ourg de Paris ; elle représente eLillustre la fable de La Fontaine, intitulée : /e Laboureur et ses enfants.
Presque lous les enfants de la classe connaissaient celle fable, et quelques-uns la savaient par, cœur. Nous avons pensé que, par la nature du sujet représenté, ce tableai élait propice à une expérience scolaire; le nombre et ha variété des personnages représentés esl une sollicitalion pour la mémoire el un piège pour les illusions; le caractère expressif de la scène éveille l'émotivilé de l'enfant. Les résullats obtenus avec ce tableau ont élé plus satis: fuisauts que ceux qui nous onLété donnés par d'autrestle beaux anologues.
Nous devons noter que les enfants ont été vivemenl intéressés par cette expérience, qui était loule nouvelle pour ceux. Cr: “
La lecture la moins altentive d'une série devces copies montre que ceux qui les ont écrites se sont placésules points de vue Lrès divers, puisque sur 150 ibnly en a pts 2 de semblables ; une expérience de ce genre est bien faite pour montrer combien il existe de diflérences individuel: les dans la manière de regarder, de comprendre cequ'on voit, et d’être touché, ému, par les scènes expressives. Nous avons essayé de classer lescopies d'aprèsleurcarattère principal, et nous allons exposer notre classification. Bien qu’elle nous soil inspirée par les faits, elle reposer sur des interprélations et des appréciationsqui nous sont personnelles; on ne mesure pas encoro une qualité mentale comme on mesure une longueur; ibya quelque arbitraire, certainement, dans nos apprécialions ;‘etesl'un inconvénient qu'on rencontre souvent en psychologie, par exemple dans l'étude des associations d'idées: Nous don: nerons beaucoup de copies d'élèves, afin que le lecteur puisse contrôler, et, au besoin, corriger notre classifica” tion.
Nous sommes arrivés à distinguer 4 Lypes intellectuels ct moraux :
1° Le type descripteur;
2e Lelype observateur; 3° Le type émotionnel; 4 Le Lype érudit.
1 Type descripteur.
Nous appelons deseripteurs ceux qui décrivent lesobjets » placés sous leurs yeux, en tenant compte surtout des ca- raetères les plus apparents, et sans chercher à en saisir gaificalion. Quand l'enfant examinc la photographie - du laboureur, il a sous les yeux deux choses à la fois : Mo wn ensemble d'objets, des personnages debout et assis, des meubles, cle.; 2 une scène parliculière, c'est-à-dire siluation, un événement, Dans un très grand nombre . dercopios, : nous constatons que l'enfant a porté principason allenlion sur l’ensemble des objels matériels a négligé le sujet; il a décrit la photographie comme élaitune photographie de nature morte. Exemples :
Devant une cheminée une dame et un pelit bébé sur ses ge dévantun lit, lrois jeunes hommes: à coté d'une chaise un Égarson:ot une petite fille; un chien épagneul; à côté d'un buf- 1 * parterre une petite voiture et un béret. — Garçon de
s — Description d'après nature.
éciation. — Sécheresse. Aucune idée de sujet, cription d'objels, avec insistance sur leur posi= personnage principil, le vieillard, est oublié, nél'äge de l'enfant, développement intellectuel
“père allait mourir, il fit venir ses enfants pour leur parler: by aun fils, une petite fille, un petit enfant, la mère qui ses bras un bébé, et la cheminée avec ses ustensiles: à miles deux fils, une chaise, un chien, la grand-mère, par éssserole pour le chien etun jouet. — Garçon, 3 classe
‘éciation. — Bon début. Description sèche des obffant a suivi dans sa descriplion unordre bizarre,
ple des objets, mais détaillée et exacte.
énumérant d'abord ce qui se lrouve mp | se trouve à droite. . + in
(3) Le laboureur etses enfants. y a 1 mar ns deux enfants, el trois jeunes hommes, et le père lit, un chien et une grand'mère, un béret, un voiture, un petit garçon avec des bottes, une ptite fille,
dule sur la cheminée, une pelite chaise pour Ernie ie } la dame, une chaise pour méttre les habits du labouréur. —
- de 10 ans et demi, 3° classe, — Description d'aprèsnature,
Appréciation. — Sécheresse. Description pure et sim
(4) Le père est couché dans un lit en bois dans une alcéve; trois enfants sout près de lui. l y à un fauteuil son | dr
petit enfant est Lout à côté, et la main posée dessus’ L son enfant sur ses genoux, qui esten train de dormirs Derrière elle se tient une petite lille qui regarde son père ayec DR
ily à uné cheminée dont on remarque les ustensiles décu dessons des pieds de li mère il ya un tabouret, A côté du
fils, à droite, il y a une chaise et un chien qui nc
plus loin la grand'mère qui ouvre Je loquet de sac ne
il ya un panier, et sur la chaise il y à au Ste D) aie gibecière et une assiette, Le plafond est reténu par des poutres-Le petit garçon lientun bâton à la main. — Gurçon de 19m etdemi, FA RE — Description d'après nature,
Appréciation. — Description pure el simple des 6bjelss décousu; abondance de détails.
(5) Sur ce tableau on voit ; un vieillard dans un lil, & côté delue se trouvent trois jeunes hommes, nn fauteuil et'un pélit garçuit, une mère tenant dans ses bras un enfant, derrière elle Se (trouvé une petite fille de neuf ans à peu près. Vers une porte on ER une femme avec un chien, par terre une petite M. une écuelle. — Garcon de 10 ans et demi, 3e classe, — dé mémoire.
Appréciation. — Sécheresse. Descriplion puretet sims ple des objels. Aucune idée de la scène.
(6) Dans la photographie, je vois que c'est à la campagne. Dans chambre, je vois dans un lit un vieillard qui à autour de luitrois hommes, une femme qui est devant la cheminée et quin unjeune enfant sur les genoux; une autre femme, peut-être plus sieïlle que |
il y a un se cer te Le classe. Hs
— Description d'objels, mieux liée que récédentes. Plusieurs détai
un vieillard à son lit de mort, 3 jeunes gens qui chien, une femme allaitant un enfant, un jeune e jeune fille qui st ie sur le dos d'une chaise, ÿ nls, 3 chaises, une domeslique qui ouvre ine tit banc, une cheminée, ia pluts, des assiettes, une è chambre, des rideaux, une écuelle, — Garçon. ment de HS :
phie représentée une chambre de villageois; au
Le d'entrée, au fond un lit, et à gauche une grande
que au plafond des solives, Lie dame ae
trée ; au fond, dans le lit,un vicillad ayant
n de ui, autrement dit au pied du lit, PES
lit. À côté de ce fils se trouve une dame assise
n dans ses bras, En face du lit, un enfant etun
s. — Garçon de 43 ans et demi, 1° classe, — ire.
a. — Description d'objets. Sécheresse.
couché dans son lit est en train d'expliquer une is qui sont autour de son lit; l'ainé, le 2 est à Je 3° est à gauche. Puis un petit garçon appuyé sur tn fonet, puis une dame assise sur uné chaise, oux un petit enfant qu'elle endort: pour lui relete, elle a un pied sur un petit tabouret; ce pied est à droite du lit on voit une dame à côté d'une la chambre on voit un petit chariot qui amuse Gelui qui à un fouet en main, puis une écuelle, un peu un chien qui regarde la dame qui est à la porte. n banc et une chaise. — Garçon de 44 ans, {'* classe. de mémoire.
ion. — Description d'objets. Description assez
bien liée; très copieuse, prouvant une bonne mémoire; quelques détails inexacls que nous avons soignés. Les copies appartenant à ce type descriptif permelledl d'apprécier l'exactitude et l'étendue de la mémoire des! enfants; elles indiquent aussi jusqu'à quel point ils mars quent d'attention systémalique, et aussi d'émotivité. Le sont là les trois données principales que cetle expérienté fournit.
20 Type observateur.
Le tableau que nous présentons aux enfants ne conlienl pas seulement des personnages et des objets; ces person nages sont groupés d'une certaine manière, leurs figures sont expressives, ils disent et font quelque chose; letablea a un sujet, il représente une action parliculière. Les élè: ves que nous ratlachons au Lype observateur (terme que nous employons faute de mieux) ont fixé principalement leur attention sur le sujet de la scène, Déjànous ayons yu que beaucoup d'enfants descripteurs ont un peu celte lens dance, car ils commencent par décrire le vieillard, qui est le personnage principal; mais, chez les observateurs, celle tendance est bien plus marquée; les personnages sonl reliés les uns aux autres, leur attitude est comprise où conjeclurée; c’est une description de tableau vivant.
On pourrait croire que, s’il en est ainsi, c'est parce que les enfants de ce groupe savaient la fable par cœur; mais, en réalité, on verra que beaucoup d’entre eux ignoraient
la fable et ont inventé un sujet d’un genre un peu diffé: rent,
(10) Le laboureur qui est couché, ses enfants qui sont près de son lit, il leur parle, il est près de mourir, il a l’air (riste, HS Sonb lous réunis autour de Jui, — Elève de 10 ans, l‘* classe, — Des criplion de mémoire.
Appréciation. — Description du sujet de la scène. Laconisme el sécheresse.
pelit assis sur les RUE de sa mère, Toutes
Le vieillard parler, ét qui disait :
vendez pas ces terres qui viennent de mon un trésor est caché, fouilles, creusez et vous uvérez. » Pendant qu'il parlait ainsi la ser= win dans l'armoire, le chien suivait ses md dit encore :« Ne note terres,»
t. — Enfant de 12 ans, 2 classe. — Descrip=
mn. — Description du sujet de la scène. Beauils. Tour dramatique.
sur son lit de mort, et ayant À ses côtés sôs
es, ainsi que la femme du mourant qué chere ui donnant quelque chase. Sur son est un de écoute attentivement les conseils que lé père donne sans faire de moindre bruit nile moindre mouvement. À mourant se trouve son chien. Ason tour, le mourant lations eb donnée dé bons conseils à ses fils, cac il eut entrainer par de mauvaises compaguies, er: Un grand feu est allumé dans la chambre du
, — Description du sujet de la scène, — paraît pas connaître la fable. Peu de détails. eurs (suulignées).
u représente une humble cabane meublée très simdu tableau, l'on voit un lit, sur lequel un vieil- Je à ses flls qui ont un air de respect devant le ont l'air triste et songeur; à côté d'eux, un enfant de puis une petile fille, d'une douzaine d'années, prète
té d'elle, assise près de l'âtre, une jeune femme u sur n enfant. Tout à l'autre bout de la pièce, un chien, à
ément au docteur. Cet aspect du tableau reprodi La Fontaine, de Laboureur et ses enfants. — Fille,
œtion. — Description du sujet. Beaucoup de n liés.
Nous pensons que ce type de l'observateur est plus complexe que le type descripteur ; il exige certainement plus d’habileté, plus d'art, un choix plus intelligent des détails intéressants. Gardons-nous de conclure cependant qu'un enfant qui observe est plus intelligent qu'un enfant qui décrit. Cette conclusion tranchante risquerait fort de tomber à faux. Ce sont plutôt deux orientations différentes de l'esprit, et on peut faire preuve d'intelligence dans l'une ou l’autre de ces deux orientations; bien plus, il est possible qu'un enfant montre de la mémoire, de l'adresse et même du jugement en faisantune description naturemonte tandis qu'un autre enfant commettra des erreurs, fera des conjeclures puériles ou montrera d’autres défauts intellertuels en faisant une descréption de tableau vivant.
3° Type émotionnel.
L'observateur, au Lieu de décrire sèchement le sujet de la scène, exprime l'émotion qui s'en dégage; nous avons alors Le type émotionnel, qui ne diffère pas intellectuelle= ment du type observateur, si ce n'est par ce détail que le nombre des observations est généralement moindre.
(14) Un laboureur âgé de 70 ans était tombé malade. Ses enfants venaient le voir tous les jours, Ce pauvre homme ne pouvait plus résister, Quand il voyait ses enfants, c'était tout. Aussi ils Paîmaient bien et lui apportaient de toutes choses. [l'avait un bon chien, il se couchait au pied de son lit, une petite fille qui pleurait à Loute larme. Enfin, ce pauvré homme était bien aimé. — Enfant dedans, & classe. — Description de mémoire.
Appréciation. — Ne parait pas connaître la fable. Des= cription du sujet de la scène. Peu de détails. Beaucoup de sentiment,
(15) C'est dans une pauvre chaumière que se passe cette Mriste soène. Il ya un pauvre laboureur agonisant dans son lit, etunlit,
un bien pauvre lit. Parlant diffcilement, il dit à ses fls : «Mes enfants, fouillez bien la terre, ne laissez, pas un endroit où lt béche
ait pas passé et repassé. » À côté du lit du moribond est la mère
ï a un petit bébé dans ses bras, un autre enfant est devant le lit de père, écoutant ses sages paroles. La maison est surtout triste. — Garçon de A0ans, 3° classe. — Description d'après nature.
Appréciation. — Description du sujet de la scène, Peu détails. Du sentiment. Phrases bien faites.
(16) C'était un laboureur bien pauvre, il se voyait mourir et il ses enfants. On le voit dans son lit, très mal. Tous ses enis sont qe de lui, presque les larmes aux yeux, même le plus Mit qui a l'air d'écouter avec attention, C’est très touchant de voir ce laboureur dans son lit, et les enfants autour, On dirait que Je ne a l'air de leur causer. On voit une vieille bonne femme qui a l'üir de chercher dans un placard pour les médicaments; on dirait Que c'est la maman, qui elle aussi est bien vieille. — Garçon de 42 set demi, &* classe. — Description de mémoire.
Appréciation. — Descriplion du sujet de la scène, Peu de détails. Sentiment. Phrases naïves.
{7 Tout lé monde est Liste à la maison, mème le chien qui a loujours été fidèle au laboureur qui est près de mourir. Les six en- Hnisont beaucoup de chagrin, mais leur père leur parle avec tant dafection qu'il ranime leur courage, 11 lisse malheureusement
rois, ee us enfants qui pleurent de chagrin. Ce n’est pas pour cela sordre règne dans la maison; au contraire, chaque
se Sa place, ét la servante n’en continue pas moins son Mourige. — Garçon de 12 ans, 2e classe, — Description de mémoire.
iation. — Description du sujet de la scène. Senit: Phrases assez bion faites.
ne cette chambre, ne voyez-vous pas quelque chose de egurdez comme tout le monde écoute; hommes, femmes
Enfants baissent les yeux à La voix du vieux père qui fait ses TE avant de mourir, Voyez-vous celte femme assise È sur ses genoux un nouveau-né? Get enfant lui aussi écoute sacrées du bon vieux père qui fait retentir dans cette Bou mourante. Regardez bien ce tableau, ne vous impue de voir le vieillard se lever sur son séant pour ernières recommandations? — Garçon de 45 ans, Fe classe, chien de mémoire.
Que dont 3 petits marmots, pi CRT: lérre peine aux. is de apércevons, Leon la cheminée, une bonne nettoyer un des petits enfants. Peudaut ce va ouvrir la ports, car elle vient doute des voisins qui viennent aboie, mai un aboiement gai, car lui de perire son bon et fidèle maitre,
Appréciation. — Description du sujet. | B détails. Conjectures, Sentiment. L Oa peut se demander si les enfants du 4 1 nel ont Eréellement éprouvé l'émolion qu'ils ex leur copie ou s'ils ont simulé l'émotion, ou: employé un langage émotionnel qui leur e leur mémoire et qui n'a pour eux aucune s
précise. On pourrait encore se poser bien d
lions ; par exemple, si des enfants prompls &slém devant une scène Louchante, comme celle de ap
pbie, sont en réalité des émotifs dans leur jours. Je pose ces points d'interrogation, puisse évidemment pas répondreàtous; ma si !
sure de donner quelques renseignoments curieux sur ques-uns. Dans les notes et appréciations que” es | seurs on! écrites sur leurs élèves et que le di l'école a contrôlées avec soin, je vois que, sur b ‘
(n* 44 à 18 des copies) que j'ai rangés dans le groupe émotionnel, # ont un caractère froid, une nature sèche, peu de sensibilité; le 5° seul parait TU > ||
DESCRIPTION D'OBJETS à 209
4 Type érudit.
Nous groupons ici les enfants qui se rappelaient la de La Fontaine et qui, au lieu de décrire le tableau, sum fable, ce qui était certainement beaucoup facile. Notre groupe est probablement forméen maparlie de paresseux, ou d’esprits lourds qui, n'ayant ï l'attrait du travail qu’on leur demandait, s'en
urs élèves ont simplement reproduit la fable, la par cœur. D'autres Font mise en prose.
éscription du Laboureur et ses enfants. Un laboureur sentant
Travaillez, labourez la
courage vous fera gagner votre vie. Il faut toujours
fit venir loute sa famille, ël dit à ses enfants : un tré-
t caché dedans (la terre). Ils cherchèrent., = Garçon de 9 ans, — Déseription de mémoire.
"éciation. — Résumé de la fable. Aucune indicaphotographie.
oureur sentant sa fin prochaine fit venir ses enfants et is près dé mourir, et j'ai cuché des trésors dans pouvez hècher, fouiller, vous les trouverez.
du père, les fils se mirent à travailler, et pendant ils fouillèrent la terre, mais ils n'y trouvèrent rien, “enfants furent désolés,
— Résumé de ila fable. Presque rien de Oubli comique de la moralité.
dé étant près de mourir appela tous ses enfants ét S; étant tous réunis, il leur explique qu'il y a ua trésor “et qu'un peu de courage le Leur fera trouver. Allez, unapeu de courage vous Le fera trouver. Ses enfants
le champ ne découvrirent aucun trésor; mais & saison le champ produisit le double, — Garçon de Be, — Description d'après nuture.
lion. — Souvenir de la fuble. Rien ou presla photographie.
Depuismes premières études surla deseri quelques auteurs ont repris l'étude de ce tes d borne à signaler les suivants: Leclore qui a publié une étude dans l'Année psychologique (IV, p. 379) y rapporte des expériences failes sur des jeunes filles auxquelles il demandait de décrire une montre; le travail est iuléressant, mais la partie purement expérimentale n’est pas suffisamment développée, et l'auteur accorde trop de place à des considérations a priori sur la psychologie de: la femme. Dwelshauvers a fait (/evue de l'Université de Bruxelles, t. IV, 1899, p. 29) quelques expériences rapides de deseriplion d'objets; il a trouvé les résultats très signilieas lifs, à ce qu'il assure, et considère celle épreuve comme capable de renseigner sur les aptitudes intellectuelles des jeunes gens, et surloul sur leur manière de travaillers mal: heureusement, il ne donne pointde détails: En 4899 (Psy Jiev., X, 3)., Sharp, ayant fait de la description d'objets, a retrouvé mes résullats anciens, et il a donné l'inté ressante suggestion qu'en faisant décrire des gravures qui ne sont pas connues des sujets, on augmente l'importance des différences individuelles. Enfin, Stern a publié dernièrement une brochure sur la psychologie des différences individuelles; il y parle de mon lest, mais n'apporte aus cune contribution expérimentale. En ce qui me concerné, j'ai publié seulement deux articles jusqu'iei sur la descriplion d'objets ; le premier, déjà cité, etle plusimpor= tant, a paru dans l'Année psychologique, I, 2965 Me second, qui est un peu un article de vulgarisation} a part dans la Æevue des Revues, en 1898.
Tout ce que je veux retenir des travaux antérieurs, c'est la double proposition suivante:
4° L'expérience de description d’objels révèle l'existence de plusieurs types mentaux distincts, le descripleur par énuméralion, Pobservaleur, l'idéaliste, l'esthéticien, l6= molif,
DESCRIPTION D'OBJETS ati
2 Les différents genres d'objets qu'on donne à décrire
ne sont pas propres à meltre en relief les mèmes types mentaux; et pour que l’expérience soit complète, il importe de faire décrire successivement aux mêmes person- L nes des objets différents.
L Ges premiers essais m'ont paru intéressants à rappeler; L mais ils né me satisfont pas complètement, On peut mettre en doute leur signification; et il y a beaucoup de points d'interrogation qui pourraient être posés. Ainsi:
1° Le genre de description que donne un sujet traduit-il son type intellectuel ou ne provient-il pas tout simplement de ce que lo sujet a compris par hasard d’une façon particulière l'épreuve qu'on lui impose, ou a subi une influence tout accidentelle et extérieure ?
2 Alors mème que ce lest de description exprimerait avec exactitude le type intellectuel du sujet, quelle est Timportance de ce type? Se manifeste-t-il simplement dans telexercice litléraire de déscription ou a-t-il d'autres con- Séquences? Entraîne-t-il une manière particulière d'emfloyer sa mémoire, par exemple, et son raisonnement ? Astil une part dans la constitution du caractère iutellecluelet du caractère moral?
Je pense que ces deux questions vont être en partie résolues par les recherches nouvelles qu'il me reste à exposer. :
Jarrive maintenant aux descriptions d'objets que j'ai fait aire à Marguerite el à Armande.
Jelleur ai fait décrire un grand nombre d'objets différeuls: une gravure, une boîte d'allumettes, une feuille de mMarronnier, une montre, un sOu, une plume, un point
| dinlerrogation tracé à la main sur une feuille de papier,
| 212 L'ÉTUDE EXPÉRIMENTALE ; cle. J'ai évité de fuire faire ces di de crainte qu’elles ne subissent tion d'idées accidentelle, La
à personne el même chacun ignorait uvait mis à faire sa description. Plusieurs m'ont demandé des renseignements sur il fallait décrire l'objet, mais je n'ai jarma
cer. Armande était d'ordinaire plus sali dant exprimé une fois quelque incertili si elle devait décrire l'objet el qu'il était o une histoire à propos de cet objet.
Le caractère le plus frappant des descri qu'elles appartiennent à {deux lypes très.
descriplions de Marguerite sont des de ment dites, riches en détail sur l'objet quic devant les yeux. Au contraire, dans les di mande, les détails matériels sont beaucoup, breux, et il y a plus de fantaisie, d'imaginal férence ne s'est pas manifeslée dès la premièt celte première épreuve consistait à décrire dont je donne ci-juint la reproduction (4). Les. ont donné, de celte gravure, des descriplions q sidère comme équivalentes ; les objets maté Lés dans la gravure sont décrits et sobrement'in Voici ces deux descriptions.
(1) Ge cliché nous a éL& cbligesmment prêté par la maison Hachelle
Description de lagravure par Marguerite.
(Expérience faite le 45 octobre; durée: 14 minutes ; nombre de mots : 455.)
Ce sont deux pauvres gens, obligés de quitter leur logement, ne pouvant plus payer leur loyer,
Le plus âgé des deux est assurément le père du petitgarçon, qui Vaide à tirer la misérable voiture où ils ont empilé le peu de choses. qui leur appartienne,
Le chemin est glissant, car il a plu, ils peînent pour tirer tout ce qui constitue leur fortune, c'est-à-dire une table que l'on aperçoit à moitié couverte par une espèce de paquet de chiffon, un seau ne croché par l'anse, et enfin un panier que l'on voit sur le derrière
- de cette pauvre charrette.
Je suppose que cette gravure représente leur départ de la campagne ‘qu'ils habitaient; car l'on voit au fond quelques maisons à demi cnchées par le brouillard.
Le ciel est orageux, et sans doute il pleuvra encore:
Is dépassent les dernières maisons, ils sont presque dans la cam-
pagne
Description de lx gravure par Armande.
(15 octobre 1900, Durée : 9 minutes; nombre de mots : 430.)
Celte gravure représente un vieillard et un enfant qui, chassés de Jeurréduit faule d'argent, vont traîner leur peu de bien dans un q tier moins hostile ; on voil Paris dans la brume ; c'est l'aurore etune faible lueur qui glisse sur le chemin aux murs démolis indique l'aube qui nait. La charrette semble prêteà serenverser, elle est , on a tout empilé ; une vieille table, un seau, une huche et. quelques draps déchirés qui pendent le long des roues. C'est tout ce que l'on voit ; peut-être sous les hurdes se cachent d'autres objets. La route tourne et le sol monte, détrempé et glissant; le long du Chemin une barrière démolie étend vers le ciel ses bras décharnés. Un petit arbuste dépourvu de ses feuilles : c'est l'hiver.
Un œil attentif découvre nécessairement des différences
dans ces deux rédactions ; celle de Marguerite est d'une
“descriplion méthodique et un peu sèche ; ily a dans celle
“d'Armande un peu plus de fantaisie; mais ce n’est qu'une
nuance; et si l'on avait à sa disposition seulement ces
deux descriptions, il serait fort difficile d'en tirer une |
Alive, lrès riche en détails. Elle diffère entièrement de la description suivante, due à Armande,
Description d'une boîte d'ullumettes par Armande (18 octobre 1900. Durée : 12 minutes),
C'ustune vieille boîte d'allumettes que l'on rencontre parlout sans jamais Ja remarquer, elle passe inaperçue comme une ombre... où lutôt comme une chose trop commune pour attirer l'attention, Si la secoue, on entend à l'intérieur les allumettes qui entrent en “danse; elle est à moilié pleine; son couvercle, d'un rouge éteint “pourne pas attirer les regards, a l'air de se fondre sur ce qui l'en- | ; les cotés démolis et branlants laissentvoir combien elle a dû Lrainer souvent sur une able: peut-être at-elle toute une histoire; se servit-on d'elle pour s'éclairer au milieu des ténèbres dans un tas i 14 Dans la nuit au centre des bois, s'on servibon pour retrouver son chemin ? Ou simplement on l'a acheté hier avec plusieurs de ses semblables? Nous l'ouvrons, les allumettes sont nombreuses, sont roi , le bout est jaune, rien ne frappe Ja vus, c'est trop souventque l'on voit une boite d'allumettes!
"Lu description d'Armande eontient un moins grand hnümbre de détails matériels; il serait difficile de les comp= ler, mais on ne commettrait pas une grosse erreur en disant
que dans la description d'Armande il y a à peu près trois ins de délails que dans la description de Margue- Be De plus, ces délails matériels n’ont pas été décrits intérêt qu'ils présentent en eux-mêmes; ils sont nés à une idée générale, et servent à l’appuyer. lea eu l'impression subjective que la bofte dl'alluqu'elle avait sous les yeux est un objet banal, qui point l'attention, qui passe inaperçu; et Lous les couleur et de forme qu’elle note sont écrits pour celle idée. IL y a là une manière bien particu= e percevoir et d'observer. La copie contient encore "de réflexions et d’actes d'imagination qui sont par exemple quand Armand se demande d’où vient oîle d’allumettes, à quel usage elle a servi, ete.
Je passe à la doscription d'une feuille de marronnitr, ramassée dans notre jardin de S...,ret à demijaunio par l'automne. La différence de description que venons de sigoaler entre les deux sœurs s'accenlu encore; nous voyons apparaître chez l’une d'elles de li sensibilité et de l'émotion littéraires, qui font défaut à l'autre.
Description d'une feuille de marronnier par Marguerite (19 octobre 1900. Durée 11 minutes, {5 secondes).
La feuille que j'ai sous les yeux estune feuille de marronniit cueillie en automne, car les folioles sont presque toutes jaunes l'exception de deux, ét un à moilié vértet jaune,
Gelte feuille est une feuille composée de 7 folioles Serattichanth un centre qui se termine par la tige nommée pétiole qui support la feuille sur l'arbre.
Les fulioles ne sont pastoutes de la méme grandeur; su, 4 sont béaucoup plus petits que les trois autres.
Le marronnier est un dicotylédone, l'on peut s'en apercevolse® regardant la feuille, elle a des nervures ramifiées.
En plusieurs endroits la feuille est tachée de points couleur d® rouille, une de ses folioles à un trou.
Je ne sais plus que dire sux celle feuille de marronnier
Cette rédaction contient des détailsde description nomy breux el aussi des détails d'érudition assez nombreux,s02© venirs de leçons de botanique.
D'une loute autre allure est la rédaction d'Armande-
Description d'une feuille de marronier par Armande. (Durée : 8 minutes. 19 octobre 4900.)
C'est une feuille de marronnier qui vient de tomber languissax ment sous le vent de l'automne.
La feuille est jaune, mais encore raide et droite, peut-être res un peu de vigueur dans cetté pauvre mourante |
Quelques traces de sa couleur verte d'autrefois, sont encore #2 preintes sur les feuilles, mais le jaune domine : une bordure br et rougedtre en orne le contour.
Les sept feuilles sont toutes fort belles encore, ln tige verdäé! ne s'en est point détachée,
ln
P LES D'OBJETS | ET c'est vraiment la description d’un | objet ina-
nde nous décrit la plume, comme si c'était onne vivante; en revanche, les caractères descriprent que tout à la fin de la copie, ils sont très pou et rès vaguos,
Description d'une plume par Armande {3 octobre 1900. Durée : 7 minules 45 secondes).
le e | n'a pas encore servi, elle n'a donc point d'histoire, elle n'a ‘aucun papier, elle n'a pas laissé les traits noirs si expres-
& luisante et toute neuve,sa seule histoire, on la dévine ;
nee tranquillement dans’ une boîte pendant que ses sum mn allaient chacune leur tour. C'est un objet bien ordinaire Elle peut aller avec la boîte d'allumettes et le vieux objets n'attireront jamais attentivement lerogard ils pas.
s re on peut lire sur la plume : plume caduoée,
est allongée et pointue, elle a une petite fente sur le Loutes les plumes du reste,
creuse, très creuse; je crois que cette plume doit être je me sers d'une de ses pareilles,
eà la description d'une grosse montre ärépélition. a fait une descriplion copieuse, qui lui a pris elle a décrit miuulieusement les ai vuilles, les
tre. Si on veut bien comparer celle descripes que M. Leclerc a publiées dans Z’Année, on une grande différence
Description de la montre par Marguerite (29 octobre 1900. Durée : 46 minutes).
& a la forme d'un cercle plein.
argent, les aiguilles sont eu or, à l'exception de celle les secondes, et de celle qai marque les minutes. “emontoir, les pelites dents du remontoir me font l'efor,
DESCRIPTION D'OBIETS
CJ neige éblouissante, que les chemins couverts d'hérmine c'est lriste, c'est lugubre; tout au fond de ce jardin lremblent les restes d'un vieux portique sur lequel les cor
ux viennent sinistrement crousser lorsqu'ils n'ont plus rien à
ire, C'est mortel dé vivre dans cette maison aux fénêtres closes,
& rideauxlirés; les vieux pianos dorment dans les salons, reposant.
urs cordes anciennes, les fenêtres ne s'ouvrent plus, loul est usé,
mouillé Hi le temps et surtout l'inaetion ; out respire une odeur la pièce que l'onn'aëre pas. Lesvieux fauteuils se regardent. ent comme d'anciens camarades habitués à vivre ensemble,
se regardent de leurs dorures élaintes, el les grandes statues 80
ent umèrement de leur solitude, il fait froid au dehors et on lauffé pas la maison qui tremble de douleur, lés chaises s'ape chent inutilement de la cheminée jadis flamboyante !
“Mais lorsque le printemps vient rayonner el rendre ln vie aux
ar les lilas fleurissent comme l'aubépine, le soleil ete
uits, les oiseaux gazouillent, la joie renait au sein du jardin qui avec le zéphir qui caresse les lètes embaumées es Lans