Absorption par la séreuse péritonéale
— Son contact avec la séreuse du péritoine donne des résultats inconstants, tirs curieux, encore qu'inexpliqués. Il faut injecter dans le péritoine du lapin ou du cobaye une très grande quantité d'émulsion virulente pour infecter les animaux; même, dans ces conditions.
nous n'avons jamais pu donner la rage avec des doses de o a 10 ce. d'émulsion décimale virulente Nous verrons plus Join qne le virus rabiqne est rapidement détruit au sein de la cavité péritonéalc.
7- Injection dans le sang. — La troisième communication de Pasteur (664) sur la rage est surtout consacrée à signaler las avantages d'une autre méthode que la trépanation : l'injection intraveineuse. Les deux procédés ne sauraient être comparés, ce dernier ne transmet tant la rage qne dans un nombre de cas assez limité.
^ Le facteur espèce animale jonc nn grand rôle dans les résultats de l'opération; ainsi, s'il est relativement facile de provoquer l'infection rabiqne en inoculant le chien et le lapin dans les veines, les moulons et le cheval non seulement supportent souvent cette inôculalioiu mais dans certaines conditions ils peuvenl acquérir une immunité partielle.
Pasteur admettait que la rage, communiquée par injection dans le sang, revêt très souvent la forme silencieuse, paralytique; il ajoutait que pour provoquer la forme furieuse, il fallait inoculer de très petites quan tités de virus.
En réalité, les choses sont très complexes, et, ainsi que nous le verrons pins loin, les lapins ei les moutons ne semblent pas se comporter aussi différemment qu'on l'avait cru tout d'abord vis-à-vis d'une inoculation virulente intraveineuse : il y a là une question de dose, très importante.
Déductions. — Les différents modes d'absorption
DEDUCTIONS 1;)
cfue nous venons de passer en revue nous monlrent combien inégalement les divers lissus de l'économie absorbent le virus rabique. Si le danger d'une morsure est d'autant plus grand qu'elle est plus profonde et plus Itendue, c'est que beaucoup d'extrémités nerveuses auront été intéressées et souillées par le virus, et quelle que soit l'idée que l'on se lasse de la culture du microbe rabique dans les nerfs, il a a de soi que la multiplicité des points d'absorption doit faciliter celle culture cl diminuer l'incubation de la maladie.
Bien qu'il s'agisse, dans le tétanos, d'une toxine et non d'un virus animé, l'absorption se fait aussi par la voie nerveuse, et, de même que pour la rage, la multiplicité des points tic contact avec les filets nerveux a pour résultat de faciliter l'intoxication tétanique : la même dose de toxine, inoffensive injectée en un seul point, donnera le tétanos si elle est répartie sur plusieurs.
Ces données expérimentales s'accordent assez, bien avec les renseignements fournis par les observations cliniques. Hertwig avait conclu de ses expériences que la rage doit éclore (i Ibis sur 16 inoculations sonscutanées de matière virulente. De son côté, Renaull provoquait la maladie 67 lois sur [66 injections sous la peau. Ces expérimentateurs opéraient, avec la salive des animaux rabiques, et celle fréquence de réussites expérimentales concôrde assez, bien avec les évaluations de- écoles vétérinaires d'Alfort, de Lyon, de Toulouse, de Berlin, qui estimenl à nu quart on même à un tiers le nombre des gens qui prennent la rage à la suite de morsures infectées.
De même, en réunissant les observations recueillies
par Bouley, Tardieu, Vulpian, on arriverait à unepro portion d'environ 3o p. 100.
Par contre, nous avons vu que la rage apparaît avec une fréquence beaucoup plus grande, Go p. IOo envi ron, quand, au lieu de se servir de la salive, on injecte sous la peau le virus pur tel qu'il se présente dans les centres nerveux.