Salive, glandes salivaires et pancréas
— Bien avant de soupçonner môme les propriétés infectieuses des centres nerveux , on les avait cherchées dans la salive, puisque c'est elle, chez les animaux enragés, qui perpétue indéfiniment la rage dans la nature. L'avènement des méthodes pastoriennes permit bientôt de reconnaître expérimentalement la virulence de la salive et à quel moment celle propriété s'y manifeste.
Roux et Nocard (777) injectaient dans la chambre antérieure de l'œil, à de jeunes chiens, une émulsion du bulbe d'un animal enragé, puis recueillaient au
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moyen d'un pinceau la bave du chien, chaque jour depuis L'inoculatiQn jusqu'à la première constatation d'élévation thermique chez les animaux. On se rappelle que ce symptôme est la première manifestation de la maladie.
La salive, ainsi recueillie, était délayée dans l'eau, puis injectée dans les muscles de la nuquaà des lapins et à des cobayes. Les résultats ont été les suivants: la bave esl virulente chez le chien, infecté par le virus rahique. vingt-quatre, quarante-huit heures et même trois jours avanl l'apparition de tout changement dans les allures de l'animal. Ces propriétés de la salive apparaissent d'une façon pinson moins précoce suivant lè siège de l'inoculation: elles seraient plus tardives quand l'injection est faite sons la peau du cou que lorsqu'elle a été pratiquée dans l'œil.
L'apparition du virus rahique dans la salive esl fonction de très nombreux facteurs, et on peul supposer des cas où l'animal sérail mort avant que le virus ait pu se propager des centres nerveux aux glandes salivaires.
Chez le lapin injecté sous la dure-mère avec du virus li\e. la salive est virulente dès le sixième jour, c'est à dire au moment de l'apparition des premiers accidents nerveux.
L'importance de ces résultats expérimentaux est considérable: ils démontrent qu'un chien peut avoir con serve toutes les apparences de la santé, et cependant porter déjà dans sa gueule le virus de la rage; d'où la conclusion que toute morsure doit être tenue pour suspecte tant que l'animal n'a pas été soumis à mie observation de plusieurs jours.
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De même cju'un cliion peut fournir nue salhe \iru lente plusieurs jouis avant de présenter les premiers symptômes de l'infection rabiqùe, de même tes très rares chiens qui guérissent de La rage (voir page 8) peuvent avoir encore la bave virulente plusieurs jours après leur complète guérison. C'est du moins ce qcii ressort (l'une observation de llcmlinger (789.). Un chien inoculé dans l'œil avec du virus fixe guérit après avoii présenté tous les symptômes d'une rage à caractères mixtes, furieuse et paralytique, dont le diagnostic fut vérifié par l'inoculation de la bave de l'animal dans les muscles delà nuque du cobaye. Celte même méthode permit de se rendre compte que le virus rabique se trouvait encore dans la bouche du chien cinq jours après sa complète guérison. Ce chiffre de cinq jours, ajoute l'auteur, est probablement intérieur à la réalité, en raison des difficultés de l'expérience et des eau- s d'erreur qui la grèvent.
Bien que. chez le chien, la gùérison spontanée de la rage naturelle n'ait pas encore pu êtxe démontrée péremptoirement comme celle de la rage expérimentale, il est très probable que les choses se passent de même dans un cas comme dans l'autre, d'où il n'est pas tout à l'ait exact de dire qu'une personne mordue par un chien suspect est à l'abri du danger quand l'animal est encore vivant huit jours après l'accident; car un chien sain, s'il relève de la maladie, peut parfaitement être dangereux. Toutefois il est bon d'ajouter qu'il s'agit ici d'une observation extrêmement rare dans les laboratoires, et que les choses doivent se passer avec la même rareté dans les conditions naturelles.
A eti juger par les expériences, déjà anciennes, de