‹ L'etude experimentale de la rageChapitre 37 sur 238 · PASSAGE A TRAVERS LE PLACENTA · texte numérisé non relu

PASSAGE A TRAVERS LE PLACENTA

blante. Le Lendemain La paralysie a gagné les quatre membres, et l'animai succombe.

Vinsi. voilà trois observations nettes de virulence du sang, prouvée par les symptômes offerts par les animaux et contrôlée par le passage qui fat fait chaque fois avec leur cerveau .

Nous ferons remarquer que pas une seule fois Le sang virulent n'avait été prélevé pendant la période agooique, el que clans un cas il provenait d'un animal non encore atteint de rage, mais qui, ayant reçu sous la peau une grande quantité d'une éinulsion épaisse de cerveau virulent, charriait dans son sang Le virus rabique, tout comme les animaux inoculés avec de la toxine tétanique la charrient dans leurs humeurs jusqu'à la mort .

Nous no connaissons pas les conditions qui président à la virulence du sang chez les animaux rabiques. Ces trois cas positifs sont recueillis parmi une vingtaine "d'essais infructueux, pratiqués sous l'influence de différentes hypothèses, \insi. on pouvait supposer qu'en se formant, le coagulum retenait la majeure partie des microbes contenus dans le sang, d'où l'idée de traiter celui-ci par un anticoagulant, comme L'hirudine (extrait de lèlc de sangsues). Du sang reçu dans un récipient entouré d'un mélange réfrigérant n'avait pas donné meilleur résultai. On pouvait supposer aussi cpie les sels de quinine favoriseraient la conservation et la disséminalion du vkus rabique dans le sang des animaux injectés sous la peau : échec complet encore. Cette question nécessite donc de nouvelles recherches.

8. Passage à travers le placenta. — Dans le même ordre d'idées, ou s'est demandé si la rage peut

î>2 SIÈGE DU VIRUS RABIQUE DANS L'ORGANISME

se transmettre, à travers le placenta, delà mère au fœtus. Or, l'inoculation du bulbe d'un petit d'une lapine rabique a donné la rage au cobaye (Perroncito el Carita), alors que le bulbe d'un autre mort-né de la la même portée s'était montré inactif.

Une lapine inoculée par Loir (52i) met bas, neuf jours après la trépanation, un petit qui meurt quatre heures après. On inocule son bulbe ainsi que l'extrémité inférieure de la moelle à deux lapins, qui prennenl la rage après sept et neuf jours d'incubation. La mère succomba à la paralysie rabique dois jours après la mise à bas. Il semblerait donc que la transmission du virus rabique pût s'effectuer par le sang- et à travers le placenta d'une façon précoce, au moins chez les animaux.

Konradi (7|6/i) injecte du virus fixe dans le cerveau de deux cobayes sur le point de mettre bas. Le bulbe des petits est inoculé dans le cerveau de deux lapins et de huit cobayes : au quatre-vingt-onzième jour . ceux ci prennent la rage. Des deux lapins, l'un devient rabique après cent cinq, l'autre après quatre cent soixante-quinze jours. Passages positifs. Le bulbe de la mère avait donné la rage dans les délais normaux.

D'autres expériences faites avec le virus des rues concordent avec celle-là, mais la maladie n'eut pas une incubation aussi longue.

Chez l'homme, les expériences n'ont jamais réussi, et Krokiewicz (478) vient de publier une nouvelle obser vation négative.

9. Virulence du lait. — Egalement variables sont les résultats des expériences faites pour démontrer la virulence du lait. Zagari n'avait pas réussi à trans-

DÉDUCTIONS CONCERNANT L'ÉTrOLOGÏE DE LA RAGE HUMAINE 53

mettre la rage en inoculant dans le cerveau le lait d'une femelle rabique. Mais Bardacb signale l'expérience suivante. Une lapine est inoculée par trépanation avec de la moelle virulente; un mois plus lard, elle me1 bas cinq petits, puis esl prise, cinq jours après, de paralysie rabique. On injecte alors sous la dure-mère d'un lapin un peu du lait de celle femelle, recueilli par expression des glandes mammaires. Un autre animal reçoit égale ment, dans le cerveau, du lait clans lequel on a broyé celles-ci; vingt-huit jours plus tard, ce dernier lapin esl pris de rage, tandis que l'autre reste en bonne santé. Faits rares, el qui ne pemeut être reproduits par Nocard, ( îarita et Perroncito.

10. Mucus bronchique. — D'autres sécrétions ont été trouvées virulentes, de ce nombre le mucus bronchique, vr'aisemblablemenl à cause de son mélange avec la salive tombée dans la trachée. Plus lard, on reconnut cependant que ce mucus possédait une virulence propre, en inoculant les glandes elles-mêmes.

Il semble que les tissus glandulaires, analogues au point de vue de leur structure, possèdent des propriétés également favorables à la culture du microbe, \insi. Bombici aurait provoqué la rage en inoculant [es glandes lacrymales, les capsules surrénales.

Roux a trouvé les ganglions lymphatiques virulents. Par contre, ni le foie , ni la rate, ni le liquide spermatique, n'ont pu transmettre la maladie.

Déductions concernant l'étiologie de la rage humaine. — Tels sont les faits ayant trait au siège dn virus rabique chez les animaux infectés par lui. On

U SIÈGE DU VIRUS RABIQUE DANS L'ORfiA.MSMK

voit qu'à l'exception des centres nerveux qui se montrai! dans ce cas toujours virulents, les humeurs et les différents tissus de l'organisme animal contiennent ou non le microbe rabique, et cela suivant des conditions qui nous échappent encore. Peut-être que des tissus, comme le liquide sanguin, le renferment toujours, seulement à îles dilutions telles que sa présence ne peut être déce lée par l'inoculation aux animaux, mais le serait s'il existait un moyen de cultiver in vitro le microbe de la rage .

Sans vouloir anticiper sur celle question de la pathogénie que nous étudierons plus tard . nous pouvons supposer dès maintenant que l'action bactéricide du sang joue aussi un rôle important dans la présence transitoire ou dans l'absence du virus rabique au sein des humeurs et, par conséquent, des tissus qui le reçoivent par elles. Même, s'il étart démontré que les nerfs puissent transmettre le virus à certains tissus, aux glandes salivaires par exemple, il ne s'agirait pas d'une culture vraie, mais seulement d'une localisation transitoire.

Les renseignements que nous a donnés l'expérimentation sur la virulence de certains (issus de l'économie constituent la démonstration la plus claire des causes de l'infection rabique chez l'homme, et de la transmis sion.de la rage aux différentes espèces animales.

\\anl l'étude expérimentale de cette maladie, il ne manquait pas de médecins pour croire encore qu'elle pouvait apparaître spontanément chez l'homme et chez le chien. Si aujourd'hui, l'élude plus approchée de certains cas a permis de rectifier un diagnostic, c'est à l'expérimentation qu'on le doit, puisqu'elle permet de

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