‹ L'etude experimentale de la rageChapitre 39 sur 238 · LÉSIONS DÉCHUES PAU SCHAFFEB · texte numérisé non relu

LÉSIONS DÉCHUES PAU SCHAFFEB

i. Lésions macroscopiques. — Les altérations : macroscopiques que l'on peut rencontrer, à l'autopsie des i animaux auxquels on a transmis La rage, sonl dues à l'agonie, souvent assez longue. Les changements du liquide sanguin, devenu noir et épais, l'œdème de l'encéphale, l'étal catarrhal des voies respiratoires, les hémorragies disséminées çà et là sur les muqueuses intestinale el stomacale, sont des lésions grossières connues depuis longtemps, et qui ne sauraient avoir rien dè spécifique.

Il en est de même des lysses constatées à la face inférieure de la langue, surtout chez les carnassiers, dont la muqueuse buccale se montre semée d'érosions superficielles; les canaux glandulaires obstrués oui laissé s\ accumuler leurs produits de sécrétion, d'où formation de ces vésicules ou de ces vésico-pustules, dont l'importance, exagérée autrefois, a fait donner leur nom à la maladie (en allemand « Lyssa »).

Les glandes salivairès ont participé au processus morbide, et elles se montrent, après la mort, encore très congestionnées.

2. Etat de l'estomac. - - Chez le chien, L'estomac est vide, ou bien renferme les choses les plus diverses, du bois, de la paille, des cailloux, dos poils, déglutis au cours des crises d'excitation et dans les derniers temps de la maladie. Cet état de la cavité stomacale est à peu près la seule particularité macroscopique intéressante à noter : encore aujourd'hui les vétérinaires j attachent une certaine importance et voient là une présomption en faveur de la rage.

Cela ne peut constituer un signe constant, et, en particulier, les chiens ayant succombé à la forme paralytique ne sauraient le présenter. Hôgyès, insistant sur la valeur de cet état stomacal, rapporte que sur vingt et un chiens pour lesquels on avait porté le diagnostic de rage après l'avoir constaté, dix-neuf fois leur cerveau se montra virulent; les deux autres cerveaux étaient en putréfaction.

Cal fier, au contraire, accorde peu de valeur aux corps étrangers dam l'estomac. Sur i 4 28 autopsies pour rage, cet auteur ne les a trouvés que 687 fois. Ils peuvent se rencontrer dans d'autres maladies, et Remlinger a constaté qu'en Orient Ions les chiens errants, enrages ou non, ont des corps étrangers dans l'estomac.

3. Lésions du système nerveux. \vani même qu'on eut supposé que la rage était une maladie du système nerveux central, mais surtout depuis que l'expérimentation a montré qu'il était le siège véritable

LÉSIONS DO SYSTEME NEKVEl'X "i9

cl constant du a i i i i s rabique. les hislologisles n'onl cessé d'appliquer leurs méthodes à l'examen de l'encéphale, de la moelle el des urï\'+ des animaux ayant succombé à la rage soit naturelle, soil expérimentale.

Parmi les savants qui se sonl livrés à ces recherches, citons surtout les noms de Mèyriert, Benedikt, Kolesni- InlX. Schaffer, Goats, Gowers, Babes, Golgi, Popoff, B. Nagy, Ramon y Cajal, Negri, el de Balzer, Gom bau 1 1. Gamaléia, en France.

Les, travaux de ces analomo-palhologisles nous ont appris que. dans la majorité des cas de rage, les centres nen eux présentent des lésions assez constantes : toutefois elles manquent de spécificité, car on devait les fetrouver dans d'autres maladies.

Plus récemment (1900), les travaux de van Gehuchlen et N'élis ont apporté une contribution des plus impor tantes à l'élude des nodules rabiques, découverts antérieurement, el ont permis d'en donner l'interprétation exacte. Mais ce n'est (pie dans ces dernières années qu'un grand pas a été lait dans l'étude anatomo-pathologique de la rage par Negri, qui, en [903, a annoncé la découverte de corpusculeis, réputés spécifiques de la maladie.

\u point de vue macroscopique , elle ne laisse aucune lésion intéressante sur le cerveau ou sur la moelle. Ces organes sont en général bypér-émiés d'une façon plus ou moins intense; les vaisseaux de la pie-mère sont dilatés, cette membrane elle même est œdémateuse, et par places, surtout dans le voisinage des vaisseaux, le siège de petites suffisions sanguines, puncliformes.

Mêmes lésions d'hémorragies légères, en foyers miliaires, aussi bien dans la substance blanche que dans la substance grise du cerveavi.

Sur la moelle, on peut constater en plusieurs points <•! à L'œil mi. principalement après an séjour de L'or gane dans le liquide de Muller, de La tuméfaction d'une corne antérieure, d'une corne postérieure. Ou voit bien ces lésions grossières surtout en les coupant en travers, et elles paraissent plus accentuées au niveau du bulbe, sur le plancher du quatrième ventricule, particuliè rement dans le voisinage du Calamus scriptorius et sur les ganglions gris de Ja base du cerveau.

Schaffer (790) et Gamaléia (344) avaient insisté silices foyers de nécrose et de ramollissement de la moelle dorsale, plus accentués au niveau des cornes antérieures et postérieures, ainsi que dans Ja substance blanche avoisinante, et entre les faisceaux de Goll et de Burclach; ils en avaient fait une 'lésion caractéristique de la rage.

De même, dans la substance grise du cerveau, près du lobe olfactif et de la fente sylvienne, Benedikt avait noté des altérations macroscopiques analogues, mais plus rares.

Qu'il s'agisse de virus fixe ou de virus des rues, les premières lésions microscopiques entrevues avaient parp être toujours les mêmes, les changements observés semblant dépendre plutôt du lieu d'infection. Ainsi, chez le lapin, Schaffer trouvait qu'après l'inoculation dans le tronc du sciatique c'était la moelle dorsale, après L'injection dans le nerf médian, la moelle cervicale, qui étaient surtout éprouvées; une trépanation avait pour résultat une répartition assez uniforme des Lésions dans l'encéphale et dans la moelle.

Tous les tissus entrant dans la structure des centres

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