LÉSIONS DÉCRITES PAR SCBAFFER
Clic/ les lapins rabiques, Schafler constate régulièrement une destruction granuleuse du proloplasma des grandes 'cellules, et dans quelques cas une dégénérescence vacuolaire de leur noyau. Les petits éléments nerveux présentent tles altérations plus variables : fréquemment ils otTrenl de minimes vacuoles du proloplasma. ou bien un contour entamé, avec un proloplasma en dégénérescence granuleuse: très souvent, protoplasma et noyau paraissent atrophiés.
OrloAvsky (628) a confirmé les lésions découvertes par Schafler, et les a localisées dans la corne antérieure.
L'examen microscopique a aussi révélé à Schafler el 'à Gombault une abondante migration de leucocytes, sur . tout dans la corne antérieure, où ils forment des amas correspondant à la distribution des vaisseaux sanguins. Ceux-ci présentent une riche infiltration périadventilielle, et leur endothélium est gonflé. Enfin Schafier a signalé une migration de leucocytes dans un scialique du côté de la morsure qui siégeait au mollet, une dégénérescence de la gaine et une hypertrophie du cylindre axe. L'auteur concluait de ses recherches à l'existence d'une myélite aiguë, plus marquée dans la substance grise que dans la substance blanche.
C'est eu effet à une myélite aiguë, ou mieux à une encéphalomyélite parenchymateuse que permet de conclure l'étude des lésions trouvées par Schafler, surtout si L'on envisage le processus histologique qui s'est fait du côté des vaisseaux : hyperémie active, prolifération des éléments vasculaircs et circumvasculaires , infiltration leucocytaire, et consécutivement, ou primitivement à ces lésions, un processus destructif des éléments nerveux.
Celte deuxième hypothèse est de beaucoup la plus vraisemblable, et, en résumé, les lésions décrites par Schaffer nous donnent le tableau d'une cellule ooble, la cellule nerveuse, atteinte d'abord dans sa vitalité par Je poison rabique, d'où les altérations consécutives, secondaires, caractéristiques des processus inflammatoires.
Ces lésions chromatolytiqu.es, étudiées cpmplètemenl plus lard, l'ont songer dès maintenant à une autre maladie nerveuse, l'intoxication tétanique. Là, une toxine, la toxine tétanique, adsorbée par les filets nerveux directement dans les humeurs qui la charrient, est •parvenue par ces filets jusqu'à leurs neurones d'origine, pour y provoquer des altérations du protoplasma rappelant de très près celles de la rage. El le tétanos n'est pas le seul exemple de la non-spécificité des lésions décrites par Schaffer, puisqu'on retrouve les mêmes dans les intoxications par la morphine, le phosphore, la cocaïne, la nicotine, l'arsenic, l'antimoine.
Mais précisément, en raison de leur non -spécificité, ces lésions montrent que vraisemblablement c'est un poison, une toxine, sécrétée par le virus rabique. qui les a produites.