‹ L'etude experimentale de la rageChapitre 44 sur 238 · LÉSIONS DÉCRITES PAR GOLG · texte numérisé non relu

LÉSIONS DÉCRITES PAR GOLG

Grâce à sa méthode d'imprégnation à L'argent, Golgi a pu reconnaître des lésions semblables clans les cellules de 1'écorce du cerveau, des ganglions cérébraux, dans les éléments cellulaires de Purkinje du cervelet.

À un stade plus avancé de la maladie, on peut noter une dégénérescence g ranulo- graisseuse des cellules nerveuses; dans quelques cas de rage paralytique, cette dégénérescence peut aller jusqu'à la destruction complète des éléments. Pour peu que l'évolution de la

; maladie se prolonge, cel état dégénérai il* s'étend aux cellules de la névroglie.

Constantes sont les lésions des ganglions intervertébraux. Ici, de même que dans le système nerveux central, on trouve une dilatation des vaisseaux sanguins, ainsi que des amas leucocytaires; de pins, les cellules nerveuses de ces ganglions présentenl très souvent une formation de vacuoles, ou bien une dégénérescence

I granuleuse.

Toutes ces recherches de Golgi et de ses prédécesseurs ont été confirmées dans leurs grands traits par Germano et Capobianco chez le lapin et le chien, infectés par le virus des rues. Mais ces auteurs attachent une plus grande importance aux lésions de la névroglie, consistant surtout en hyperplasie et hypertrophie de ses éléments. On voit là germer l'idée que le virus rabique non seulement agit directement sur les cellules nerveuses de la moelle et sur les nerfs, dont il provoque la destruction, mais aussi exerce sur la névroglie une action irritante, dont la conséquence serait précisément l'apparition de ces processus dégénérai ifs étudiés dans les cellules nerveuses et dans les filaments des nerfs. Il|,'<' erronée, ainsi que nous l'axons déjà dd.

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.'S. Recherches de Nagy. — Dans I,. labpratoir< de Hog-yès (/»25), auquel nous empruntons ces renseigne nieuls, 13. Nagy a appliqué la méthode de Mssl à l'étude des lésions cellulaires chez le lapin, depuis le premier jour de son infection par le viras fixe jusqu'à la mort.

On sait que pendant les trois premiers jours il n'existe encore aucun symptôme appréciable, que la température de l'animal reste normale et que la fièvre, d'une durée de trois jouis environ, cesse le septième, au moment où les premiers symptômes de paralysie apparaissent. Plus tard, la température tombe an-dessous de la normale.

Dans ces recherches, Nagy a étudié surtout les modifications de la chromatine contenue dans les cellule nerveuses, que la méthode de Mssl met si bien en évidence, et a cherché à rapporter à des jours déterminés de la maladie les altérations de cette chromatine dans les cellules de la moelle, du bulbe et du cerveau.

Dès le début de l'infection, les cellules nerveuses sont le siège d'un processus particulier de ckromatolyse, dont le résultat est la disparition de la chromatine du corps cellulaire (corpuscules de \issl). après divers stades de dégénérescence granuleuse et de dislocation filamen teusc.

D'autres f us. la cellule nerVeuse elle-même s'airophie par homogénisation, sclérose, ou bien se morcelle, ou enfin subit la destruction granulaire. Dans les quatre premiers jours de l'incubation, c'est-à-dire jusqu'à l'apparition fie la fièvre, ces altérations de la chromatine sont encore peu accentuées, celle substance ne disparaissant que partiellement, et les formes de la dégénérescence étant assez rares; on rencontre alors ces lésions

RECHERCHES UK NÀGY 1 1

dans les cellules de l'écorcc du cerveau, là où le virus a déjà proliféré.

Brusquement le processus chromatolytique devienl très intense el se généralise au moment de l'apparition de la Qèvre el lors du début des phénomènes d'excita tion nerveuse, c'est-à-dire depuis le cinquième jusqu'au septième jour; alors les formes dégénérativès sont devenues très abondantes.

\prùs Je huitième jour, en pleine paralysie, au moment de l'abaissement thermique et de l'amaigrissement de l'animal, on voit sur les coupes prédominer les lésions de définitive et complète chromatolyse , telles que Schaffer les avait découvertes.

Elles prédominent dans les cellules exposées depuis le plus de temps à l'action du virus. Ainsi, dans la moelle épinière d'un chien qui avait été infecté par le nerf sciatique, c'était dans le renflement lombaire que ies lésions étaienl surtout marquées; chez un homme mordu au bras, elles prédominaient sur le renflemeni cervical, faits concordant avec les résultais des recherches microscopiques de Schaffer sur l'infiltration péricellulaire et périvasculaire si prononcée en ces mêmes régions de la moelle.

La substance blanche des centres offre des altérations moins constantes et moins nettes, consistant surtout en □ne hypertrophie du cylmdraxe, en varicosîtés, en concrétions amyloïdes, en hémorragies légères

Les nerfs périphériques, nous l'avons vu. avaient été étudiés par Schaffer dans l'infection rahique. De leur coté, Wagner, Krukenberg, Roux, ont constaté une Inperémic assez accentuée dans les troncs du pneumogastrique, du phrénique e1 fin sympathique.

Mais- si, chez le lapin, Schaficr. à la suite de l'infection virulente intranerveuse . avail trouvé une infiltration très nette, il n'avail pu mettre en évidence de lésion spéciale, en dehors de celle causée parla dégénération résultant du traumatisme dû à la piqûre.

4. Lésions des autres organes. — \ cette période des études histopalhologiques de la rage, les savants avaient aussi porté leur attention sur les qan glions nerveux, les glandes sâlivaires, les ganglions lymphatiques, les reins, \insi Nepveu avait trouvé le ganglion de Gasser infiltré chez un homme mort de ragi la suite d'une morsure à la face. Botkin avait décril aussi une infiltration cellulaire dans Je voisinage des ganglions du cœur, ainsi que la dégénérescence granuleuse de leurs cellules. Samson et Glippingdale, Hôgyès, avaient observé une hyperémie de la rétine. Falchi avait aperçu de l'œdème autour de la papille des lapins rabiques, et conslalé un processus dégénératif dans les cellules nerveuses de la ré line.

Dans les reins. Rudneff avait signalé une néphrite parenchymatéusc , ce qui concordait avec les observa tions de Lotc sur la polyurie des lapins rabiques.

Dans les glandes sâlivaires on s'était contcnlé de signaler les signes d'une inflammation aiguë ; enfin on avait noté de la tuméfaction des ganglions lymphatiques, une polynucléosc dans le sang.

Tel était l'état de la question des lésions histologiqu.es de la rage en 1899 : la majorité des savants, tout en reconnaissant la fréquence et la signification de ces altérations -, se refusaient à les considérer comme

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