DILUTIONS DU VIRUS RABIQUE — SON PASSAGE A TRAVERS LES FILTRES
i . Dilutions du virus rabique. — Dans l'eau ordinaire, le virus rabique consens toute son activité pendant trentre à quarante jours dans un endroit Irais. L'eau physiologique, le bouillon, sont aussi d'excellents vecteurs du virus, et ces liquides servent couramment, dans les laboratoires j à préparer les émulsions des [ronrons de moelles desséchées, de bulbe rabique, de cerveau. Toutefois le \irns n'exige pas une dilution très grande pour devenir inactif. En 1888, Hôgyès a fait connaître ses recherches sur ce point particulier de l'étude expérimentale de la rage. Il pesait un poids de 1 gramme du bulbe d'un lapin ayanl succombé à l'infection par le virus fixe. et. après l'avoir trituré soigneusement, préparai! avec lui des dilutions dans 10. 100, 200, ^5o, 1000, 5ooo, 10000 parties d'eau salée à 7 p. 1 000.
Les lapins inoculés dans le cerveau avec la dilution à I : joooo ne prenaient jamais la rage; a\ec celle à 1 : 5ooo quelques animaux succombaient, après nue
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incubation prolongée; les dilutions à i : 1000 el à i : •>:>(> donnaient toujours la maladie après une incubation variable; enfin celles à i : 200 cl à 1 : 10 étaienl aussi actives que du bulbe rabique pur émulsionné dans quelques gouttes d'eau seulement.
Vins! que nous le verrons plus lard, celle technique des dilutions virulentes a donné entre les mains de
gyès, à Budapest, un procédé de vaccination antirabique très sûr el très efficace, en même temps que la démonstration de l'hypothèse de Pasteur sur l'atténuation tles moelles virulentes sous l'action combinée de l'air soc et de la température de a.'>".
Dans un cerveau enlevé à un animal rabique, la quantité de substance virulente va en diminuant de 'jour en jour, sous l'influence de la dessiccation. Si la matière cérébrale virulente, parvenue à un certain degré de dessiccation, donne à dos animaux la rage avec l(> même retard qu'un virus rabique ayant subi une dilution déterminée, c'est que les deux substances virulentes, le cerveau desséché et la dilution cérébrale, contiennent l'un el l'autre la même quantité, diminuée, de microbes et de toxine rabiques.
" ''sl facile, en inoculant comparativement dans le cerveau de plusieurs lapins des dilutions différentes du virus el des moelles plus ou moins desséchées, depuis celle du quatorzième jusqu'à celle du premier j"1"'- d'établir des rapprochements, sur lesquels ïïôgyès a basé son nouveau procédé do vaccination antirabique.
Dans les deux cas, qu'il s'agisse de moelle desséchée OU -de dilution do bulbe rabique, le virus ne s'est pas atténué : pas plus que la dessiccation, la dilution